Depuis le début de la crise sanitaire, les vagues de faillites attendues semblent toujours épargner les entreprises. En 2020, le nombre de faillites a même diminué par rapport à 2019. Bien sûr, les mesures de soutien et le moratoire sur les faillites, qui a pris fin récemment, y sont pour beaucoup. Mais maintenant que les mesures de soutien touchent également à leur fin, les vagues de faillites semblent inévitables.
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Depuis le début de la crise sanitaire, les vagues de faillites attendues semblent toujours épargner les entreprises. En 2020, le nombre de faillites a même diminué par rapport à 2019. Bien sûr, les mesures de soutien et le moratoire sur les faillites, qui a pris fin récemment, y sont pour beaucoup. Mais maintenant que les mesures de soutien touchent également à leur fin, les vagues de faillites semblent inévitables.Néanmoins, un grand nombre d'entreprises semblent s'en tirer plus que bien, selon une nouvelle étude de Trends Business Information basée sur les bilans les plus récents. Plus de 4 500 entreprises dont l'exercice comptable est décalé ont déposé leurs comptes annuels le 30 septembre. Ces résultats incluent donc environ 7 mois de crise sanitaire, c'est-à-dire le confinement strict du printemps, l'assouplissement des mois d'été, et le début la deuxième vague à l'automne. Les résultats sont assez impressionnants. En résumé, la plupart des entreprises qui étaient en bonne santé en 2019 le sont restées en 2020. Sur 100 entreprises avec un cash-flow positif en 2019, 90 ont pu maintenir ce cap. Cette tendance se remarque aussi dans le domaine de la solvabilité des entreprises. Près de 43 % des entreprises ont signalé une amélioration de leur solvabilité en 2020. Seulement 30 % des entreprises ont perdu en solvabilité durant la crise sanitaire. Les entreprises restantes n'ont constaté aucune évolution, positive ou négative.Résilience"Parmi les entreprises qui étaient en bonne santé en 2019, ou dont la solvabilité était d'au moins 25 %, seulement 2,65 % ont connu de graves difficultés", indique l'analyste Pascal Flisch. Parmi les entreprises à la santé fragile, ou dont la solvabilité se situait entre 0 et 15 %, une sur cinq a pu redresser la barre, et 10 % d'entre elles ont vu leurs fonds propres passer dans le négatif. "Et parmi les entreprises dont les fonds propres étaient déjà négatifs avant la crise, 17 % ont réussi à faire passer leur solvabilité au-dessus de zéro, précise Pascal Flisch.Ces chiffres nous montrent que la résilience est une qualité partagée par la plupart des entreprises. Elles ont réussi à garder la tête hors de l'eau grâce à un mélange de mesures internes et de soutien externe. Par exemple, les paiements de dividendes ont été réduits afin de conserver davantage de capital dans l'entreprise. De nombreuses entreprises ont également pris des mesures d'austérité pour protéger leurs marges. Les mesures de soutien gouvernementales, comme le chômage temporaire et le droit passerelle ont également joué un rôle crucial. Les petites entreprises en première ligneCes chiffres encourageants, fondés sur les comptes déposés par les entreprises au 30 septembre, ne signifient pas que le monde des affaires sort indemne de la crise. Cette moyenne rassurante masque des différences importantes entre les secteurs et les entreprises. Les indépendants et les très petites entreprises, qui n'ont pour la plupart pas encore déposé leurs comptes en 2020, sont particulièrement touchés par la crise sanitaire. Ces indépendants et petites entreprises sont souvent surreprésentés dans les secteurs les plus touchés, comme l'hôtellerie et l'événementiel. "Sur la base des bilans déposés au 30 juin 2020, nous remarquons principalement un carnage parmi les entreprises sans salariés. Le bénéfice net des entreprises déclarant au 30 juin, qui représentent 10 % de la population totale des entreprises, a diminué de 9,5 milliards d'euros, dont près de 8 milliards sont dus aux pertes des entreprises sans salariés", précise Pascal Flisch.Ces chiffres confirment d'autres analyses, dont celles de la Banque Nationale, qui affirment que les indépendants et les petites entreprises sont particulièrement touchés par la crise sanitaire. Par exemple, les travailleurs indépendants font état d'une baisse moyenne de 20 % de leur chiffre d'affaires, tandis que les grandes entreprises enregistrent une baisse moyenne de 7 %, selon les dernières enquêtes de l'Economic Risk Management Group. En outre, les petites entreprises disposent souvent de moins de réserves financières que les grandes pour faire face aux fluctuations, ce qui entraîne un risque plus élevé de faillite. Parmi les indépendants et les plus petites entreprises, près d'un sur dix s'attend à devoir déposer le bilan au cours des six prochains mois. Ce pourcentage tombe à 3 % pour les entreprises de taille moyenne et même à 0 % pour les grandes entreprises. L'économie belge peut s'attendre à une vague de faillites dans les mois à venir, et les indépendants et les plus petites entreprises seront touchés de plein fouet.