Proximus va réduire ses dividendes pour donner un petit coup d'accélérateur à ses investissements. Le premier opérateur de réseaux de télécommunication du pays a annoncé un plan, Bold2025, qui vise notamment à accroître la vitesse de déploiement de la fibre optique dans le pays. Le groupe cherche à donner des couleurs à une entreprise dont le titre a bien reculé ces derniers mois: son cours a été divisé par deux, tournant autour des 9 euros au 16 janvier dernier.
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Proximus va réduire ses dividendes pour donner un petit coup d'accélérateur à ses investissements. Le premier opérateur de réseaux de télécommunication du pays a annoncé un plan, Bold2025, qui vise notamment à accroître la vitesse de déploiement de la fibre optique dans le pays. Le groupe cherche à donner des couleurs à une entreprise dont le titre a bien reculé ces derniers mois: son cours a été divisé par deux, tournant autour des 9 euros au 16 janvier dernier. Parmi les annonces de ce plan, on relève une croissance des investissements à un pic de 1,3 milliard d'euros cette année, la cession pour 400 millions d'euros d'actifs (notamment le siège actuel du groupe) et une baisse des coûts de 220 millions d'euros sur trois ans. Les télécoms n'ont plus la cote auprès des investisseurs. Le secteur n'offre plus les mêmes taux de croissance qu'autrefois, lors du développement du net et des réseaux mobiles. Dans un marché désormais mature, le CEO Guillaume Boutin cherche à accélérer la modernisation du groupe, s'engageant à améliorer son équation financière, et donc aussi sa rentabilité, après un recul cette année pour cause d'inflation. A cette fin, il met les actionnaires à contribution, réduisant le dividende de 1,2 à 0,6 euro en 2024 et en 2025. Une décision qui n'a pas dû faire plaisir au gouvernement fédéral puisque l'Etat détient la majorité des parts de l'entreprise cotée. D'autant que Proximus avait déjà réduit son dividende en 2020. "Nous aurons le réseau le plus performant", rassure Haroun Fenaux, porte- parole de Proximus, qui reconnaît que l'entreprise a pris du retard par rapport aux pays voisins en matière de fibre optique. "Bruxelles est couverte à 50%, nous espérons arriver à 100% en 2026", poursuit le porte-parole. Mais le plan prévoit une couverture du pays de 95% à l'horizon 2030. La vitesse accrue offerte par la fibre optique devrait plaire aux entreprises, aux gameurs, aux foyers disposant de plusieurs télés HD. Dès lors que le réseau 5G couvrira le pays en 2025, Proximus estime qu'il bénéficiera d'un avantage de performance qu'il espère bien rentabiliser. Cela étant, la concurrence devrait encore augmenter ces prochains mois, car le paysage du marché va changer. Orange doit finaliser le rachat du câblo-opérateur wallon Voo et est prêt à en ouvrir l'accès à Telenet, qui viendra alors démarcher des clients en Wallonie. Surtout, un quatrième opérateur mobile va bientôt débarquer, Digit/Citymesh, "qui pourrait être un game changer", estime l'analyste Michiel Declercq, de KBC Securities.