Malgré cela, force est de constater que les médias sociaux et l'argumentaire politique sont passés par là : On entend tout et n'importe quoi et la compréhension populaire de ces termes est souvent bien loin de la réalité. Alors, en fait de quoi s'agit-il ? Pourquoi parle-t-on d'une crise ? Quelles sont les raisons pour lesquelles la colère gronde ? Était-il impossible de mieux se préparer ?

Sans le savoir, depuis l'âge de 7 ans, tout être humain est un " gestionnaire de risques ". C'est l'âge où il découvre et est à même de comprendre et gérer la notion de " risques " ... pour lui-même. Pour être à même de gérer efficacement un risque, il est indispensable de l'identifier et de le contextualiser (Que va-t-il se passer si ?). Plus le risque sera détecté en amont, plus ses impacts potentiels sur les personnes seront identifiables tôt, et plus il sera possible de disposer d'un plan préventif efficace. Et c'est, malheureusement, souvent à ce niveau-là que le bât blesse ... On a trop souvent mille raisons, plus ou moins objectives et/ou plus ou moins politiques ... de ne pas avoir vu arriver le risque ! La crise, quant à elle, se développe quand il n'est plus possible de gérer efficacement le risque. Les impacts du danger pour la population sont tels qu'il devient essentiel de basculer en phase de crise. Cette dernière se caractérise par une impossibilité de poursuivre une vie/un fonctionnement économique/social/académique normal. Lors du basculement en phase de crise, il est urgent et essentiel de " stopper l'hémorragie" (on parlera " d'impacts majeurs ") ... On devra être à même de prendre alors des mesures " conservatoires " d'urgence.

Ces mesures conservatoires, tout indispensables qu'elles sont pour les citoyens et les entreprises, peuvent aussi avoir un impact négatif sur l'institution qui les décide ; c'est d'ailleurs souvent le cas. Baisser la TVA à 6% est utile, comme mesure d'urgence ... cela a un impact direct sur le prix du bien/service concerné ... mais à long terme, cette baisse de la TVA creuse un gouffre budgétaire, si elle n'est pas accompagnée d'un plan structurel qui doit compenser cette perte, pour l'Etat. N'oublions pas que la dette de l'Etat est en grande partie une dette qui sera remboursable par les citoyens et les entreprises ! Creuser sans fin maintenant pour devoir remplir plus, plus fort, plus vite par la suite n'est pas une solution.

Vous voyez ... Pas si simple comme approche ! Allons voir plus loin et voyons ce qui ne fonctionne pas. Commençons par identifier le moment où on bascule de la gestion d'un risque à la gestion d'une crise. Pourquoi devient-il urgent de changer de mode de gestion ?

Les impacts directs sur les personnes sont devenus inacceptables :

Pour la majorité des citoyens, une grande partie de leur salaire est consacré à l'électricité et le chauffage. Le prix des carburants est aussi très élevé ; de plus en plus de travailleurs ont du mal à financer leurs déplacements pour aller travailler.

Pour le restaurateur ou le boulanger (pour exemple), en plus d'une hausse des coûts salariaux, les coûts de production ont quintuplé. Impossible de vendre un pain à 15€ ou un steak-frites-salade à 60€.

Les impacts indirects se concrétisent aussi ... ils sont très concrets :

Comme les citoyens estiment que, tenant compte du coût incompressible lié à leurs déplacements professionnels, il est financièrement plus intéressant de se mettre en maladie, le nombre de personnes absentes dans les entreprises risque d'exploser.

Comme le coût incompressible du chauffage et de l'électricité représente une grande partie du salaire des travailleurs de la classe moyenne, ceux-ci n'auront plus suffisamment de pouvoir d'achat pour se divertir. Les restaurants, spectacles et autres activités économiques liées au divertissement, risquent de voir leurs chiffres plonger.

Vous comprenez mieux pourquoi il est essentiel d'identifier ces impacts potentiels en amont ? Cela permet d'éviter de trop subir et cela permet surtout de mieux gérer. Prévenir les risques, contextualiser ceux-ci et définir l'amplitude des impacts possibles sur toutes les cibles potentielles (secteurs économiques, travailleurs, allocataires sociaux, ...) permet de voir venir la crise en disposant d'une boîte à outils qui a été analysée (quels seront les impacts directs et indirects de chaque outil ?), budgétisée (qui paiera quels outils qui seraient activés ?) et validée par tous les niveaux de pouvoir.

"Il ne faut pas blâmer les gouvernants, ils font ce qu'ils peuvent" a dit le Ministre-Président wallon. Oui, c'est exact, ils font ce qu'ils peuvent ... Parce qu'ils n'ont pas fait ce qu'ils auraient dû faire : Prévenir, préparer et disposer d'un plan de gestion concret d'une crise qu'on craignait tous. Faute il y a eu, c'est indéniable : Gouverner c'est d'abord prévoir ... 4 à 5 mois est un délai tout à fait suffisant pour prévenir les impacts et disposer d'un véritable plan de gestion ... tant au niveau régional que fédéral qu'européen ! Alors, pourquoi ? Incompétence, désinvolture ou inexpérience ? Probablement un peu des trois ... Ne dit-on pas que faute avouée est à moitié pardonnée ? Alors, plutôt que de justifier l'injustifiable, ne serait-il pas plus opportun de reconnaître ses fautes ... et d'avancer concrètement et efficacement ? Le respect, ça se gagne, ça ne s'exige pas !

Messieurs les gouvernants, s'il vous plait : Dépêchez-vous de réagir utilement et concrètement. N'ouvrez pas encore plus un boulevard aux extrêmes, qui se languissent de votre torpeur et de votre lenteur de gestion. 2024 ... c'est demain, et le balcon se remplit d'idées nauséabondes et dangereuses. Mais ce n'est pas une fatalité ; l'Europe n'est pas devenue un repère d'extrémistes ; pas du tout. Le citoyen européen exige une gouvernance en ligne avec les intérêts citoyens, d'abord et avant tout ! Cessez de justifier, cessez ce cirque politique, chaque dimanche, sur les plateaux TV ... Apprenez de vos erreurs, admettez vos fautes et faites ce pour quoi les citoyens vous ont élus : Gouverner et gérer cette crise ! Cessez les "C'est pas les bleus, c'est les rouges ou les verts ... c'est eux les mauvais". Cela devient inaudible pour ceux qui déposent le bilan par la faute de ceux qui, depuis mars, auraient dû préparer le pays à affronter une crise qu'on savait toute proche ! Il y a urgence ; les crises se suivent et se ressemblent ... Nous subissons plus que nous ne gérons ... Alors, s'il vous plait, c'est maintenant que notre avenir à tous se dessine ... et c'est vous qui êtes élus et à la barre ; pour gouverner, gérer cette crise et préserver les intérêts des citoyens du pays et des régions ... alors avancez, et pas dans une semaine, dans un mois ou encore ailleurs qu'en Belgique : C'est ici et maintenant que se joue notre avenir !

Une carte blanche de Christophe Samyn, expert en gestion de crise

Malgré cela, force est de constater que les médias sociaux et l'argumentaire politique sont passés par là : On entend tout et n'importe quoi et la compréhension populaire de ces termes est souvent bien loin de la réalité. Alors, en fait de quoi s'agit-il ? Pourquoi parle-t-on d'une crise ? Quelles sont les raisons pour lesquelles la colère gronde ? Était-il impossible de mieux se préparer ?Sans le savoir, depuis l'âge de 7 ans, tout être humain est un " gestionnaire de risques ". C'est l'âge où il découvre et est à même de comprendre et gérer la notion de " risques " ... pour lui-même. Pour être à même de gérer efficacement un risque, il est indispensable de l'identifier et de le contextualiser (Que va-t-il se passer si ?). Plus le risque sera détecté en amont, plus ses impacts potentiels sur les personnes seront identifiables tôt, et plus il sera possible de disposer d'un plan préventif efficace. Et c'est, malheureusement, souvent à ce niveau-là que le bât blesse ... On a trop souvent mille raisons, plus ou moins objectives et/ou plus ou moins politiques ... de ne pas avoir vu arriver le risque ! La crise, quant à elle, se développe quand il n'est plus possible de gérer efficacement le risque. Les impacts du danger pour la population sont tels qu'il devient essentiel de basculer en phase de crise. Cette dernière se caractérise par une impossibilité de poursuivre une vie/un fonctionnement économique/social/académique normal. Lors du basculement en phase de crise, il est urgent et essentiel de " stopper l'hémorragie" (on parlera " d'impacts majeurs ") ... On devra être à même de prendre alors des mesures " conservatoires " d'urgence. Ces mesures conservatoires, tout indispensables qu'elles sont pour les citoyens et les entreprises, peuvent aussi avoir un impact négatif sur l'institution qui les décide ; c'est d'ailleurs souvent le cas. Baisser la TVA à 6% est utile, comme mesure d'urgence ... cela a un impact direct sur le prix du bien/service concerné ... mais à long terme, cette baisse de la TVA creuse un gouffre budgétaire, si elle n'est pas accompagnée d'un plan structurel qui doit compenser cette perte, pour l'Etat. N'oublions pas que la dette de l'Etat est en grande partie une dette qui sera remboursable par les citoyens et les entreprises ! Creuser sans fin maintenant pour devoir remplir plus, plus fort, plus vite par la suite n'est pas une solution. Vous voyez ... Pas si simple comme approche ! Allons voir plus loin et voyons ce qui ne fonctionne pas. Commençons par identifier le moment où on bascule de la gestion d'un risque à la gestion d'une crise. Pourquoi devient-il urgent de changer de mode de gestion ? Les impacts directs sur les personnes sont devenus inacceptables : Pour la majorité des citoyens, une grande partie de leur salaire est consacré à l'électricité et le chauffage. Le prix des carburants est aussi très élevé ; de plus en plus de travailleurs ont du mal à financer leurs déplacements pour aller travailler. Pour le restaurateur ou le boulanger (pour exemple), en plus d'une hausse des coûts salariaux, les coûts de production ont quintuplé. Impossible de vendre un pain à 15€ ou un steak-frites-salade à 60€. Les impacts indirects se concrétisent aussi ... ils sont très concrets : Comme les citoyens estiment que, tenant compte du coût incompressible lié à leurs déplacements professionnels, il est financièrement plus intéressant de se mettre en maladie, le nombre de personnes absentes dans les entreprises risque d'exploser. Comme le coût incompressible du chauffage et de l'électricité représente une grande partie du salaire des travailleurs de la classe moyenne, ceux-ci n'auront plus suffisamment de pouvoir d'achat pour se divertir. Les restaurants, spectacles et autres activités économiques liées au divertissement, risquent de voir leurs chiffres plonger. Vous comprenez mieux pourquoi il est essentiel d'identifier ces impacts potentiels en amont ? Cela permet d'éviter de trop subir et cela permet surtout de mieux gérer. Prévenir les risques, contextualiser ceux-ci et définir l'amplitude des impacts possibles sur toutes les cibles potentielles (secteurs économiques, travailleurs, allocataires sociaux, ...) permet de voir venir la crise en disposant d'une boîte à outils qui a été analysée (quels seront les impacts directs et indirects de chaque outil ?), budgétisée (qui paiera quels outils qui seraient activés ?) et validée par tous les niveaux de pouvoir. "Il ne faut pas blâmer les gouvernants, ils font ce qu'ils peuvent" a dit le Ministre-Président wallon. Oui, c'est exact, ils font ce qu'ils peuvent ... Parce qu'ils n'ont pas fait ce qu'ils auraient dû faire : Prévenir, préparer et disposer d'un plan de gestion concret d'une crise qu'on craignait tous. Faute il y a eu, c'est indéniable : Gouverner c'est d'abord prévoir ... 4 à 5 mois est un délai tout à fait suffisant pour prévenir les impacts et disposer d'un véritable plan de gestion ... tant au niveau régional que fédéral qu'européen ! Alors, pourquoi ? Incompétence, désinvolture ou inexpérience ? Probablement un peu des trois ... Ne dit-on pas que faute avouée est à moitié pardonnée ? Alors, plutôt que de justifier l'injustifiable, ne serait-il pas plus opportun de reconnaître ses fautes ... et d'avancer concrètement et efficacement ? Le respect, ça se gagne, ça ne s'exige pas ! Messieurs les gouvernants, s'il vous plait : Dépêchez-vous de réagir utilement et concrètement. N'ouvrez pas encore plus un boulevard aux extrêmes, qui se languissent de votre torpeur et de votre lenteur de gestion. 2024 ... c'est demain, et le balcon se remplit d'idées nauséabondes et dangereuses. Mais ce n'est pas une fatalité ; l'Europe n'est pas devenue un repère d'extrémistes ; pas du tout. Le citoyen européen exige une gouvernance en ligne avec les intérêts citoyens, d'abord et avant tout ! Cessez de justifier, cessez ce cirque politique, chaque dimanche, sur les plateaux TV ... Apprenez de vos erreurs, admettez vos fautes et faites ce pour quoi les citoyens vous ont élus : Gouverner et gérer cette crise ! Cessez les "C'est pas les bleus, c'est les rouges ou les verts ... c'est eux les mauvais". Cela devient inaudible pour ceux qui déposent le bilan par la faute de ceux qui, depuis mars, auraient dû préparer le pays à affronter une crise qu'on savait toute proche ! Il y a urgence ; les crises se suivent et se ressemblent ... Nous subissons plus que nous ne gérons ... Alors, s'il vous plait, c'est maintenant que notre avenir à tous se dessine ... et c'est vous qui êtes élus et à la barre ; pour gouverner, gérer cette crise et préserver les intérêts des citoyens du pays et des régions ... alors avancez, et pas dans une semaine, dans un mois ou encore ailleurs qu'en Belgique : C'est ici et maintenant que se joue notre avenir ! Une carte blanche de Christophe Samyn, expert en gestion de crise