L'explosion des coûts est une vive préoccupation économique. En décembre 2021, l'inflation a atteint 5,7%, son plus haut niveau depuis juillet 2008. Le Bureau du Plan voit l'inflation culminer en février avant de légèrement refluer les mois suivants, mais la hausse des prix devrait s'élever à plus de 6% en rythme annuel, y compris jusqu'en avril. Résultat? Après une première indexation automatique des salaires en janvier, une autre pourrait suivre rapidement. Du jamais vu depuis les années 1980.
...

L'explosion des coûts est une vive préoccupation économique. En décembre 2021, l'inflation a atteint 5,7%, son plus haut niveau depuis juillet 2008. Le Bureau du Plan voit l'inflation culminer en février avant de légèrement refluer les mois suivants, mais la hausse des prix devrait s'élever à plus de 6% en rythme annuel, y compris jusqu'en avril. Résultat? Après une première indexation automatique des salaires en janvier, une autre pourrait suivre rapidement. Du jamais vu depuis les années 1980."Nous sommes confrontés à des prix de l'énergie structurellement élevés et à une politique de la Banque centrale européenne qui pousse l'inflation à la hausse, constate, amer, Pieter Timmermans. Le risque est réel que notre système d'indexation automatique des salaires n'engendre une nouvelle spirale salaires-prix. Nous savons d'expérience combien cela peut être dévastateur pour l'emploi et donc pour le pouvoir d'achat de la population. Nous avons besoin - et sans attendre - d'actions claires pour garder nos entreprises ouvertes, mettre un maximum de gens au travail et sauvegarder la compétitivité de notre pays."Dans son dernier baromètre conjoncturel, relève le patron de la FEB, l'optimisme pour les six mois à venir est nettement retombé après la légère euphorie de la reprise. Seulement 16% des secteurs s'attendent à une amélioration de la situation économique (contre 25% en mai) et 42% s'attendent plutôt à une détérioration (contre 25% également en mai). "La baisse de l'optimisme est indissociable des coûts que de nombreuses entreprises ont subis et vont encore subir", dit-il."L'indexation des salaires est un gros problème pour la majorité des entreprises, celles qui sont en concurrence avec d'autres pays, appuie Olivier de Wasseige. Nous avons déjà un handicap salarial d'environ 8% par rapport aux pays voisins. Or, nous sommes l'un des seuls pays de l'Union européenne à avoir cette indexation automatique. On déséquilibre encore plus notre compétitivité."Les fédérations patronales ont plaidé pour un saut d'index fin de l'année dernière. En vain. "Le saut d'index est évidemment un souhait, confirme l'administrateur délégué de l'Union wallonne. Les seuls qui n'y sont pas favorables, ce sont ceux qui vendent directement aux consommateurs, notamment la grande distribution, parce qu'il y a un risque de perte de pouvoir d'achat. Mais il n'est pas question de ce saut d'index pour le moment, c'est un vrai problème, d'autant que l'on parle d'une deuxième indexation automatique, peut-être même dès février.""La reprise, plus forte et plus rapide que ce que l'on anticipait, crée ces problèmes d'inflation, d'autant que les coûts de matière première explosent, analyse Caroline Cleppert. En outre, l'épargne accumulée sur les comptes va bientôt être utilisée: cela représente également un risque de surchauffe qui va recréer de l'inflation. C'est une marmite qui bout. Les banques centrales sont certes là pour cadrer les choses, mais une série d'éléments casse l'enthousiasme. Il y a un risque réel de spirale inflationniste salaires-prix. C'est inquiétant."La rentrée de tous les dangers : Omicron ou la crainte d'un "mur" de contaminationsLa rentrée de tous les dangers : Télétravail, non au cinq jours sur cinq!La rentrée de tous les dangers : Indexation des salaires, plaidoyer pour un saut d'indexLa rentrée de tous les dangers : la facture énergétique, cette bombe à retardementLa rentrée de tous les dangers : Pénuries et faillites et les autres chocs