La date d'entrée en vigueur de ces nouvelles mesures, destinées à lutter contre le rebond de la pandémie de coronavirus, est fixée au lundi 19 octobre. Le comité de concertation a donc décidé de la fermeture des cafés et des restaurants durant une période de quatre semaines. Une évaluation de la mesure aura lieu après deux semaines.

La bulle sociale sera par ailleurs encore réduite et la vente d'alcool sera interdite à partir de 20 heures. Les magasins de nuit doivent également fermer à 22 heures.

Aucun marché et village de Noël ne sera autorisé cette année en Belgique, a annoncé le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke. Les petits marchés et les petites foires seront toutefois autorisés moyennant le respect des règles de distanciation sociale, a-t-il précisé. "Si vous voulez aller faire vos courses (sur un petit marché), faites-le", a ajouté M. Vandenbroucke (sp.a).

Des mesures de soutien pour les secteurs touchés par les fermetures

Le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé vendredi des mesures de soutien au secteur Horeca, durement touché par la crise sanitaire et ses conséquences. "Nous n'allons abandonner personne", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse donnée à l'issue du comité de concertation.

Pour ce faire, les ministres fédéraux Pierre-Yves Dermagne (Emploi), David Clarinval (PME, Indépendants) Frank Vandenbroucke (Santé) prépareront, pour lundi, un plan de soutien de plusieurs centaines de millions d'euros pour aider les secteurs impactés par les décisions du Comité de concertation de ce vendredi.

Le ministre Clarinval a d'ores et déjà annoncé que la prolongation du droit passerelle était sur la table. Celui-ci sera doublé dans les secteurs touchés par les mesures, a indiqué M. De Croo. D'autres mesures comme des reports de paiement seront également prolongées. Une exonération des cotisations à l'ONSS est par ailleurs prévue.

Les entités fédérées prendront des mesures additionnelles. Le ministre-président flamand Jan Jambon a ainsi annoncé une aide équivalente à 10% de la parte du chiffre d'affaires par rapport à l'année dernière. Le gouvernement bruxellois, où les cafés sont déjà fermés, avait déjà pris des mesures. Le gouvernement wallon se réunira pour sa part samedi, a annoncé le ministre-président Elio Di Rupo.

"La seule manière d'éviter le pire"

Du côté de la FEB, on lance un nouvel appel à "ne pas jouer avec le feu et à respecter strictement les mesures imposées par le gouvernement. Il s'agit de la seule manière d'éviter le pire".

"Les entreprises continueront à mettre tout en oeuvre pour protéger au mieux leurs collaborateurs, clients et fournisseurs,déclare Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Mais il faut d'urgence développer des mesures pour éviter la faillite potentielle de 60.000 entreprises occupant plus de 300.000 travailleurs. Nous espérons une concertation rapide avec le Premier ministre et les ministres compétents pour examiner ensemble comment on peut éviter ce drame imminent".

Suspension de la taxe sur les hôtels de la capitale prolongée jusqu'à la fin de l'année

Le parlement bruxellois a donné son feu vert à une prolongation, jusqu'à la fin de l'année, de la suspension de la taxe sur les établissements d'hébergement touristique, telle que prévue par arrêté de pouvoirs spéciaux du gouvernement régional en avril dernier. Le motif réside dans la prolongation de la crise sanitaire du COVID-19 et de ses effets sur ces établissements durement touchés par la crise économique.

Nombre de ces établissements sont menacés de faillite et il n'y a pas lieu d'espérer une amélioration de leur situation financière avant la fin de l'année. En temps normal, cette taxe rapporte chaque année quelque 24 millions d'euros par an dans les caisses de la Région-capitale.

A Bruxelles, le principe de l'aide aux bars et cafés sera étendu aux restaurants

Le soutien financier que le gouvernement bruxellois s'est engagé il y a une semaine à accorder aux bars et cafés de la capitale déjà contraints de rester porte close depuis le 8 octobre sera étendue aux restaurants, a indiqué vendredi le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS).

"Je ne doute pas que nous pouvons étendre cela à l'ensemble du secteur, restaurants compris", a indiqué M. Vervoort, sans s'exprimer en détails sur le sujet, lors de la conférence de presse organisée en soirée à l'issue d'une réunion du comité de concertation. Le ministre-président bruxellois a précisé que le dossier serait sur la table de la réunion du gouvernement bruxellois la semaine prochaine.

Dans le contexte du rebond de la pandémie, le gouvernement bruxellois s'est accordé il y a une semaine sur le principe d'une aide spécifique de 3.000 euros à l'attention de toutes les entreprises dont les établissements ont été mis dans l'obligation de fermer le 8 octobre dernier.

La mesure proposée par la secrétaire d'Etat à la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo) et le ministre bruxellois des Finances, Sven Gatz (Open Vld) vise essentiellement les cafés, bars, salons de thé et de café, obligés de fermer leurs portes pour un mois en raison de l'aggravation des chiffres relatifs à la contamination au sein de la population de la capitale.

Formellement, le gouvernement bruxellois doit encore adopter en première lecture un arrêté dans ce sens, mais en tout état de cause, tout est fait pour que ce ballon d'oxygène arrive sur les comptes des bénéficiaires avant la fin de l'année, a indiqué vendredi la secrétaire d'Etat à la Transition économique, Barbara Trachte (Ecolo), au parlement bruxellois.

Réactions des organisations patronales et syndicats

Les mesures auraient pu être évitées sans un relâchement dans le respect des règles

Pour éviter un second confinement général, il faut absolument limiter la propagation du virus pour préserver les hôpitaux mais aussi l'économie, les entreprises et l'emploi, estime vendredi soir l'Union wallonne des entreprises (UWE) à l'issue du comité de concertation. Elle en appelle "à la responsabilité de tous" pour respecter strictement les mesures imposées. "Aujourd'hui, le relâchement dans le respect des règles amène les autorités à prendre des mesures drastiques qui auraient pu ou même dû être évitées", pointe-t-elle d'ailleurs.

Le risque de faillite est réel pour des milliers d'entreprises, avec son lot de drames personnels, humains, familiaux et sociaux, met en garde l'UWE. "La lutte contre la pandémie ne peut pas se faire au détriment de l'économie et donc, en cascade, de l'emploi. Il faut laisser les entreprises tourner", insiste-t-elle. Un confinement général comme celui de mars-avril serait catastrophique. Il plongerait le pays durablement dans une crise structurelle, craint-elle. "A la crise budgétaire et économique s'ajouterait le risque de crise financière", prévient l'organisation patronale wallonne.

Pour elle, il faut donc apprendre à vivre avec ce virus -"et pour longtemps encore, probablement"-, à mener des actions ciblées, intelligentes, pour en limiter la propagation afin de préserver le système de soins de santé et l'économie.

Les études actuelles montrent que le lieu de travail est une source mineure de foyers de contaminations, insiste l'UWE, demandant aux entreprises de ne pas relâcher leurs efforts. "La solidarité et le respect de l'autre et de sa santé ont été des éléments décisifs pour passer la première vague. Aujourd'hui, le relâchement dans le respect des règles amène les autorités à prendre des mesures drastiques qui auraient pu ou même dû être évitées."

L'organisation patronale plaide dès lors pour que des contrôles et des sanctions plus sévères et plus ciblées soient décidés et effectués afin d'empêcher l'arrêt de toute la société et la saturation des services de soins de santé.

Des milliers d'indépendants et PME acculés à la faillite ou à la cessation, dénonce l'UCM

Des milliers d'indépendants et de chefs de PME sont acculés à la faillite ou à la cessation, déplore vendredi soir l'Union des classes moyennes (UCM), consternée après les annonces du comité de concertation pour lutter contre la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus. "Des pans entiers de l'économie vont s'effondrer", craint-elle. D'autres choix étaient possibles, selon l'organisation.

Contrairement au mois de mars, il n'y avait pas de fatalité, relève ainsi l'union. "Des entrepreneurs qui ont suivi toutes les règles paient l'incapacité des pouvoirs publics à mettre au point, en sept mois, un testing et un tracing corrects, et à faire respecter les précautions sanitaires par l'ensemble de la population", assène l'UCM, chez qui "cette fois-ci, la colère l'emporte". "Il est incompréhensible de porter le fer là où les contaminations ne sont pas avérées", pointe-t-elle ainsi.

Outre de "condamner" un secteur, la nouvelle période de fermeture imposée à l'horeca aura d'autres conséquences, analyse l'Union. "Combinée à la généralisation du télétravail, cette mesure fait des centres-villes un désert et vide les commerces. Une chape de plomb s'abat sur la société et crée un climat anxiogène, qui achève l'événementiel et la culture et décourage toutes les dépenses de consommation et d'investissements."

S'il existait un relevé précis des endroits à risques, ni les restaurants, ni le milieu de travail dans les PME ne seraient pointés comme des lieux de transmission du virus, est convaincue l'UCM. "Toutes les mesures de précaution ont été prises, y compris la tenue d'un registre avec les coordonnées des clients, qui n'a jamais été utilisé", relève-t-elle d'ailleurs.

Il faut prolonger les aides existantes (droit passerelle amélioré, chômage coronavirus force majeure, reports de paiements...) et de nouvelles aides (accès au crédit, compensation à 60 % de la perte du chiffre d'affaires...), préconise l'organisation. L'UCM souhaite "surtout et enfin une politique sanitaire volontariste et cohérente, avec des indicateurs fiables, qui identifie et casse les chaînes de transmission du virus, protège les plus faibles et poursuive les comportements irresponsables".

La fermeture forcée, un "coup de grâce" pour de nombreux exploitants horeca

S'il comprend la nécessité de nouvelles mesures drastiques pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) "regrette profondément que l'économie, et plus particulièrement l'ensemble du secteur horeca, soit visé par une fermeture obligatoire pendant quatre semaines". Il prédit que ce 16 octobre sera "un jour historique qui va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants".

"Cela pénalise l'économie et les chiffres récents prouvent qu'une telle fermeture a des conséquences dramatiques", réagit ainsi Christine Mattheeuws, présidente du SNI. "Nous ne sauverons pas le pays en imposant uniquement des mesures plus strictes à l'économie. Les travailleurs indépendants sont pris en otage et en payent le prix. Nous ne pouvons l'accepter."

Depuis leur réouverture après le confinement de mars-avril, les cafés ont déjà un chiffre d'affaires inférieur de plus de 40% par rapport à avant la crise, s'inquiète l'organisation. "Cette fermeture va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants horeca, surtout quand on sait qu'un tiers n'avait pas constitué de réserves suffisantes avant le coronavirus pour pouvoir survivre à un choc sans mesures supplémentaires", prédit-elle.

Le SNI craint "un bain de sang financier inédit". "L'année dernière, il y a eu un peu plus de 2.000 faillites dans l'horeca. Les experts craignent que ce chiffre ne soit désormais facilement supérieur de 40%." Il n'a été prouvé nulle part que l'économie et l'horeca en particulier ont un impact négatif sur la propagation du coronavirus, insiste l'organisation. "L'horeca n'est pas un cluster important, les chiffres de l'Aviq (Agence wallonne pour une vie de qualité, NDLR) prouvent le contraire. Nous ne savons toujours pas avec précision où sont les foyers de contamination en Belgique: école, travail, horeca"

Le syndicat demande dès lors que l'on procède d'urgence à une cartographie de ce qui contribue effectivement à la propagation (accélérée) du virus et que des mesures ciblées soient prises sur cette base. "Dans le cas contraire, on va continuer à prendre des mesures qui n'arriveront pas à leur objectif, à savoir le ralentissement de l'épidémie. Aujourd'hui, des centaines de milliers d'indépendants sont pris en otage par les mesures existantes et nouvelles, alors qu'ils se battent depuis des mois pour survivre. C'est inacceptable."

"Un nouveau coup dur pour de nombreux entrepreneurs"

Les nouvelles mesures du gouvernement pour lutter contre le coronavirus sont "particulièrement dures à encaisser", réagit vendredi soir l'organisation patronale flamande Unizo. "Nous avons préconisé sur tous les tons une application plus stricte des mesures existantes, plutôt que d'introduire des mesures encore plus strictes. Mais le comité de concertation en a clairement décidé autrement", déplore son patron Danny Van Assche.

"Nos pensées vont maintenant en particulier au secteur de l'hôtellerie et de la restauration, qui doit à nouveau fermer ses portes, et au secteur de l'événementiel, des foires et des salons, qui a lui aussi été particulièrement touché et qui doit à nouveau s'immobiliser, alors qu'il n'avait redémarré qu'à une fraction de sa capacité. Et ce, sans preuve tangible que ces secteurs seraient le moteur de cette nouvelle vague de coronavirus", pointe l'Unizo.

Pour les patrons flamands, il est désormais clair que le virus tiendra la société, l'économie et les entrepreneurs en otage pendant un certain temps encore. "Il ne peut y avoir de véritable relance tant que chaque assouplissement est suivi d'un renforcement des mesures", estime Dany Van Assche. Pour l'Unizo, il est dès lors très important que tant les gouvernements fédéral et flamand prévoient un ensemble solide de mesures de soutien.

La date d'entrée en vigueur de ces nouvelles mesures, destinées à lutter contre le rebond de la pandémie de coronavirus, est fixée au lundi 19 octobre. Le comité de concertation a donc décidé de la fermeture des cafés et des restaurants durant une période de quatre semaines. Une évaluation de la mesure aura lieu après deux semaines.La bulle sociale sera par ailleurs encore réduite et la vente d'alcool sera interdite à partir de 20 heures. Les magasins de nuit doivent également fermer à 22 heures. Aucun marché et village de Noël ne sera autorisé cette année en Belgique, a annoncé le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke. Les petits marchés et les petites foires seront toutefois autorisés moyennant le respect des règles de distanciation sociale, a-t-il précisé. "Si vous voulez aller faire vos courses (sur un petit marché), faites-le", a ajouté M. Vandenbroucke (sp.a). Des mesures de soutien pour les secteurs touchés par les fermetures Le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé vendredi des mesures de soutien au secteur Horeca, durement touché par la crise sanitaire et ses conséquences. "Nous n'allons abandonner personne", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse donnée à l'issue du comité de concertation.Pour ce faire, les ministres fédéraux Pierre-Yves Dermagne (Emploi), David Clarinval (PME, Indépendants) Frank Vandenbroucke (Santé) prépareront, pour lundi, un plan de soutien de plusieurs centaines de millions d'euros pour aider les secteurs impactés par les décisions du Comité de concertation de ce vendredi.Le ministre Clarinval a d'ores et déjà annoncé que la prolongation du droit passerelle était sur la table. Celui-ci sera doublé dans les secteurs touchés par les mesures, a indiqué M. De Croo. D'autres mesures comme des reports de paiement seront également prolongées. Une exonération des cotisations à l'ONSS est par ailleurs prévue. Du côté de la FEB, on lance un nouvel appel à "ne pas jouer avec le feu et à respecter strictement les mesures imposées par le gouvernement. Il s'agit de la seule manière d'éviter le pire". "Les entreprises continueront à mettre tout en oeuvre pour protéger au mieux leurs collaborateurs, clients et fournisseurs,déclare Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Mais il faut d'urgence développer des mesures pour éviter la faillite potentielle de 60.000 entreprises occupant plus de 300.000 travailleurs. Nous espérons une concertation rapide avec le Premier ministre et les ministres compétents pour examiner ensemble comment on peut éviter ce drame imminent".Le parlement bruxellois a donné son feu vert à une prolongation, jusqu'à la fin de l'année, de la suspension de la taxe sur les établissements d'hébergement touristique, telle que prévue par arrêté de pouvoirs spéciaux du gouvernement régional en avril dernier. Le motif réside dans la prolongation de la crise sanitaire du COVID-19 et de ses effets sur ces établissements durement touchés par la crise économique. Nombre de ces établissements sont menacés de faillite et il n'y a pas lieu d'espérer une amélioration de leur situation financière avant la fin de l'année. En temps normal, cette taxe rapporte chaque année quelque 24 millions d'euros par an dans les caisses de la Région-capitale.A Bruxelles, le principe de l'aide aux bars et cafés sera étendu aux restaurants Le soutien financier que le gouvernement bruxellois s'est engagé il y a une semaine à accorder aux bars et cafés de la capitale déjà contraints de rester porte close depuis le 8 octobre sera étendue aux restaurants, a indiqué vendredi le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS)."Je ne doute pas que nous pouvons étendre cela à l'ensemble du secteur, restaurants compris", a indiqué M. Vervoort, sans s'exprimer en détails sur le sujet, lors de la conférence de presse organisée en soirée à l'issue d'une réunion du comité de concertation. Le ministre-président bruxellois a précisé que le dossier serait sur la table de la réunion du gouvernement bruxellois la semaine prochaine. Dans le contexte du rebond de la pandémie, le gouvernement bruxellois s'est accordé il y a une semaine sur le principe d'une aide spécifique de 3.000 euros à l'attention de toutes les entreprises dont les établissements ont été mis dans l'obligation de fermer le 8 octobre dernier. La mesure proposée par la secrétaire d'Etat à la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo) et le ministre bruxellois des Finances, Sven Gatz (Open Vld) vise essentiellement les cafés, bars, salons de thé et de café, obligés de fermer leurs portes pour un mois en raison de l'aggravation des chiffres relatifs à la contamination au sein de la population de la capitale. Formellement, le gouvernement bruxellois doit encore adopter en première lecture un arrêté dans ce sens, mais en tout état de cause, tout est fait pour que ce ballon d'oxygène arrive sur les comptes des bénéficiaires avant la fin de l'année, a indiqué vendredi la secrétaire d'Etat à la Transition économique, Barbara Trachte (Ecolo), au parlement bruxellois.Les mesures auraient pu être évitées sans un relâchement dans le respect des règles Pour éviter un second confinement général, il faut absolument limiter la propagation du virus pour préserver les hôpitaux mais aussi l'économie, les entreprises et l'emploi, estime vendredi soir l'Union wallonne des entreprises (UWE) à l'issue du comité de concertation. Elle en appelle "à la responsabilité de tous" pour respecter strictement les mesures imposées. "Aujourd'hui, le relâchement dans le respect des règles amène les autorités à prendre des mesures drastiques qui auraient pu ou même dû être évitées", pointe-t-elle d'ailleurs.Le risque de faillite est réel pour des milliers d'entreprises, avec son lot de drames personnels, humains, familiaux et sociaux, met en garde l'UWE. "La lutte contre la pandémie ne peut pas se faire au détriment de l'économie et donc, en cascade, de l'emploi. Il faut laisser les entreprises tourner", insiste-t-elle. Un confinement général comme celui de mars-avril serait catastrophique. Il plongerait le pays durablement dans une crise structurelle, craint-elle. "A la crise budgétaire et économique s'ajouterait le risque de crise financière", prévient l'organisation patronale wallonne. Pour elle, il faut donc apprendre à vivre avec ce virus -"et pour longtemps encore, probablement"-, à mener des actions ciblées, intelligentes, pour en limiter la propagation afin de préserver le système de soins de santé et l'économie. Les études actuelles montrent que le lieu de travail est une source mineure de foyers de contaminations, insiste l'UWE, demandant aux entreprises de ne pas relâcher leurs efforts. "La solidarité et le respect de l'autre et de sa santé ont été des éléments décisifs pour passer la première vague. Aujourd'hui, le relâchement dans le respect des règles amène les autorités à prendre des mesures drastiques qui auraient pu ou même dû être évitées." L'organisation patronale plaide dès lors pour que des contrôles et des sanctions plus sévères et plus ciblées soient décidés et effectués afin d'empêcher l'arrêt de toute la société et la saturation des services de soins de santé.Des milliers d'indépendants et PME acculés à la faillite ou à la cessation, dénonce l'UCM Des milliers d'indépendants et de chefs de PME sont acculés à la faillite ou à la cessation, déplore vendredi soir l'Union des classes moyennes (UCM), consternée après les annonces du comité de concertation pour lutter contre la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus. "Des pans entiers de l'économie vont s'effondrer", craint-elle. D'autres choix étaient possibles, selon l'organisation.Contrairement au mois de mars, il n'y avait pas de fatalité, relève ainsi l'union. "Des entrepreneurs qui ont suivi toutes les règles paient l'incapacité des pouvoirs publics à mettre au point, en sept mois, un testing et un tracing corrects, et à faire respecter les précautions sanitaires par l'ensemble de la population", assène l'UCM, chez qui "cette fois-ci, la colère l'emporte". "Il est incompréhensible de porter le fer là où les contaminations ne sont pas avérées", pointe-t-elle ainsi. Outre de "condamner" un secteur, la nouvelle période de fermeture imposée à l'horeca aura d'autres conséquences, analyse l'Union. "Combinée à la généralisation du télétravail, cette mesure fait des centres-villes un désert et vide les commerces. Une chape de plomb s'abat sur la société et crée un climat anxiogène, qui achève l'événementiel et la culture et décourage toutes les dépenses de consommation et d'investissements." S'il existait un relevé précis des endroits à risques, ni les restaurants, ni le milieu de travail dans les PME ne seraient pointés comme des lieux de transmission du virus, est convaincue l'UCM. "Toutes les mesures de précaution ont été prises, y compris la tenue d'un registre avec les coordonnées des clients, qui n'a jamais été utilisé", relève-t-elle d'ailleurs. Il faut prolonger les aides existantes (droit passerelle amélioré, chômage coronavirus force majeure, reports de paiements...) et de nouvelles aides (accès au crédit, compensation à 60 % de la perte du chiffre d'affaires...), préconise l'organisation. L'UCM souhaite "surtout et enfin une politique sanitaire volontariste et cohérente, avec des indicateurs fiables, qui identifie et casse les chaînes de transmission du virus, protège les plus faibles et poursuive les comportements irresponsables".La fermeture forcée, un "coup de grâce" pour de nombreux exploitants horeca S'il comprend la nécessité de nouvelles mesures drastiques pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) "regrette profondément que l'économie, et plus particulièrement l'ensemble du secteur horeca, soit visé par une fermeture obligatoire pendant quatre semaines". Il prédit que ce 16 octobre sera "un jour historique qui va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants"."Cela pénalise l'économie et les chiffres récents prouvent qu'une telle fermeture a des conséquences dramatiques", réagit ainsi Christine Mattheeuws, présidente du SNI. "Nous ne sauverons pas le pays en imposant uniquement des mesures plus strictes à l'économie. Les travailleurs indépendants sont pris en otage et en payent le prix. Nous ne pouvons l'accepter." Depuis leur réouverture après le confinement de mars-avril, les cafés ont déjà un chiffre d'affaires inférieur de plus de 40% par rapport à avant la crise, s'inquiète l'organisation. "Cette fermeture va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants horeca, surtout quand on sait qu'un tiers n'avait pas constitué de réserves suffisantes avant le coronavirus pour pouvoir survivre à un choc sans mesures supplémentaires", prédit-elle. Le SNI craint "un bain de sang financier inédit". "L'année dernière, il y a eu un peu plus de 2.000 faillites dans l'horeca. Les experts craignent que ce chiffre ne soit désormais facilement supérieur de 40%." Il n'a été prouvé nulle part que l'économie et l'horeca en particulier ont un impact négatif sur la propagation du coronavirus, insiste l'organisation. "L'horeca n'est pas un cluster important, les chiffres de l'Aviq (Agence wallonne pour une vie de qualité, NDLR) prouvent le contraire. Nous ne savons toujours pas avec précision où sont les foyers de contamination en Belgique: école, travail, horeca" Le syndicat demande dès lors que l'on procède d'urgence à une cartographie de ce qui contribue effectivement à la propagation (accélérée) du virus et que des mesures ciblées soient prises sur cette base. "Dans le cas contraire, on va continuer à prendre des mesures qui n'arriveront pas à leur objectif, à savoir le ralentissement de l'épidémie. Aujourd'hui, des centaines de milliers d'indépendants sont pris en otage par les mesures existantes et nouvelles, alors qu'ils se battent depuis des mois pour survivre. C'est inacceptable.""Un nouveau coup dur pour de nombreux entrepreneurs" Les nouvelles mesures du gouvernement pour lutter contre le coronavirus sont "particulièrement dures à encaisser", réagit vendredi soir l'organisation patronale flamande Unizo. "Nous avons préconisé sur tous les tons une application plus stricte des mesures existantes, plutôt que d'introduire des mesures encore plus strictes. Mais le comité de concertation en a clairement décidé autrement", déplore son patron Danny Van Assche."Nos pensées vont maintenant en particulier au secteur de l'hôtellerie et de la restauration, qui doit à nouveau fermer ses portes, et au secteur de l'événementiel, des foires et des salons, qui a lui aussi été particulièrement touché et qui doit à nouveau s'immobiliser, alors qu'il n'avait redémarré qu'à une fraction de sa capacité. Et ce, sans preuve tangible que ces secteurs seraient le moteur de cette nouvelle vague de coronavirus", pointe l'Unizo. Pour les patrons flamands, il est désormais clair que le virus tiendra la société, l'économie et les entrepreneurs en otage pendant un certain temps encore. "Il ne peut y avoir de véritable relance tant que chaque assouplissement est suivi d'un renforcement des mesures", estime Dany Van Assche. Pour l'Unizo, il est dès lors très important que tant les gouvernements fédéral et flamand prévoient un ensemble solide de mesures de soutien.