La quantité de déchets électroniques a augmenté trois fois plus vite que la population mondiale au cours des cinq dernières années. Selon l'E-waste Monitor, les montagnes de rebuts dans le monde ont grossi de 44,7 millions de tonnes en 2016 à 53 millions de tonnes en 2019 et devraient atteindre les 74 millions de tonnes d'ici à 2033. Olivier Vergeynst, le directeur de l'Institut belge du numérique responsable (Isit), cite trois raisons principales: l'utilisation accrue d'appareils électriques et électroniques, la diminution de la durée de vie et la réduction des réparations possibles.
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La quantité de déchets électroniques a augmenté trois fois plus vite que la population mondiale au cours des cinq dernières années. Selon l'E-waste Monitor, les montagnes de rebuts dans le monde ont grossi de 44,7 millions de tonnes en 2016 à 53 millions de tonnes en 2019 et devraient atteindre les 74 millions de tonnes d'ici à 2033. Olivier Vergeynst, le directeur de l'Institut belge du numérique responsable (Isit), cite trois raisons principales: l'utilisation accrue d'appareils électriques et électroniques, la diminution de la durée de vie et la réduction des réparations possibles. Même si l'économie 100% circulaire n'est pas encore à l'ordre du jour dans le secteur IT, plusieurs initiatives permettent pourtant de réduire sensiblement votre impact sur l'environnement, assure Olivier Vergeynst. "Tout commence par une gestion raisonnée des achats et des déchets électroniques. L'entretien régulier et la réparation des appareils sont de nature à allonger leur durée de vie. La volonté délibérée de ne pas acheter d'appareils neufs est une autre piste. Pour ce faire, il convient de trouver des partenaires durables."L'Isit définit quatre niveaux d'action pour parvenir à une stratégie numérique durable: a) informer grâce à des formations et sensibiliser pour faire comprendre en quoi consiste exactement ce numérique durable ; b) dans la mesure du possible, évaluer l'impact du numérique sur l'ensemble de l'entreprise ; c) s'inspirer des meilleures pratiques ; d) instaurer des codes comportementaux internes en matière d'achat, d'utilisation, de réglage, d'entretien, de réparation, d'amortissement et de gestion des déchets numériques. "La façon dont le personnel utilise les appareils influence la consommation d'énergie de l'entreprise, explique Christian Levie, le directeur adjoint du fournisseur de services ICT Econocom. Chaque collaborateur devrait se poser des questions: ai-je vraiment besoin de deux smartphones? la caméra doit-elle rester allumée pour chaque visioconférence? ne vaut-il pas mieux envoyer un lien plutôt qu'une annexe? peut-on supprimer quelques-uns des 10.000 mails qui encombrent la boîte de réception?" Chacun peut mesurer l'impact de ses efforts sur le site de l'Isit. "Quelques personnes clés peuvent donner le bon exemple, explique Olivier Vergeynst. Par la suite, leurs pratiques, même mineures, peuvent être répliquées dans d'autres départements de l'entreprise afin d'en optimiser l'impact. Il est donc primordial d'intégrer les critères de numérique durable à tous les niveaux de la prise de décision." "Chaque non-achat d'un appareil neuf contribue à la réduction des émissions de CO2, rappelle Christian Levie. Idem pour chaque appareil usagé qu'on répare pour lui donner une seconde vie. Le fait d'opter pour un PC portable, un smartphone ou une tablette de seconde main permet ainsi d'économiser jusqu'à 60% par rapport à l'achat d'un appareil neuf. La third party maintenance (un contrat d'entretien, Ndlr) est une formule intéressante pour l'entretien des serveurs qui vieillissent. L'économie est de 30 à 70%."