La crise du coronavirus fait des ravages sans précédents dans l'économie mondiale puisque sous l'effet conjugué du confinement et de l'arrêt des chaînes de production, elle propose un double choc d'offre et de demande. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), " l'impact du Covid-19 sur l'emploi est profond, d'une grande portée et sans équivalent ...

La crise du coronavirus fait des ravages sans précédents dans l'économie mondiale puisque sous l'effet conjugué du confinement et de l'arrêt des chaînes de production, elle propose un double choc d'offre et de demande. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), " l'impact du Covid-19 sur l'emploi est profond, d'une grande portée et sans équivalent ". La semaine dernière, nous évoquions l'envolée du chômage américain, envolée qui s'est poursuivie avec sept millions de chômeurs supplémentaires. La situation est comparable ailleurs avec 2,13 millions de Canadiens inscrits au chômage en 15 jours et 950.000 au Royaume-Uni. En Allemagne, 500.000 entreprises ont recours au chômage économique partiel ou total. En France, ce dernier concerne 5,8 millions de personnes, soit un salarié sur quatre. De son côté, l'Union africaine parlait de près de 20 millions d'emplois perdus sur le continent. A ce jour, selon l'OIT, 3,3 milliards de personnes, soit 81 % de la population active mondiale, sont affectés par une fermeture totale ou partielle de leurs lieux de travail. Cette envolée du chômage, l'OIT la voit encore plus spectaculaire sur le deuxième trimestre. En raison des différentes formules possibles, et notamment le temps partiel ou la baisse de l'activité, l'OIT calcule désormais ses statistiques en heures prestées. L'organisation basée à Genève estime que, dans les trois prochains mois, 6,7 % des heures de travail pourraient disparaître dans le monde, soit 195 millions d'équivalents temps plein (ETP) pour une semaine de 48 heures, dont 125 millions en Asie, 24 en Amérique et 20 en Europe. Une répartition géographique appelée à bouger et qui ne tient pas totalement compte des 60% de travailleurs mondiaux actifs dans l'économie informelle, soit sans aucune protection sociale.