Univercells qui rachète SynHelix, Gaming1 qui séduit le géant CVC, SipWell qui passe sous pavillon américain, Crelan qui s'empare d'Axa Banque... La frénésie de fusions et acquisitions se poursuit en ce début d'année 2022, après un millésime 2021 déjà marqué par un nombre record d'opérations. Pas moins de 595 deals ont en effet été recensés l'an dernier par la banque d'affaires basée à Bruxelles Allyum, alors que 2020 avait déjà été une année exceptionnelle avec 463 transactions.
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Univercells qui rachète SynHelix, Gaming1 qui séduit le géant CVC, SipWell qui passe sous pavillon américain, Crelan qui s'empare d'Axa Banque... La frénésie de fusions et acquisitions se poursuit en ce début d'année 2022, après un millésime 2021 déjà marqué par un nombre record d'opérations. Pas moins de 595 deals ont en effet été recensés l'an dernier par la banque d'affaires basée à Bruxelles Allyum, alors que 2020 avait déjà été une année exceptionnelle avec 463 transactions. Pour Raphaël Abou, managing partner et fondateur d'Allyum, trois facteurs expliquent ce nouveau bond des transactions dans notre pays (+ 29%): "Nombre d'acteurs établis acquièrent des sociétés de type start-up ou scale-up pour rattraper un retard technologique. A cela s'ajoute la forte croissance de l'activité des fonds de private equity, qui poussés par l'abondance de liquidités, investissent massivement et à des niveaux de valorisation toujours plus élevés. Et puis, il y a aussi un élément lié au vieillissement d'une génération d'entrepreneurs qui profitent de la tendance haussière des valorisations pour procéder à une cession". Selon les données compilées par Allyum dont nous avons pu prendre connaissance en primeur pour les lecteurs de Trends- Tendances, cette forte croissance s'observe particulièrement en Flandre où elle se monte à 41% avec pas moins de 390 opérations en 2021. Côté flamand, où les entreprises sont à la fois actives en tant qu'acheteurs mais se prêtent aussi très bien à la vente, on trouve notamment parmi les acteurs emblématiques l'ogre IO (ex-Intracto). Soutenue par le fonds Waterland, la société totalise plus de six acquisitions en 2021, devant Colruyt et l'incontournable Marc Coucke qui complètent le podium. Côté wallon, où le marché est moins énergique, note Raphaël Abou, c'est l' invest public Noshaq qui détient la palme suivi de la CNP et de Easi, tandis que le holding Sofina ainsi que Cofinimmo et Aedifica se démarquent pour leur part à Bruxelles. Parmi les secteurs les plus dynamiques, figurent l'informatique, l'industrie au sens large et la santé. "A eux trois, ces secteurs représentent plus d'un tiers de toutes les transactions des deux dernières années", souligne Raphaël Abou. L'IT concentre ainsi à lui seul environ un deal sur cinq en 2020 et en 2021. En croissance également, toujours selon les chiffres d'Allyum, le secteur industriel reste lui aussi particulièrement dynamique en ces temps de relocalisation. Des entreprises comme Corialis (profilés aluminium) ou Desotec (filtration d'eau) ont facilement changé de mains à des prix très élevés. Quant aux entreprises liées à la santé ( healthcare ou biotechs), elles ont également connu une bonne dynamique notamment dans le secteur des maisons de repos avec de gros acheteurs comme Cofinimmo ou Aedifica. Plus largement, Raphaël Abou constate que "la Belgique reste une terre de PME", avec un peu plus de 40% des transactions qui impliquent des entreprises d'une valeur inférieure à 10 millions d'euros en 2021, même si le nombre de très grosses transactions (plus de 200 millions d'euros) a fortement progressé. Signe d'attractivité du pays également, les acheteurs internationaux, qui représentent plus de 65% des acquéreurs l'an dernier, se pressent toujours autant pour acquérir des pépites belges.