KPN invoque "la durée des procédures" concernant Mme Leroy en Belgique qui n'est "pas claire et reste imprévisible". Le conseil de surveillance du groupe estime que ces incertitudes autour du timing ne sont pas dans l'intérêt de KPN et de ses parties prenantes. Il a donc décidé de revenir sur sa décision de nommer Dominique Leroy.

"C'était une décision difficile à prendre pour le conseil de surveillance étant donné les états de services de dirigeante très accomplie de Mme Dominique Leroy. Néanmoins, les incertitudes autour du timing entraînent une situation que le conseil de surveillance estime ne pas être dans l'intérêt de KPN. Nous lui souhaitons le meilleur", commente le président de KPN, Duco Sickinghe. KPN a en outre précisé que Mme Leroy ne serait indemnisée que pour certaines dépenses et le temps consacré au groupe néerlandais depuis la décision de KPN de la nommer CEO.

Le groupe de télécoms n'a toutefois pas communiqué le montant de cette compensation. La décision du conseil de KPN a pour conséquence l'annulation de l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires de KPN, qui était prévue le lundi 28 octobre et devait se pencher sur la nomination de la dirigeante belge.

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"La seule bonne décision"

Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour un éventuel délit d'initié et mené des perquisitions au domicile de Dominique Leroy ainsi que dans son bureau chez Proximus. Un mois avant son départ, l'ex-CEO de Proximus avait vendu 10.840 actions Proximus au prix de 26,32 euros l'action, pour un montant total de 285.342,40 euros. Dominique Leroy a précisé qu'elle n'avait pas encore décidé de quitter Proximus au moment de cette vente même si elle avait déjà discuté avec d'autres parties, y compris KPN.

Aux Pays-Bas, l'association d'actionnaires VEB (Nederlandse Vereniging van Effectenbezitters) avait demandé que la nomination de la dirigeante belge soit reportée tant que la clarté n'était pas faite sur l'enquête judiciaire la concernant. Le groupe de télécoms néerlandais KPN a pris "la seule bonne décision" en renonçant à engager comme CEO l'ex-patronne de Proximus, Dominique Leroy, a réagi ce lundi Paul Koster, le directeur la VEB.

L'annonce du départ de Dominique Leroy pour KPN avait provoqué l'ire des syndicats de Proximus qui avaient demandé sa démission immédiate alors que la direction négocie toujours les conditions du plan de transformation du groupe prévoyant le départ de 1.900 personnes et l'engagement de 1.250 autres sur une période de trois ans. Les syndicats estimaient que la rupture de confiance était totale. L'ex-CEO de Proximus a finalement quitté son poste le 20 septembre, remplacée ad interim par la directrice financière Sandrine Dufour.