L'entreprise a annoncé la séparation officielle du groupe avec la nouvelle société Haleon, l'entité santé grand publique. La division de médicament sans ordonnance devient une entité à part entière. "C'est une des plus grosses séparations des 20 dernières années dans le secteur", explique Emmanuel Amory. Le business représente plus de 11 milliards d'euros. "L'entité devenait trop grande", ajoute-t-il. "La diversification devenait une distraction pour l'entreprise."
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L'entreprise a annoncé la séparation officielle du groupe avec la nouvelle société Haleon, l'entité santé grand publique. La division de médicament sans ordonnance devient une entité à part entière. "C'est une des plus grosses séparations des 20 dernières années dans le secteur", explique Emmanuel Amory. Le business représente plus de 11 milliards d'euros. "L'entité devenait trop grande", ajoute-t-il. "La diversification devenait une distraction pour l'entreprise."Avec cette division, GSK veut donc se concentrer sur le biopharmaceutique et l'immunologie. Qu'est-ce que ça signifie pour la Belgique ?Wavre et Rixensart restent les vaisseaux amiraux mais nous nous sommes progressivement étendu dans le monde. A l'heure où le monde parle de deglobalisation, je préfère la gloBELisation. Nous sommes dans un marché global, nous exportons plus de 99% de nos produits et représentons 10% de l'exportation wallonne. On s'appuie sur ce marché global mais en gardant un ancrage belge extrêmement fort. L'écosystème pharmaceutique est-il favorable en Belgique ?Oui l'environnement dans lequel nous sommes est extrêmement soutenu par des fournisseurs compétents, par des universités compétentes et par un gouvernement qui nous soutient énormément. Je prendrais pour exemple le vaccin malaria qui est une première mondiale, développée et produite par nos chercheurs en Belgique.Les vaccins représentent 7,8 milliards d'euros du chiffre d'affaires de GSK, quelles sont les perspectives ? Nous avons 20 vaccins en commercialisation qui couvrent tous les domaines et 21 vaccins sont en développement. Nous voulons faire de la division vaccin notre moteur de croissance. GSK souhaite proposer d'autres choses que le vaccin prophylactique, comme l'immunothérapie, à savoir des vaccins dits thérapeutiques. On travaille aussi sur la résistance microbienne puisque les antibiotiques ont de moins en moins d'effets, il est temps de trouver des solutions alternatives. Dans les 10 ans, GSK vaccin va toucher plus de 1,3 milliards de patients. Vous êtes donc optimistes pour la suite ?Les succès du passé ne doivent pas faire croire que les succès futurs sont acquis. Tout est extrêmement fragile, le monde économique change autour de nous. Nous avons beaucoup plus de concurrents qu'avant, c'est lié à la crise sanitaire. Il faut constamment s'améliorer mais nous avons reçu des résultats cliniques positifs sur notre vaccin VRS (virus respiratoire syncytial). Le vaccin bénéficiera d'un budget supplémentaire de 70 millions d'euros, en plus des 330 millions annoncés en mars 2021. Cela fait 15 ans que GSK travaille dessus.L'indexation des salaires est-elle un frein pour le développement de GSK ?La baisse de pouvoir d'achat est terrible pour tout le monde. Nous avons mené des politiques de revalorisation salariale au sein de l'entreprise mais tout le monde doit se sentir concerné, le citoyen, les entreprises et le gouvernement. La hausse des salaires en Belgique est bien plus importante que dans les autres pays et nous rend moins compétitifs. Il faut donc constamment se réinventer et créer de nouveaux moyens pour se rendre attractifs afin de rester sur le marché.