Nous sommes début avril. La Belgique est sous confinement depuis maintenant trois semaines. Alors que la ville est calme, en cette journée printanière qui donne l'impression d'un dimanche sans voitures, l'activité bat son plein dans les couloirs du centre hospitalier universitaire Saint-Pierre. Chacun des membres du personnel, de la nettoyeuse au directeur général, est sur la brèche. Tous et toutes ont répondu présent et unissent leurs forces pour soigner les personnes atteintes par le Covid-19.
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Nous sommes début avril. La Belgique est sous confinement depuis maintenant trois semaines. Alors que la ville est calme, en cette journée printanière qui donne l'impression d'un dimanche sans voitures, l'activité bat son plein dans les couloirs du centre hospitalier universitaire Saint-Pierre. Chacun des membres du personnel, de la nettoyeuse au directeur général, est sur la brèche. Tous et toutes ont répondu présent et unissent leurs forces pour soigner les personnes atteintes par le Covid-19. A l'heure où nous écrivons ces lignes, 80 lits, sur une centaine, sont occupés dans les six unités dévolues spécifiquement aux malades du coronavirus et un peu moins de 30 malades sont aux soins intensifs. Nous avons rendez-vous avec Philippe Leroy, directeur général du CHU Saint-Pierre depuis août 2018. Il nous accueille au pied du bâtiment administratif qui longe la rue Haute, au centre de Bruxelles, et nous tend un masque. Ce n'est pas le modèle FFP2, réservé au personnel soignant, mais le masque que nous portons constitue une barrière supplémentaire qui s'ajoute à la distanciation sociale et aux mesures préconisées par les autorités. L'ensemble du personnel porte un masque. Il est vrai que nous nous retrouvons ici, comme dans les autres institutions hospitalières du pays, en plein coeur de la bataille que mène le personnel soignant contre le Covid-19 depuis maintenant plusieurs semaines. Au CHU Saint-Pierre, à l'instar de la centaine d'hôpitaux que compte notre pays, c'est un vrai combat que livrent sans répit médecins, infirmières, aides-soignants, kinés, techniciens, pharmaciens... sans oublier tous les autres, entre autres le personnel d'entretien qui est aux avant-postes et dont le rôle est primordial. Nombre d'hommes et de femmes ont délaissé momentanément leurs fonctions habituelles et non prioritaires pour prêter main-forte à d'autres services. Combat, bataille, ligne de front, le vocabulaire est militaire, mais " nous sommes pas en guerre ", tient à souligner Philippe Leroy qui rappelle que la mission de l'hôpital est de soigner et de sauver les vies. Et c'est ce que tous s'efforcent d'accomplir chaque jour. Depuis le 15 février, le directeur général est présent tous les jours, du matin au soir, week-ends compris. Il supervise la situation, préside une réunion quotidienne qui se déroule en milieu de journée, répond aux sollicitations des médias, discute avec les autorités. Et surtout, il veille à assurer une présence sur le terrain en rencontrant les équipes et en effectuant une tournée dans l'ensemble des services pour prendre le pouls. Mais également à écouter les remarques, observations et demandes du personnel soignant. " C'est très important, confie-t-il. Cela me permet d'être directement en phase avec les besoins des personnes qui sont sur le terrain. De répondre à leurs questions mais aussi de voir comment résoudre des problèmes qui se posent dans la situation exceptionnelle que nous traversons. Nous travaillons 24 heures sur 24 et certains m'ont fait remarquer, par exemple, qu'avec les nouveaux horaires de la SNCB, ils ne pouvaient plus rentrer chez eux après leur shift du soir. En nous concertant avec Sophie Dutordoir, nous avons pu apporter une solution sur certaines lignes où le dernier train partait à 21 h. Par ailleurs, pour d'autres membres du personnel, nous avons récemment reçu l'offre d'un hôtel qui nous met gracieusement 16 chambres à disposition. En outre, des particuliers ont également proposé un appartement. " Au sein des équipes de Saint-Pierre règnent concentration et détermination. L'inquiétude, voire l'anxiété, que l'on peut parfois ressentir au dehors, au sein de la population, n'y a pas sa place. " Nous ne pouvons pas la laisser entrer à l'hôpital, poursuit Philippe Leroy. Nous devons être le plus calme possible et développer une approche méthodique des choses. Nous devons toujours avoir un coup d'avance. " Le CHU Saint-Pierre est, avec l'UZ Antwerpen, l'un des deux centres de référence pour les maladies infectieuses en Belgique. L'institution bruxelloise était donc d'autant plus conscientisée de la menace potentielle représentée par cette épidémie qui avait pris naissance en Chine et commençait à faire parler d'elle au début de l'année. Les premières personnes suspectées d'avoir contracté ce nouveau coronavirus, qui ne s'appelait pas encore Covid-19 (il a officiellement été dénommé ainsi le 11 février par l'Organisation mondiale de la santé, avec le D de disease, maladie en anglais, et 19 pour 2019), ont ainsi été envoyées à l'hôpital Saint-Pierre, équipé pour traiter ce genre d'infections. En effet, ce n'est pas la première fois que le CHU Saint-Pierre est confronté à des épidémies similaires mettant en cause des coronavirus comme précédemment le syndrome respiratoire aigu sévère (Sars) ou le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers). En ce qui concerne ce dernier, qui est une maladie respiratoire virale détectée pour la première fois en 2012 en Arabie saoudite où elle est endémique, il arrive qu'après le pèlerinage à la Mecque, quelques personnes doivent être soignées à Saint-Pierre où elle se retrouvent en isolement total. Ce sont donc des équipes aguerries et expérimentées qui se sont préparées à affronter l'épidémie qui se profilait. " Nous pressentions qu'avec le retour des vacances de Carnaval, notamment d'Italie, nous risquions de faire face à une épidémie, se souvient le directeur général. C'est pourquoi nous avons décidé dès février de nous concentrer sur la gestion de ce nouveau virus. " Dans le même temps, il a été décidé d'arrêter les activités non essentielles. Les experts et infectiologues se sont alors penchés sur différents scénarios et ont anticipé le pire. Il a ainsi été décidé de former infirmières, aides-soignants et médecins. " Nous avons donc assuré une formation accélérée de tous ces gens qui disposaient des bases et allaient constituer une force d'appoint à nos équipes existantes. Le noeud du problème en cas d'épidémie est la capacité d'accueil mais il faut s'appuyer sur du personnel soignant, c'est pourquoi nous nous sommes préparés en amont. Par ailleurs, nous avons recontacté des collègues retraités et qui étaient prêts à venir nous épauler. Tous se sont portés volontaires, ce qui nous a permis de mettre sur pied une réserve de 200 personnes constituée d'anciens collègues. Une task force a également été constituée pour l'unité de soins intensifs (USI) comprenant intensivistes, anesthésistes, ingénieurs et techniciens biomédicaux afin de réaliser les travaux pour augmenter le nombre de lits de 30 à 45, dont 33 dédiés au Covid-19 - les 12 autres demeurant disponibles pour d'autres pathologies. " Grâce au formidable travail réalisé par les techniciens et les ingénieurs qui ont installé en un temps record tout l'équipement nécessaire pour des soins intensifs, dont les moniteurs et les respirateurs, une nouvelle unité a été inaugurée le 27 mars derniers avec 15 lits supplémentaires. Elle a vu le jour dans des locaux anciennement occupés par la pédiatrie. On y croise ainsi des pandas, des libellules et des personnages de Disney, tant et si bien que cette USI a rapidement été baptisée l'unité Panda. Elle a aussi vu le jour grâce à la mobilisation des nombreux donateurs qui ont répondu présent à l'appel lancé par le CHU Saint-Pierre en collaboration avec la Fondation Roi Baudouin. En l'espace d'une dizaine de jours, ce ne sont pas moins de 4 millions d'euros qui ont été récoltés et versés à la lutte contre le Covid-19. L'équipe de communication de Saint-Pierre multiplie les reportages afin de conserver des traces de cet élan de générosité manifesté par la population. Le CHU compte d'ailleurs remercier ses donateurs d'ici quelques mois lors d'une soirée et leur montrer au travers de ces reportages le travail effectué durant cette crise. " L'ensemble du personnel est concerné à son niveau, précise Philippe Leroy. C'est un combat sanitaire important et chacun de nos membres a fait de ce combat une affaire personnelle. C'est ce que je ressens. Ils sont à 100%. Très peu de services du CHU Saint-Pierre sont externalisés. Notre service de nettoyage, par exemple, est totalement mobilisé et participe pleinement à l'effort. " Nous avons pu le constater de visu dans les entrailles de l'hôpital où les machines à laver tournaient à plein régime. C'est là que nous croisons Hayat Boulghaleh, qui travaille au service d'entretien. Elle nous confie qu'elle a annulé ses congés, à l'instar de nombre de ses collègues qui sont présents sur le pont : " On est là tous ensemble pour travailler et aider et on sera là le temps qu'il faudra. " Pour épauler les équipes de nettoyage, un groupe de médecins dont les compétences propres ne peuvent être directement utilisées aux urgences ou aux soins intensifs s'est baptisé " Brigade des lavettes " et participe notamment à la désinfection des boxes situés à l'extérieur des urgences pour diagnostiquer les patients. C'est ici que nous retrouvons Magali Bartiaux, chef de service des urgences. " Nous avons réorganisé les urgences afin d'accueillir les patients et les diriger vers la bonne filière, explique-t-elle. Elles sont au nombre de quatre, deux "propres", urgente et non urgente, et deux Covid-19, urgente et non urgente. Nous avons monté six tentes avec quatre boxes chacune, ce qui nous permet de recevoir jusqu'à 24 patients. Après chaque passage, les boxes ainsi que les équipements sont désinfectés. " Nous quittons le poste avancé en compagnie de Magali Bartiaux et nous dirigeons au coeur des urgences. Le personnel vient de recevoir des soupes, des tourtes et autres plats préparés par des restaurants ainsi que par des particuliers. " Nous recevons tous les jours des repas divers, intervient Nathalie Schaar, chargée de communication. Des chocolatiers sont également venus nous apporter leurs produits et nous recevons des dizaines de dessins d'enfants. " Nous croisons aux urgences le docteur Marc Decroly, que certains à Saint-Pierre ont rebaptisé MacGyver. Déjà impliqué dans la mise en place du poste avancé de tentes devant les urgences, il a adapté un masque de plongée afin de le rendre utilisable par le personnel soignant. " Je n'ai rien inventé, explique-t-il. Je me suis basé sur ce que d'autres ont déjà réalisé. On a ajouté un filtre du type de celui que l'on trouve pour les respirateurs et on a créé un adaptateur qui se met à la place du tuba. Celui-ci est réalisé grâce à une imprimante 3D. C'est la seule limite à une production importante de masques. " Ces masques ont été testés et déclarés bons pour le service. " Pour pallier le manque de matériel, nous pouvons compter sur l'imagination de chacun et sur le système D ", ajoute Magali Bartiaux. Les soignants peuvent également s'appuyer sur le service biomédical qui est sur le front depuis les prémices de la crise. Patrick Rosière, responsable du service biomédical, et son équipe sont sur la brèche depuis déjà des semaines afin d'équiper les nouvelles chambres de l'USI dévolue au Covid-19. " Il ne s'agit pas seulement des respirateurs, précise-t-il. Il faut que l'ensemble des machines fonctionne parfaitement avec des conditions de sécurité maximum. L'aspect sécurité est prioritaire tant pour le patient que pour le personnel soignant. C'est pourquoi nous sommes sur le pont 24 heures sur 24. Nous travaillons en étroite collaboration avec les médecins et les infirmiers afin de bien comprendre ce dont ils ont besoin pour le leur fournir rapidement. " Depuis le début de cette crise sanitaire, le CHU Saint-Pierre est engagé dans un marathon de longue haleine qui se double chaque jour d'un sprint. " C'est une expérience éprouvante pour les équipes, car même si elles sont préparées pour affronter ce type de situation, cette épidémie est exceptionnelle à plus d'un titre, souligne Philippe Leroy. Quand il y a eu les attentats de Bruxelles, les hôpitaux ont été au front durant quelques jours. Ici, on parle de semaines, voire de mois. La réalité est totalement différente. " Chaque jour, sur le coup de midi, un comité de direction de crise regroupant les chefs des différents services impliqués directement dans la lutte contre le Covid-19 se tient dans une grande salle. Y sont abordés différents points ainsi que l'évolution de la situation. Autour de la table, sont notamment présentes Isabelle Loeb, directrice générale médicale, Carine Lambeau, directrice du département infirmier, Michèle Gérard, cheffe de clinique aux maladies infectieuses, Magali Bartiaux et Charlotte Martin, cheffe de clinique aux maladies infectieuses et responsable de la Vaccine & Travel Clinic. Une bonne nouvelle : depuis trois jours, les sorties sont légèrement supérieures aux entrées. Les efforts des équipes commencent à porter leurs fruits. Tous les points sont traités de manière méthodique et professionnelle. L'heure n'est pas aux grands discours et l'on constate que les participantes ( à l'exception du directeur général et du directeur des infrastructures et des opérations, on ne compte que des femmes) sont particulièrement concentrées et efficaces. Ce point journalier permet d'accorder les violons et d'informer chacune des dernières nouvelles. Après le rappel de la situation du pays en termes de nouveaux cas et de progression de l'épidémie par le directeur général, on apprend notamment que les masques FFP2 vont pouvoir être réutilisés cinq fois après avoir été à chaque fois stérilisés et que des psychologues vont être détachés auprès des équipes soignantes actives en première ligne et assez éprouvées par les décès des patients. D'autant plus que tous témoignent du caractère brutal de ces morts auxquelles ils ne s'attendent pas. L'absence des familles au chevet des malades constitue également un poids supplémentaire à supporter par le personnel soignant qui joue ici un rôle précieux et admirable en tenant les familles au courant par téléphone de l'évolution de la maladie et aussi du dénouement parfois fatal. Mais précisons d'emblée que si certains médias insistent sur le nombre croissant de décès, des personnes atteintes par le Covid-19 s'en sortent chaque jour et leur nombre ne cesse d'augmenter. A l'issue de la réunion, nous retournons sur le terrain en compagnie de Philippe Leroy. Direction la pharmacie où nous accueille son responsable, Serge Van Praet. A l'image de ses collègues, il est au four et au moulin. Une cinquantaine de personnes s'affairent dans son département. Il nous reçoit une feuille à la main sur laquelle figurent les médicaments qui risquent de manquer à terme. Certains seront épuisés d'ici une à deux semaines. Il se démène comme un beau diable pour les trouver ainsi que les équipements dont ont besoin les soignants. Il déplore au passage le chacun pour soi : " Nos masques chirurgicaux sont fabriqués en France, pas en Chine. Ils ne nous fournissent plus. Nous avions des médicaments bloqués en Allemagne qui ont pu être libérés grâce à une intervention diplomatique. " Dans la foulée, il nous emmène dans un local sécurisé où sont stockés les masques. Certaines palettes sont vides, d'autres pleines de masques chinois... inutilisables. Nous constatons par nous-mêmes qu'ils ne sont pas adaptés et n'offrent aucune protection. " Ils sont conçus pour des visages asiatiques, pas pour des visages caucasiens, on peut en faire des sachets de thé ", lance-t-il, un brin dépité. Mais l'heure n'est pas aux récriminations, il repart tout de suite vérifier un arrivage, apporter du matériel, confirmer que son service est ouvert 24 heures sur 24 et que l'on peut y amener à n'importe quelle heure des masques qui viennent de débarquer par avion à l'aéroport de Bierset. " A l'image de tous, il fait un job formidable, souligne Philippe Leroy. Il active toutes les pistes pour trouver ce dont nous avons besoin. " Nous retrouverons Serge Van Praet plus tard à l'unité Panda où il assure la distribution des médicaments et matériels divers. Nous découvrons cette toute nouvelle unité avec Eric Karels, infirmier chef aux soins intensifs. Voici déjà 30 ans que ce dernier officie à Saint-Pierre - nombre de nos interlocuteurs affichent souvent plus de 10 ou 20 ans de " maison " - et sa motivation n'a jamais faibli. Que du contraire, il est aux avant-postes avec ses troupes qui travaillent dans ce long couloir qui donne sur une quinzaine de portes et de sas amenant aux chambres où sont soignés les patients en soins intensifs. " Ce sont des chambres à pression négative, explique-t-il. Nous disposons d'une équipe pluridisciplinaire et chacun est venu apporter son aide. Il y a aussi bien des kinés que des infirmières provenant d'autres services. J'ai, en outre, repris cinq personnes qui avaient déjà travaillé aux soins intensifs et qui sont venues tout de suite pour nous aider. On a mobilisé tout le monde. La charge de travail est énorme, l'USI tourne 24 heures sur 24. " Malgré cette charge de travail énorme, Eric Karels tient à répéter qu'ils font simplement leur job : " Nous ne sommes pas des héros ; nous sommes des professionnels de la santé. Les héros ne sont jamais fatigués, ils ne tombent jamais malades ". Philippe Leroy opine et confirme : " Nous ne sommes pas des surhommes et nous avons aussi des moments de faiblesse ". Notamment lorsque qu'un patient vient à décéder sans ses proches et sa famille. " C'est très dur pour eux, reprend Eric Karels. Nous sommes le seul lien qu'ils ont et communiquons régulièrement avec eux par téléphone, mais c'est très impersonnel. Je tiens à souligner que les gens sont très gentils, très attentifs avec nous et que leurs encouragements nous font vraiment chaud au coeur. " Ce qui frappe au premier abord, c'est le calme et le professionnalisme qui règnent au sein de l'USI. Les gestes sont précis et les procédures appliquées consciencieusement. Et même si l'on sait que ces équipes sont hyperspécialisées et reconnues internationalement dans le traitement des MHCE, les maladies hautement contagieuses et émergentes (ils ont guéri en début d'année une Argentine frappée par une fièvre hémorragique), on ne peut qu'être impressionné par le travail qu'ils accomplissent. Nous achevons notre périple au sein du CHU avec Marie Bruyneel, pneumologue qui nous reçoit dans les locaux du laboratoire du sommeil qui a fermé momentanément ses portes. Elle nous décrit les conditions de travail des équipes soignantes dans les six unités dévolues au Covid-19 qui représentent au total une centaine de lits : " Nous avons triplé les effectifs. Il a fallu former des équipes qui ont dû rapidement s'adapter à une nouvelle structure ainsi qu'au matériel et aux règles de confinement afin de protéger les patients ainsi que le personnel soignant. Ici aussi, les visites des familles ne sont pas autorisées, mais les gens sont compréhensifs et nous soutiennent dans des conditions qui ne sont pas faciles. " Elle souligne également la solidarité dont fait preuve quotidiennement le personnel dans cette crise. " C'est l'une de nos cinq valeurs avec le respect, l'engagement, la qualité et l'innovation ", ajoute Philippe Leroy. Voici maintenant un mois que la Belgique est confinée. La population est, dans l'ensemble, bien consciente de la gravité et des enjeux sanitaires de cette crise exceptionnelle. Comme l'explique Charlotte Martin, " depuis le confinement, il y a eu un énorme battage médiatique. Le niveau de la communication vers le grand public a progressivement augmenté et les gens se sont mieux informés. Ils ont bien compris l'importance de respecter les règles de confinement et de distanciation sociale. Ils perçoivent ce qu'est une courbe épidémiologique et qu'on essaie grâce à ces mesures d'aplatir ". Les gens ont également compris et appréhendé le travail que réalisaient les hôpitaux et le personnel soignant qu'ils mettent à l'honneur chaque jour sur le coup de 20 heures. Si l'ensemble du CHU Saint-Pierre est mobilisé contre le Covid-19, la direction anticipe déjà la sortie de crise. " Une équipe prépare la reprise des activités normales, reprend Philippe Leroy. Nos scientifiques et chercheurs travaillent activement à la sortie progressive du confinement. " La stratégie de sortie se base sur des fondements scientifiques avec un dépistage de masse via un frottis et une prise de sang pour tester les anticorps. Cela permettra d'identifier les personnes qui ont été en contact avec le virus et de déterminer si elles sont encore contagieuses. Une première vague de tests sera effectuée sur le personnel soignant avant de l'étendre à d'autres couches de la population. " Cela ne sera possible qu'avec un protocole scientifique et des réactifs à grande échelle, ajoute-t-il. Nous pourrons ainsi sortir du confinement de façon intelligente. " Une fois le combat gagné, il faut espérer que nous nous rappellerons le rôle qu'a joué le personnel soignant tout au long de cette crise et l'importance d'un bon système hospitalier pour la santé de toutes et tous. Aujourd'hui et encore davantage demain.