Avec la crise du 737 Max de Boeing, puis la paralysie consécutive à la pandémie, le secteur aérien est une des industries les plus secouées ces derniers mois. Et le groupe wallon Sonaca ne fait malheureusement pas exception.
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Avec la crise du 737 Max de Boeing, puis la paralysie consécutive à la pandémie, le secteur aérien est une des industries les plus secouées ces derniers mois. Et le groupe wallon Sonaca ne fait malheureusement pas exception. Interrogé par nos confrères de L'Echo, le CEO de Sonaca, Bernard Delvaux, a chiffré l'impact de la crise. Le chiffre d'affaires du groupe aurait dû tourner l'an dernier aux alentours de 800 millions d'euros sans l'impact de la crise sanitaire et sans les malheurs du 737 Max de Boeing, interdit de vol pendant des mois alors qu'il pesait à hauteur de 60% dans les revenus totaux de l'avionneur américain et de 25% dans le chiffre d'affaires de Sonaca. Las, ce chiffre d'affaires a presque été amputé de moitié. Sonaca termine en effet l'année sur des revenus de 430 millions d'euros. Pour limiter les pertes, la Sonaca a donc été obligée de réduire très fortement les coûts. A Gosselies, où l'entreprise emploie 1.600 personnes, la moitié du personnel a été placée en chômage technique. Mais c'est à l'étranger que les mesures ont été les plus drastiques. Le groupe wallon a définitivement fermé son usine chinoise de Tianjin (qui avait été ouverte en 2011), ainsi que trois usines de sa filiale américaine LMI Aerospace. En tout, sur 3.000 employés à l'étranger, la moitié ont été licenciés. Ces réductions de coûts ont permis de limiter la casse financière. Le bénéfice opérationnel, initialement prévu à 90 millions, sera grosso modo à zéro. Et Sonaca a pu bénéficier au printemps dernier d'une recapitalisation et de prêts bancaires pour l'aider à passer le cap. La SFPI (le bras financier de l'Etat fédéral) et la SRIW (le bras financier de la Région wallonne), qui étaient déjà les deux actionnaires du groupe (la SRIW possède 90% des parts), ont procédé à une augmentation de capital d'un montant de 50 millions d'euros. En outre, un prêt bancaire d'une cinquantaine de millions a complété le refinancement de l'entreprise. Mais cette année 2021 risque d'être encore chahutée. Malgré la remontée de la production chez Airbus et Boeing, Bernard Delvaux s'attend cette année à un chiffre d'affaires du même ordre que celui de l'an dernier.