Dès la première vague de l'épidémie de Covid-19 qui a entraîné le lockdown en mars de l'année dernière, des entreprises se sont mobilisées pour apporter leur aide aux hôpitaux et au personnel soignant. D'aucunes se sont lancées dans la fabrication de gel hydroalcoolique, certaines se sont penchées sur la question des appareils respiratoires, d'autres encore ont réfléchi à la production de masques qui alors manquaient tant. Parmi ces dernières figure Weimat. Entreprise familiale basée à Eupen spécialisée au départ dans la mécanique de précision pour l'aéronautique, elle s'est ensuite également orientée vers la conception et la fabrication de moules destinés à l'injection plastique.
...

Dès la première vague de l'épidémie de Covid-19 qui a entraîné le lockdown en mars de l'année dernière, des entreprises se sont mobilisées pour apporter leur aide aux hôpitaux et au personnel soignant. D'aucunes se sont lancées dans la fabrication de gel hydroalcoolique, certaines se sont penchées sur la question des appareils respiratoires, d'autres encore ont réfléchi à la production de masques qui alors manquaient tant. Parmi ces dernières figure Weimat. Entreprise familiale basée à Eupen spécialisée au départ dans la mécanique de précision pour l'aéronautique, elle s'est ensuite également orientée vers la conception et la fabrication de moules destinés à l'injection plastique. Avec la crise sanitaire, certains secteurs pour lesquels elle travaille sont restés performants, notamment ceux actifs dans les moules pour injection de PET, pour la production de bouteilles d'eau, par exemple. D'autres ont été impactés comme la mécanique de précision, l'outillage ou la production d'accessoires en plastique pour l'automobile. C'est dans ce contexte avec des lignes de production qui tournaient au ralenti que Weimat a réuni ses équipes composées de dessinateurs industriels, techniciens spécialisés, ouvriers de production et employés administratifs afin de les rassembler avec pour objectif: imaginer et produire rapidement des masques. "Devant la pénurie de masques que nous connaissions au début de la pandémie, nous avons décidé au sein de l'entreprise de voir ce que nous pouvions faire à notre échelle, détaille Alex Weiss, administrateur délégué de Weimat. Nous avons d'abord imaginé un masque qui puisse être utilisé en milieu hospitalier et qui respecte les spécificités médicales. Avec les dessinateurs et les techniciens, nous avons mis au point un produit durable, en plastique léger et souple fabriqué en matière synthétique TPE. Il n'est pas irritant pour la peau et est doté d'un petit filtre certifié, seul élément que l'on doit remplacer quotidiennement. Le masque est bien étanche - il épouse les formes du visage - et se lave facilement. Le masque en plastique médical certifié peut être reconditionné par un passage en machine de stérilisation que l'on retrouve dans les hôpitaux. Celui destiné au public peut être lavé à l'eau et au savon mais aussi mis dans un lave-vaisselle ou une machine à laver." Le masque a été baptisé LeanMask. Son nom fait référence au secteur automobile, plus précisément au lean manufacturing qui est un système qui repose sur une production propre, locale, à la recherche de la réponse adéquate au besoin du client, en améliorant la qualité et en éliminant les gaspillages. Lancé dès avril, ce masque a suscité également l'intérêt du grand public. Devant l'augmentation croissante des demandes, l'entreprise eupenoise a décidé d'étendre son offre au B to C. Au départ, elle a fourni des centres médicaux, kinés, dentistes, pharmaciens, artisans, commissariats de police, entreprises automobiles clientes, hôtels, etc. Afin de toucher davantage de personnes, elle est partie en juin en quête de partenaires susceptibles d'assurer la distribution du LeanMask. Faute d'en avoir déniché un, Weimat a alors opté pour la vente en direct via un site web (www.lean-mask.com) - on peut toutefois s'en procurer dans quelques pharmacies en province de Liège. Dans la foulée, elle en a profité pour étoffer sa gamme en créant de nouveaux modèles tels que le LeanMask Fashion disponible dans une dizaine de couleurs différentes ou encore le LeanMask Kids, une version destinée aux enfants entre 6 et 14 ans. Deux modèles qui se sont ajoutés au LeanMask Day porté avec un filtre FFP1 et au LeanMask Med équipé d'un filtre FFP2.A l'exception du filtre qui est fourni par une firme locale, le masque est entièrement produit sur les lignes de Weimat. L'entreprise s'enorgueillit de fabriquer un masque durable et made in Belgium. "Aujourd'hui, vous voyez malheureusement des masques à usage unique et jetables un peu partout dans la nature, poursuit Alex Weiss. C'est également pour cela que nous avons conçu un masque respectueux de l'environnement et réutilisable avec seulement le filtre FFP1 ou FFP2 qui doit être remplacé. Avec ce produit, nous nous inscrivons pleinement dans une démarche durable privilégiant la production et l'emploi locaux." Weimat a déposé le modèle qu'elle a conçu et a obtenu diverses certifications dont une approbation ATP (Alternative Test Protocol) destinée aux masques de type FFP2 de la part de Mensura Consult pour le LeanMask Med. L'ATP fournit une indication de la mesure dans laquelle le masque peut être considéré comme conforme à la norme EN-149 ou à des normes étrangères similaires. Si les tests effectués sont approuvés pour le SPF Economie, ils ne suffisent toutefois pas pour répondre à des marchés publics. La députée régionale MR de l'arrondissement de Verviers, Christine Mauel, a été sensibilisée à cette question par le patron de Weimat lors d'une visite de son entreprise. "Il m'a fait part de son problème, confie-t-elle. Il n'est ni facile, ni rapide d'obtenir les certifications pour un produit qui présente un caractère innovant. Notamment la certification CE. Or, cette dernière est nécessaire pour les marchés publics. C'est pourquoi, j'ai invité le ministre de l'Economie Willy Borsus à visiter l'entreprise afin de voir ce que l'on peut faire pour aider nos entreprises qui apportent des solutions originales et efficaces." Ce dernier a répondu positivement à l'invitation de la députée la semaine dernière et rencontré Alex Weiss et son équipe. A l'issue de celle-ci, il a assuré qu'il fera rapport de ce qu'il a vu chez Weimat au ministre de la Santé ainsi qu'au commissaire Covid. A l'image d'autres entreprises qui en avaient les capacités, Weimat a fait preuve de réactivité et d'agilité, offrant un bel exemple de reconversion et d'innovation. Pour 2020, l'entreprise s'attend à une baisse du chiffre d'affaires (7,5 millions d'euros en 2019) d'environ 15%. Elle emploie 35 personnes. Si le LeanMask ne va pas apporter de solution miracle à Weimat, elle permet cependant à celle-ci de diversifier ses activités et de lui ouvrir de nouveaux marchés. Actuellement, le débat autour du masque évolue en permanence en Belgique mais également dans d'autres pays européens comme en Allemagne et en Autriche, notamment, où le port du masque FFP2 a été rendu obligatoire dans certaines circonstances (commerces et transports publics). Dans cette optique, Weimat espère obtenir des dérogations pour proposer son LeanMask Med comme alternative au masque FFP2.