1. Participer activement à l'urgence sanitaire

En situation de crise, la force de frappe des grands acteurs économiques peut parfois se muer en initiatives solidaires. Ces derniers jours, plusieurs entreprises internationalement reconnues ont ainsi prêté gracieusement leur expertise et leurs infrastructures pour venir en aide aux hôpitaux et aux pharmacies. Numéro un mondial de l'industrie du luxe, le groupe LVMH a, par exemple, réquisitionné trois de ses sites de production français - habituellement dédiés aux parfums et aux cosmétiques de ses marques Dior, Guerlain et Givenchy - pour fabriquer du gel hydroalcoolique en grandes quantités. Les premières livraisons gratuites ont été effectuées la semaine dernière auprès des 39 établissements de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et LVMH vise à présent une production hebdomadaire de 12.000 tonnes de gel hydroalcoolique jusqu'à la fin de la crise du coronavirus. Généreux, le géant du luxe a également mis en place un pont aérien avec la Chine cette semaine pour importer 40 millions de masques de protection en France.
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En situation de crise, la force de frappe des grands acteurs économiques peut parfois se muer en initiatives solidaires. Ces derniers jours, plusieurs entreprises internationalement reconnues ont ainsi prêté gracieusement leur expertise et leurs infrastructures pour venir en aide aux hôpitaux et aux pharmacies. Numéro un mondial de l'industrie du luxe, le groupe LVMH a, par exemple, réquisitionné trois de ses sites de production français - habituellement dédiés aux parfums et aux cosmétiques de ses marques Dior, Guerlain et Givenchy - pour fabriquer du gel hydroalcoolique en grandes quantités. Les premières livraisons gratuites ont été effectuées la semaine dernière auprès des 39 établissements de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et LVMH vise à présent une production hebdomadaire de 12.000 tonnes de gel hydroalcoolique jusqu'à la fin de la crise du coronavirus. Généreux, le géant du luxe a également mis en place un pont aérien avec la Chine cette semaine pour importer 40 millions de masques de protection en France. Autre groupe phare du paysage économique français, Pernod-Ricard - numéro deux mondial du secteur des vins et spiritueux - s'est lui aussi jeté dans la bataille du Covid-19 pour produire du gel hydroalcoolique. Sa marque de pastis Ricard s'est en effet engagée à offrir 70.000 litres d'alcool pur au Laboratoire Cooper - premier fournisseur français de ce type de gel - qui permettront de fabriquer près de deux millions de flacons de 50 ml chacun pour les officines de l'Hexagone. Moins connu du grand public, le géant du sucre français Tereos - troisième producteur mondial - a également rejoint cet élan de solidarité en mobilisant d'urgence cinq de ses distilleries pour fabriquer le précieux liquide. Sa production temporaire de gel hydroalcoolique - 11.000 litres par semaine - sera livrée aux agences régionales de santé sur le territoire français. En Belgique, les réponses ciblées aux urgences sanitaires se traduisent d'une manière moins spectaculaire, certes, mais tout aussi solidaire. Pour répondre à la pénurie d'équipements en milieu hospitalier, les entreprises John Cockerill et Mithra ont ainsi fait don de quelques milliers de masques et de charlottes médicales au CHU de Liège, tout comme l'opérateur Orange qui a livré 2.000 masques à un autre hôpital. Pour la Ville de Bruxelles, les maisons de mode Natan et Degand ont aussi proposé leurs services pour combler ce manque de matériel de protection. Ils ont ainsi confectionné plusieurs milliers de masques en tissu pour les policiers, les éboueurs et l'équipe de l'ASBL Opération Thermos qui vient en aide aux sans-abris. A la prison d'Audenarde, les détenus se sont également portés volontaires pour combattre le coronavirus. L'établissement pénitentiaire dispose en effet d'un atelier de couture où une douzaine de détenus peuvent fabriquer 500 masques par jour, ce qui a donné l'idée à quatre autres prisons belges de suivre le mouvement. Leader mondial dans les technologies de fabrication de matériaux composites pour l'aéronautique, la société belge Coexpair a, quant à elle, décidé de suspendre tous ses projets en cours pour se focaliser sur la fabrication d'équipements et de pièces pour les unités de soins intensifs de divers hôpitaux. Sur son site, l'Union wallonne des entreprises (UWE) a d'ailleurs repris cet exemple parmi d'autres dans une section qui liste toutes les initiatives solidaires de ses membres, mais aussi les demandes de certaines sociétés dans cette crise du coronavirus (www.uwe.be/solidarite-uwe). Enfin, pour faire face au manque de personnel soignant, le site www.references.be a décidé d'apporter également sa contribution à l'effort collectif. Cette plateforme du groupe de presse Rossel offre en effet ses services de recrutement au secteur de la santé pour l'aider à engager de nouveaux collaborateurs en cette période de crise. Concrètement, les hôpitaux pourront publier gratuitement leurs offres d'emploi sur la plateforme digitale de Références et consulter aussi, sans aucun frais, la base de données du site. De même, www.student.be, la plus grande plateforme consacrée à l'emploi des jeunes en Belgique, a ouvert gratuitement sa base de données de quelque 8.500 étudiants en médecine, en soins infirmiers et en sciences pharmaceutiques pour combler le manque de personnel dans les hôpitaux et les maisons de repos. Des centaines de milliers de Belges sont en télétravail forcé. Ce nouveau mode de fonctionnement n'est pas une habitude pour tout le monde. Pour accompagner la transition, de nombreuses entreprises offrent aux télétravailleurs certains services habituellement payants. La société AlloCloud, spécialisée dans la VOIP (appels à distance via Internet) a ainsi mis à disposition gratuitement sa plateforme de vidéoconférences. Les utilisateurs n'ont pas tardé à arriver : " C'est un succès de dingue. L'utilisation de notre plateforme a augmenté de 4.500 % en une semaine ! ", explique Jacques Gripekoven, managing director d'AlloCloud. L'affluence est telle que l'entreprise a dû renforcer son infrastructure technique : " Ça nous coûte un pont en frais d'hébergement. Mais ça nous fait plaisir d'aider les PME, qui n'étaient pas toujours conscientes que ce genre d'outil existait et pouvait faciliter leur travail ". Les grands groupes aussi ont répondu présent, pour accompagner l'afflux inouï de demandes pour des outils de télétravail. Microsoft a ajouté de nombreuses fonctionnalités (1 To de stockage en ligne, par exemple) à la version gratuite de sa plateforme de télétravail, Teams. En sept jours, Teams a vu son nombre d'utilisateurs bondir de 32 à 44 millions, au point de provoquer une panne temporaire sur son réseau. La société chinoise Zoom a également élargi certaines fonctionnalités gratuites de sa très populaire application, permettant notamment de faire des vidéoconférences plus longues et avec plus de participants. Cisco offre des accès de 90 jours aux entreprises qui veulent utiliser son système de vidéoconférence Webex. Google a aussi gonflé son offre gratuite de messagerie vidéo Hangouts Meet. Quant aux opérateurs télécoms, ils ont fait sauter les barrières techniques et commerciales à la consommation d'Internet fixe à la maison ( lire point 4), afin de faciliter le télétravail pour tous. " Vous êtes entrepreneur et vous êtes concerné par les mesures liées au coronavirus ? Notre communauté vous aide gratuitement dans votre promotion digitale. " Sur son site web inauguré il y a quelques jours à peine, l'Agence Digitale Solidaire plante immédiatement le décor et invite les commerçants cadenassés à conjurer le " cygne noir " en bénéficiant d'une expertise gratuite. " Cette crise du Covid-19 nous a humainement impactés et nous voulions apporter notre contribution personnelle, tout en soutenant nos étudiants dans l'apprentissage de leur métier ", explique d'emblée Charlotte Creplet, cheville ouvrière du projet avec son compagnon Nicolas Hubin. Experts en digital marketing au sein de leur propre agence Clyde and Bonnie, les deux complices font aussi partie de l'équipe de Skillsfactory, un centre de formation qui aide tout un chacun à acquérir les compétences digitales indispensables au marketing d'aujourd'hui, que ce soit pour booster sa carrière ou développer son propre business. " Avec l'Agence Digitale Solidaire, nous mettons en place un vrai win-win, poursuit Charlotte Creplet. Les entrepreneurs ou les commerçants déboussolés par cette crise du Covid-19 peuvent obtenir une aide gratuite pour lancer un nouveau service ou repenser leur business et, dans le même temps, les jeunes marketers de Skillsfactory qui interviennent bénévolement pour les aider peuvent ainsi enrichir leur C.V. et leur portfolio, ce qui leur permettra peut-être de trouver ensuite leurs premiers clients. " Déjà soumise à une forte demande émanant d'entrepreneurs et de commerçants, l'Agence Digitale Solidaire a permis, par exemple, à un magasin de jouets de se digitaliser et à un salon de coiffure de se réinventer pour proposer à sa clientèle des " ateliers à distance ", avec promotion adéquate à la clé. Mais cette structure n'est pas la seule à prôner la solidarité créative en terrain numérique. A Liège aussi, une agence spécialisée dans la communication digitale a décidé d'apporter gracieusement son expertise au secteur horeca. Concrètement, Wizz Agency a décidé d'offrir un mois de community management gratuit à cinq restaurateurs de la région liégeoise qui tentent de rebondir, en cette période de confinement, sur le créneau possiblement salvateur de la livraison de repas à domicile. Objectif : les aider à sortir du lot avec une communication pertinente et ciblée pour survivre à la crise. Autre opération digitale, lancée cette fois par le brasseur Alken-Maes pour soutenir les cafetiers et les restaurateurs victimes du lockdown : le Café Solidarité, inauguré il y a une semaine à peine, où le client est invité à payer aujourd'hui les bières qu'il consommera à la réouverture d'un bar estampillé Maes ou Cristal (les deux marques de pils du groupe brassicole). Après un paiement effectué sur le site www.cafesolidarite.be, l'internaute reçoit un " bon à valoir pour x bières " dans son bistrot préféré, tandis que le tenancier dispose ainsi d'argent frais qui l'aide à tenir durant cette période de chômage forcé. De son côté, Alken-Maes fait également un geste commercial en offrant les 400 premières bières à chaque bar ou brasserie qui participe à l'opération. Les opérateurs télécoms ont été parmi les premiers à réagir aux mesures de confinement. " Nous avons demandé au secteur de supprimer les quotas en matière d'utilisation de la bande passante. Il fallait éviter que les consommateurs aient une connexion trop faible pour le télétravail, ou qu'ils se retrouvent avec des suppléments sur leur facture. Les opérateurs se sont vite alignés. Ils ont pris des mesures sans précédent ", pointe David Wiame, expert télécom chez Test-Achats. " La Belgique se serre les coudes, Proximus donne un coup de pouce ", annonce l'opérateur sur son site internet. Proximus ainsi que Voo ont fait sauter les limites de téléchargement pour l'Internet fixe. Telenet multiplie par deux les volumes de téléchargement maximum. Ces mesures permettront aux nouveaux télétravailleurs d'utiliser leur connexion sans crainte. Toutes les personnes confinées (parents et enfants) pourront consommer du streaming vidéo en masse (l'usage de plateformes comme Netflix ou Amazon Prime Video explose) et même avoir accès gratuitement à des offres habituellement payantes comme la chaîne Movies & Series (Proximus). Par contre, Voo, qui avait offert BeTV gratuitement à ses clients, a dû faire marche arrière sur fond de tensions commerciales avec les ayants droit des programmes diffusés par la chaîne payante... Les opérateurs ont également gonflé gratuitement leurs offres d'Internet mobile (+ 5Gb chez Orange par exemple). C'est certes moins utile en période de confinement, mais cela offrira un complément bienvenu en cas de surcharge de votre wifi local. Ces gestes commerciaux inédits ne sont pas la chasse gardée du secteur télécoms. Une panoplie d'actions sont prises tous azimuts dans le secteur hôtelier (une chaîne comme Accor vous permet de modifier votre réservation sans frais) et dans le secteur du voyage (la compagnie Easyjet notamment supprime ses frais de changement de vol), fortement touchés par la crise. Les secteurs traditionnels s'alignent aussi. Suite à un accord avec l'Etat et la Banque nationale, le secteur bancaire a prévu une forme inédite de moratoire jusqu'au 30 septembre sur les crédits en cours, pour les ménages et les entreprises touchés par la crise. La compagnie d'assurances AG a aussi annoncé qu'elle étendrait la couverture de ses assurances hospitalisations pour les patients " non urgents " qui ne pourront pas être pris en charge dans les prochaines semaines. Dans le cadre de son action #FaireFaceEnsemble, le câblo-opérateur Telenet propose à ses clients business touchés par l'arrêt de leur activité de suspendre leurs abonnements télécoms et de bénéficier d'un report de paiement de trois mois. De nombreuses entreprises proposent de supprimer provisoirement leurs frais et leurs commissions ou d'offrir un ou plusieurs mois d'accès gratuit à leurs plateformes dans ces circonstances exceptionnelles. C'est le cas des éditeurs juridiques : grâce à l'action de l'incubateur du barreau de Bruxelles, les plateformes Strada (Larcier), Jura (Kluwer) et Jurisquare sont accessibles gratuitement, au moins jusqu'au 5 avril, pour tous les avocats. La start-up belge Sortlist, qui met en contact des agences marketing avec des clients, renonce à prélever ses habituelles commissions. Beelance, qui met en contact les freelances et les entreprises, offre ses abonnements aux entreprises " jusqu'à nouvel ordre ". Neveo, qui imprime des albums photos familiaux à destination des grands-parents, offre un mois d'utilisation gratuite. Original : la start-up Efluenz offre gratuitement à votre entreprise la possibilité de faire relayer un message sur les réseaux sociaux via deux influenceurs " certifiés ". Signalons enfin que l'industrie du porno, toujours sur la balle, ouvre aussi les vannes : des sites comme Jacquie et Michel, Pornhub ou la plateforme Dorcel ont décidé de rendre accessible tout ou partie de leur contenu payant. Davantage vulnérables au coronavirus, les seniors sont particulièrement touchés par la crise actuelle et sont dès lors au centre de toutes les attentions. Plusieurs initiatives solidaires ont été enclenchées pour leur venir en aide, comme ce nouveau site www.covid-solidarity.org lancé il y a quelques jours à peine. Se présentant comme " un mouvement citoyen et non lucratif qui permet de créer du lien social dans une démarche bienveillante ", cette plateforme vise à mettre en relation des personnes âgées et des bénévoles d'un même quartier pour que ces derniers effectuent les courses de leurs aînés et les préservent ainsi des risques de contagion. Concrètement, chacun peut télécharger un modèle de liste de courses sur www.covid-solidarity.org qu'il peut ensuite imprimer et glisser dans la boîte aux lettres d'un voisin plus âgé pour lui venir en aide. Une fois le contact établi (sans qu'il y ait nécessairement une rencontre physique), les commandes et les achats peuvent être effectués et livrés devant la porte des seniors. Initiée par Olivier Rousseaux, ancien directeur marketing de la régie publicitaire IPM Advertising, cette action de solidarité a vu le jour grâce au support d'un groupe d'entrepreneurs de la communauté BeTech et rencontre déjà un franc succès. " Le site est actuellement en trois langues, mais il comptera bientôt 12 langues car il va s'exporter à l'étranger, se réjouit le fondateur de la plateforme. Cela démontre que l'initiative solidaire peut résoudre bien des blocages, tant au niveau intergénérationnel qu'au niveau communautaire car je peux vous assurer que tout le monde s'entend à merveille dans ce grand mouvement citoyen. " Salutaire, l'action enclenchée par Olivier Rousseaux n'est évidemment pas la seule à émerger sur la Toile. Depuis deux semaines, les projets solidaires se multiplient à l'attention des aînés avec d'autres plateformes comme, par exemple, www.lettresanosseniors.be, mais aussi de nombreux groupes Solidarité Coronavirus sur Facebook qui rassemblent, par villes ou par provinces, toutes les initiatives lancées pour venir en aide aux personnes âgées ou isolées. Spécialisée dans la mise en relation de divers prestataires pour effectuer des travaux à domicile, la plateforme collaborative Listminut a aussi adapté son offre avec la crise du coronavirus puisqu'elle propose désormais toute une réserve de bénévoles prêts à venir gratuitement en aide aux seniors et au personnel médical pour toute tâche " de première nécessité ". Enfin, saluons cette action singulière de la société flamande Zorabots qui a décidé de déployer temporairement une soixantaine de robots intelligents dans différentes maisons de repos du pays. En cette période de confinement, ces petits majordomes technologiques vont non seulement divertir les seniors isolés, mais surtout les aider à rester connectés avec leur famille grâce à des appels vidéo que les résidents peuvent effectuer par simple commande vocale. Tous les étudiants viennent de perdre subitement leur accès aux salles de classe. Mais les plateformes numériques sont là pour suppléer. Les entreprises spécialisées dans l'enseignement à distance ont décidé de participer à l'effort commun et mettent leurs outils à disposition des enseignants et de leurs élèves. C'est le cas de la société Wooclap, qui travaillait sur une nouvelle plateforme de révision en ligne, dont elle décidé d'avancer le lancement afin de répondre à la demande actuelle. Elle propose désormais gratuitement Wooflash, un outil offrant la possibilité aux enseignants de suivre à distance le parcours d'apprentissage de chaque élève, et de le personnaliser. Près de 400 enseignants ont déjà demandé les accès à ce nouvel outil. " Notre objectif a toujours été d'améliorer l'enseignement pour tout le monde. Nos services sont et seront toujours gratuits pour les écoles primaires et secondaires ", indique Sébastien Lebbe, cofondateur de Wooclap. La scale-up Odoo fait également un geste à l'attention du secteur de l'enseignement. Sa plateforme d'e-learning est fournie gratuitement aux écoles et aux universités, ce qui a toujours été le cas. " En réponse à la crise, nous y ajoutons le support gratuit pour tous les établissements ", explique Fabien Pinckaers, CEO d'Odoo. La société met également gratuitement à la disposition des enseignants son serious game, " Scale-Up ", qui permet aux profs de former leurs étudiants à la gestion d'entreprise, à distance et de manière interactive. Les écoles, chacune à son niveau, se mobilisent pour assurer un suivi pédagogique des élèves. Les initiatives se multiplient dans l'enseignement primaire et secondaire pour garder le contact avec les élèves et leur offrir la possibilité d'entretenir leurs connaissances à distance. Certaines écoles utilisent leur site internet ou leur page Facebook comme moyen de communication, d'autres passent par des plateformes de travail collaboratif comme Office 365 ou des outils d'e-learning comme Scoodel. Pour aider les parents à organiser la classe à domicile, des éditeurs de manuels scolaires, comme Hachette ou Nathan, mettent en ligne certaines éditions. L'Ecole des Loisirs publie chaque jour sur son site un programme d'activités, de jeux et de lectures pour les enfants. Les universités basculent en mode " classe virtuelle ", comme l'UCLouvain qui utilise désormais Microsoft Teams à bloc pour garder le lien avec ses étudiants. Les centres de formation comme Technocité, à Mons, font de même en utilisant un outil original : Discord, la plateforme des joueurs de jeux vidéo en ligne qui propose des espaces virtuels dédiés pouvant servir d'interface de vidéoconférence. Démarche originale pour capter l'attention des élèves à distance : l'application Business Royale, créée par Dominique Mangiatordi, est désormais disponible gratuitement pour les enseignants qui veulent créer des quizz interactifs à destination de leurs élèves. Pour garder les élèves en forme tout en respectant le confinement, l'application For My Fit s'adapte à la nouvelle configuration en proposant aux profs d'éducation physique d'" activer " les étudiants à distance via un programme adapté. L'application est gratuite pour les écoles jusqu'au 30 juin. Si vous voulez profiter du confinement pour apprendre à vos enfants de nouvelles compétences comme le codage, l'association Coder Dojo a rassemblé quantité de ressources gratuites sur son site internet pour y initier votre progéniture. L'ASBL CodeNPlay propose aussi chaque jour un challenge en ligne aux apprentis codeurs. Toutes les entreprises ne commercialisent pas des produits ou des services directement exploitables dans le cadre d'une action de solidarité. Mais elles ne veulent pas pour autant rester les bras croisés. Les dons et les collectes de fonds lancées à l'appel des sociétés sont en train de se multiplier. La CEO de la start-up Piximate, Laure Uytdenhoef, tient à participer au mouvement d'entraide qui se met en place. Elle a créé Help Your Friend, un site dédié au soutien à l'horeca, durement touché dès le premier jour par les mesures visant à limiter la propagation du virus. " C'est sans doute une goutte d'eau, mais on ne voulait pas laisser passer cette opportunité de participer à la mobilisation générale. La situation est difficile, mais de belles initiatives apparaissent, dans tous les secteurs. Des choses positives peuvent ressortir de cette crise ", espère Laure Uytdenhoef. Les manifestations de solidarité avec le secteur médical se concrétisent via des dons de matériel indispensable à l'exercice de leur métier. La problématique de la pénurie de masques pousse les entreprises à céder le matériel dont elles disposent au profit du personnel de soins, qui en a un besoin urgent. BNP Paribas a ainsi fait don de 20.000 masques au SPF Santé publique. Orange a donné 2.000 masques à un hôpital. John Cockerill en a donné 4.500 au CHU de Liège. Intermarché Belgique en met 30.000 à disposition des hôpitaux. Dans le même ordre d'idées, la librairie Filigranes versera un euro par commande de livres au CHU Saint-Pierre, qui a lancé un appel aux dons pour acheter des respirateurs. Fermée suite aux dernières mesures gouvernementales, la librairie bruxelloise a mis en place un service de vente en ligne et de livraison à domicile, qui sera donc solidaire du secteur hospitalier. L'ULB et le fonds Erasme lancent de leur côté un appel aux dons. L'objectif est de rassembler un million d'euros pour financer la mise en service de nouvelles unités de soins intensifs à l'hôpital Erasme. Il s'agit en effet de faire face à un nouvel afflux de malades qui risquent d'engorger les capacités actuelles des hôpitaux. Les multinationales aussi se mobilisent, avec forcément des moyens importants. Le réseau social Facebook annonce un don de 100 millions de dollars en faveur de 30.000 PME, dans 30 pays. Cette somme aidera les petites sociétés qui souffrent de la crise en leur apportant un soutien pour payer leurs charges (les loyers notamment) ou pour " se connecter avec leurs consommateurs ", probablement en leur offrant de l'espace publicitaire gratuit sur la plateforme. D'autres entreprises privilégient les dons en nature à l'intention du monde médical, soumis à une rude pression. La jeune pousse Misuko, qui a créé des jus de fruits bios, offre ses stocks aux hôpitaux. Le chocolatier Marcolini, qui a fermé ses boutiques, fait don de ses stocks de chocolats de Pâques aux hôpitaux, dans toutes les villes où il est présent. De quoi apporter un peu de douceur au personnel médical, qui en a bien besoin. Premier opérateur européen et numéro deux mondial dans le secteur de l'aviation d'affaires avec une flotte de 260 appareils, Luxaviation Group vient de lancer une action de solidarité inédite dans le secteur des transports aériens. Baptisée EBASI (pour European Business Aviation Solidarity Initiative), cette opération entend mettre les ressources administratives, financières et logistiques du groupe luxembourgeois au service des opérateurs concurrents pendant toute la crise du coronavirus. Concrètement, Luxaviation Group partagera gratuitement son expertise en matière d'approvisionnement, de pouvoir d'achat et de ressources financières avec les autres compagnies d'aviation d'affaires, leur permettant ainsi de se concentrer uniquement sur leurs activités essentielles. " En tant qu'acteur majeur de l'aviation d'affaires, nous prenons très au sérieux notre responsabilité envers nos clients, nos partenaires et l'ensemble de l'industrie, explique Patrick Hansen, CEO de Luxaviation Group. Nous construisons notre activité sur des ressources qui font défaut aux petits opérateurs pendant le confinement et cette initiative va donc leur permettre de se concentrer sur la sécurité de leurs clients et de leurs actifs, ce qui est primordial pour maintenir l'industrie en aussi bonne santé que possible. " Un beau geste en cette période de crise qui pourrait inspirer des grands acteurs d'autres secteurs d'activité... Musées, théâtres et cinémas fermés. Concerts annulés. Expositions reportées. Le secteur culturel est frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. Privés de scène, les artistes entrent en résistance et tentent de ne pas se faire oublier. Pour conjurer le confinement, certains chanteurs organisent des concerts à domicile visibles sur leur page Facebook, tandis que de grandes institutions déploient de plus gros moyens techniques pour continuer à exister aux yeux du public. Ainsi, le Théâtre royal de La Monnaie a, par exemple, mis en ligne, ce 21 mars, sept de ses productions qui restent disponibles en streaming gratuit jusqu'à la fin des vacances de Pâques. Au-delà des actions individuelles, ce sont surtout les initiatives soli- daires qu'il convient de relayer, comme celle de Culture Quarantaine qui se définit comme " une plateforme de soutien aux artistes en cette période d'isolement ". Sur Facebook, les coordinateurs du projet s'efforcent de rassembler toute une série d'événements culturels - concerts, spectacles, expositions, lectures, performances, etc. - pour donner plus de visibilité aux artistes précarisés. L'idée est de les inviter à livrer une performance en direct, en demandant toutefois au public de les soutenir financièrement via, si possible, " un don solidaire ". De son côté, l'ASBL Brussels Museums a lancé la campagne #MuseumAtHome afin d'encourager les musées à partager leurs richesses sur le Web. Avec cette action, le but est de sensibiliser les visiteurs et les pouvoirs publics à l'importance des musées, mais surtout au travail qui s'y déroule, même lorsque les portes sont closes. Enfin, pour soutenir au mieux les artistes et surtout les lieux qui les accueillent, de nouveaux mots-clés sont apparus récemment sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, les théâtres et autres salles de concerts encouragent en effet les personnes qui ont acheté un billet pour un événement malheureusement annulé à ne pas solliciter de remboursement. En utilisant les hashtags #SauveTonSpectacle ou #JeGardeMaPlace dans leurs messages sur Twitter ou Facebook, les spectateurs signalent qu'ils font don de leur billet aux organisateurs et qu'ils marquent ainsi leur solidarité avec des programmateurs en grande difficulté. La situation de crise sanitaire, forcément anxiogène, doublée d'un confinement forcé, a des impacts psychologiques non négligeables chez de nombreuses personnes. Pour répondre au stress et aux angoisses bien compréhensibles de la population, de nouveaux services se mettent en place. La mutualité Partenamut a ainsi étendu le champ de sa ligne de soutien psychologique. Auparavant réservée aux cas de burn-out professionnel et aux aidants-proches de personnes malades, cette ligne est désormais accessible à toutes les personnes en souffrance psychologique. Des collectifs de psychologues sont également en train de se constituer. Comme Psyformed et psy.Be, qui proposent des lignes d'écoute assurées par des psychologues bénévoles, au profit du personnel médical et paramédical, qui est en première ligne face à la maladie. Plusieurs psychologues se sont également réunis sur la plateforme www.psysolidaires.org pour proposer gratuitement des séances individuelles en ligne à toute personne - employé, entrepreneur, commerçant, etc. - qui souffre de cette mesure socialement et économiquement difficile. Par Gilles Quoistiaux et Frédéric Brébant.