"Le modèle de financement des hôpitaux est très critiqué depuis de nombreuses années, confirme Gauthier Saelens, directeur général du Grand Hôpital de Charleroi. Là, il est arrivé en bout de vie. Il ne permet pas aux hôpitaux de s'en sortir dans de telles crises. Les mesures transitoires, exceptionnelles, prises par le gouvernement nous aideront à passer ce moment sur le plan économique, mais cela nécessite ensuite une révision fondamentale et durable de notre système de financement."
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"Le modèle de financement des hôpitaux est très critiqué depuis de nombreuses années, confirme Gauthier Saelens, directeur général du Grand Hôpital de Charleroi. Là, il est arrivé en bout de vie. Il ne permet pas aux hôpitaux de s'en sortir dans de telles crises. Les mesures transitoires, exceptionnelles, prises par le gouvernement nous aideront à passer ce moment sur le plan économique, mais cela nécessite ensuite une révision fondamentale et durable de notre système de financement.""Nous avons connu un nombre incroyable d'années de restrictions budgétaires, poursuit le directeur du Grand Hôpital de Charleroi. Cela a commencé il y a une quinzaine d'années, quand Rudy Demotte (PS) était ministre de la Santé, avec une longue succession de coupes budgétaires. La crise a démontré que l'on a été beaucoup trop loin. Il faut maintenant préserver l'hôpital et les soins de santé en général. Cela signifie, à tout le moins, de cesser les coupes budgétaires mais aussi de prévoir des révisions de législation pour donner plus de souplesse à toutes nos structures.""Nous sommes dans une relation extrêmement contrôlée avec les autorités, regrette Philippe Leroy, directeur général du CHU Saint-Pierre à Bruxelles. Nous n'avons de marge de manoeuvre sur rien: on doit rendre des comptes sans arrêt, ligne par ligne. Le contrôle de la façon dont l'argent public est dépensé est normal, bien sûr, mais on doit nous laisser davantage de marge. On nous a par exemple imposé de bloquer 50% de nos lits pour le covid. C'était non négociable. A certains moments de la crise, on avait beau dire que l'on gérait la situation, que l'on pouvait réaliser telle ou telle chirurgie, c'était un refus catégorique. Ce mode de fonctionnement est habituel: c'est comme ça que l'administration interagit avec nous sur tous les sujets. Notre message, c'est: laissez- nous gérer nos établissements."Le patron du CHU Saint-Pierre illustre son propos: "Au lieu de nous donner 10.000 petites enveloppes avec un contrôle au couteau, donnez-nous 100 enveloppes avec davantage d'autonomie de gestion. Prenons la salle d'urgence: son financement est plus important que les autres, ce qui signifie que si l'on veut réorienter quelqu'un vers la médecine générale, on perd de l'argent. Ce contrôle trop important est préjudiciable et force à faire de mauvais choix pour la santé publique".