1. Hors AB InBev, l'ensemble des sociétés cotées belges n'accusent qu'une baisse de 24% de leurs bénéfices l'an dernier, selon nos confrères du "Tijd", et elles ont augmenté leurs dividendes de 19%. Comment expliquer cette résilience?
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1. Hors AB InBev, l'ensemble des sociétés cotées belges n'accusent qu'une baisse de 24% de leurs bénéfices l'an dernier, selon nos confrères du "Tijd", et elles ont augmenté leurs dividendes de 19%. Comment expliquer cette résilience? Cette situation n'est pas propre à la Belgique. Elle tient au fait que l'an dernier, avec l'arrivée du virus, beaucoup de sociétés ont réagi très rapidement. Elles anticipaient une récession très sévère. Elles ont donc travaillé à augmenter leur cash afin d'éviter de devoir aller demander un prêt bancaire et elles ont écoulé leurs stocks et limité leurs coûts de production. Mais un an plus tard, on s'aperçoit qu'elles ont sous-estimé les actions des Etats et des banques centrales pour contrer la crise, et ces sociétés se retrouvent dans une situation moins dure que prévu. Les résultats des derniers mois ne sont pas cataclysmiques et il y a désormais l'espoir d'une réouverture complète de l'économie. Les indicateurs pointent d'ailleurs l'optimisme des chefs d'entreprises. Les sociétés se sont donc dit qu'elles pouvaient augmenter leur pay out ratio, c'est-à-dire la partie du bénéfice versée aux actionnaires. On parle ici surtout des sociétés dans l'industrie car, évidemment, les entreprises liées à l'horeca comme AB InBev ou aux loisirs sont dans une position plus délicate. 2. Les sociétés belges n'ont pas été pénalisées par la lenteur de la reprise européenne? Les grandes sociétés cotées en Europe sont des multinationales et sont loin de dépendre du seul marché européen. Et puis, les Bourses européennes n'ont pas tellement mal performé en comparaison avec les valeurs technologiques américaines. Car ces actions technologiques se caractérisent par leurs "cash-flows lointains". La hausse des taux a réduit la valeur actualisée de ces sociétés: passer d'un taux d'actualisation de 0,60 à 1,60% n'est pas anodin. En Europe, nous avons moins de valeurs technologiques et nous avons donc beaucoup moins souffert de cette rotation sectorielle agressive. 3. Que devons-nous attendre cette année? Nous aurons simplement l'effet inverse de 2020: les entreprises vont devoir produire à nouveau afin de reconstituer leurs stocks. On parle de pénurie un peu partout, pas seulement dans les semi-conducteurs. Essayez d'acheter un vélo aujourd'hui! Il y a des troubles d'approvisionnement car le déstockage a été trop poussé l'an dernier. Donc aujourd'hui, la production remonte et la demande revient, en Asie, aux Etats-Unis et bientôt en Europe. Ce qui alimente d'ailleurs les craintes d'inflation. Par rapport à la situation de 2020, on peut donc s'attendre cette année à une hausse du bénéfice par action.