Essity est le plus gros employeur de Stembert. Localement, l'usine est mieux connue des locaux sous son ancien nom: Mabelpap, la Manufacture belge d'articles en papier fondée dans les années 1960. "A l'époque, la papeterie fabriquait un large éventail de produits: mouchoirs, essuie-tout, papier-toilette, nappes...", se souvient le directeur, Jacky Dechamps. En 1995, l'usine a été rachetée par le groupe papetier suédois Essity. "Contrairement à ce qui se faisait les premières années, l'usine mise aujourd'hui sur l'hyper- spécialisation. Nous nous concentrons sur deux produits: les mouchoirs et le papier-toilette." Au niveau mondial, Essity emploie 46.000 personnes, dont 400 à Stembert. En 2019, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires net de 12,2 milliards d'euros.
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Essity est le plus gros employeur de Stembert. Localement, l'usine est mieux connue des locaux sous son ancien nom: Mabelpap, la Manufacture belge d'articles en papier fondée dans les années 1960. "A l'époque, la papeterie fabriquait un large éventail de produits: mouchoirs, essuie-tout, papier-toilette, nappes...", se souvient le directeur, Jacky Dechamps. En 1995, l'usine a été rachetée par le groupe papetier suédois Essity. "Contrairement à ce qui se faisait les premières années, l'usine mise aujourd'hui sur l'hyper- spécialisation. Nous nous concentrons sur deux produits: les mouchoirs et le papier-toilette." Au niveau mondial, Essity emploie 46.000 personnes, dont 400 à Stembert. En 2019, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires net de 12,2 milliards d'euros. L'usine de Stembert produit deux milliards de rouleaux de papier-toilette par an et compte la marque Lotus parmi ses clients les plus connus. Les débouchés sont très locaux: Benelux, France et Allemagne. "Le papier-toilette est un produit bon marché qui se transporte difficilement, explique Jacky Dechamps. Il est donc économiquement insensé d'en importer de Chine, par exemple." L'usine tourne à plein 24 heures sur 24, 365 jours par an. Le premier confinement et la ruée sur le papier WC ont généré une production record chez Essity qui n'a nullement été impacté dans son activité de production: "Vu la taille des machines, les ouvriers n'ont aucune difficulté à respecter les distances de sécurité", explique le directeur.La pulpe arrive à l'état solide en balles de 250 kg à l'usine de Stembert. "La pulpe de bois de résineux contient des fibres plus longues que celle de feuillus, explique Jacky Dechamps, le directeur de l'usine. Les longues assurent la rigidité du papier, les courtes sa douceur. La combinaison des deux est indispensable pour produire un papier-toilette de qualité. Toute la difficulté consiste à trouver les bonnes proportions." Le groupe suédois Essity met un point d'honneur à s'approvisionner localement en matières premières. L'usine de Stembert collabore ainsi depuis des années avec la papeterie Burgo Ardennes, l'ancienne Cellulose des Ardennes. Les balles doivent être transformées en une masse liquide et les fibres séparées. Cette opération, la délignification, s'effectue dans un bassin rempli d'eau. Cette eau est récupérée à 85% pour être réutilisée à une étape ultérieure de la production.Au milieu de l'unité de production trône une machine gigantesque. "Elle mixe les bonnes quantités des différentes sortes de pâte afin d'obtenir les propriétés désirées." La machine extrait également l'eau de la masse. Le processus est ultra-rapide. Il faut moins de deux secondes pour transformer la masse pulpeuse contenant 99% d'eau en papier à 5% de teneur en eau.De la machine de production de papier sortent d'énormes bobines de 5,4 m de large, 2,5 m de diamètre et pesant six tonnes. La coupeuse coupe les bobines en deux pour les rendre plus maniables. Elles sont ensuite emballées et entreposées.A Verviers, Essity fabrique du papier de une à cinq épaisseurs. "C'est assez simple. Pour du papier deux épaisseurs, il suffit de superposer deux bobines. Pour quatre épaisseurs, quatre bobines, explique le directeur. Les bobines sont déroulées puis ré-enroulées sur plusieurs couches. Le papier passe dans un cylindre en acier sur lequel est apposée la colle. Un petit motif décoratif en relief sur le cylindre (une fleur ou une feuille, par exemple) fait en sorte que la colle adhère au papier." Une scieuse coupe ensuite les bobines de papier à la largeur souhaitée pour les rouleaux. Les mandrins en carton doivent également être coupés. Quelques gouttes de colle y sont apposées avant leur insertion dans les rouleaux. Le papier-toilette se décline dans une multitude de formats et poids et la longueur des feuillets est généralement culturelle. "Dans le Benelux, la longueur standard est de 12,5 cm. En Allemagne, de 14,5 cm", précise Jacky Dechamps. L'emballage est entièrement automatisé. "Les rouleaux peuvent être conditionnés par packs de 2 à 40 unités. Le client a le choix entre du papier de une à cinq couches, entre plusieurs largeurs et longueurs. L'emballage est lui aussi différencié en fonction des marques et des marques de distributeur. Il existe donc des milliers de combinaisons possibles."