Brussels Airlines n'est pas la compagnie la mieux placée face à la crise du coronavirus. Elle a annoncé aujourd'hui une perte nette de 40,6 millions d'euros pour 2019, sur 1,6 milliard d'euros de vente, en partie due à l'impact de la faillite de Thomas Cook et de la hausse du prix du fuel, malgré une petite croissance des passagers (+1,7%, 10,2 millions).
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Brussels Airlines n'est pas la compagnie la mieux placée face à la crise du coronavirus. Elle a annoncé aujourd'hui une perte nette de 40,6 millions d'euros pour 2019, sur 1,6 milliard d'euros de vente, en partie due à l'impact de la faillite de Thomas Cook et de la hausse du prix du fuel, malgré une petite croissance des passagers (+1,7%, 10,2 millions).Dieter Vranckx, CEO de la compagnie, se veut rassurant : "Nous sommes membre du Lufthansa Group, l'un des transporteurs aériens les mieux financés en Europe, et jouons un rôle important en Belgique, un rôle économique, je pense que le gouvernement en est conscient."Une demande d'aide à l'EtatComme beaucoup d'autres compagnies, Brussels Airlines négocie avec le gouvernement un soutien pour passer la crise. Notre confrère L'Echo a évoqué un montant, 200 millions d'euros, que la compagnie belge refuse de confirmer ou d'indiquer ni un montant, ni les modalités. Lufthansa négocie un soutien similaire avec le gouvernement allemand pour la compagnie Lufthansa. "Nous avons eu hier (mercredi 18 mars ndlr) à une réunion avec le ministre du transport et le cabinet du Premier ministre sur ce sujet" indique Dieter Vranckx.Les réglementations européennes limitent considérablement les aides publiques aux compagnies aériennes, mais le CEO estime que cela ne sera pas un obstacle. "Je suis convaincu que ces règles seront flexibilisées dans les jours ou les semaines qui viennent", vu la crise exceptionnelle du coronavirus, "qui est une combinaison de toutes les crises que nous avons connues : 2008, attentats à Bruxelles et 11 septembre."Chômage temporaire à 100% En attendant, Brussels Airlines entre littéralement en hibernation (au printemps). A partir du 21 mars, elle arrête tous les vols pendant 4 semaines, avec l'espoir de revenir en service à partir du 20 avril. "Face à la multiplication des restrictions de vols, nous avons décidé, lundi soir, d'arrêter de manière contrôlée les vols, à partir de vendredi fin de journée jusqu'au 19 avril." Chaque jour il y a plus de "travel ban" (restrictions de vols). "A ce jour, 37 pays sont impactés, dont 8 appliquent une interdiction totale, 23 des limitations lourdes. Cela n'arrête pas." Pour réduire l'utilisation du cash au maximum, le personnel est mis à 100% en chômage temporaire, "sauf quelques exceptions pour la vente de tickets et pour opérer des vols de rapatriement" continue Dieter Vranckx. L'effectif total dépasse les 4.000 personnes. Les coûts ne sont pas tous supprimés pour autant. "Les gros frais sont la location des avions, et les frais fixes comme les bâtiments, l'électricité."Une longueur d'avanceLe patron de Brussels Airlines estime avoir une longueur d'avance sur la recherche d'économies car la compagnie a lancé, depuis la fin 2019, un plan "Reboot", pour réduire les coûts et viser une marge opérationnelle de 8% d'ici 2022. "Nous étions justement en train de négocier, avant le coronavirus, avec les loueurs d'avions, pour réduire les coûts, c'est un élément important du plan Reboot." Il a aussi été très prompt, dès le début de la crise, à demander le chômage temporaire, d'abord pour 30% du personnel, 100% maintenant. "Nous étions la première compagnie en Europe à obtenir l'accord d'un gouvernement pour cette mesure" continue Dieter Vranckx, qui remercie le fédéral "d'avoir été rapide."Il y a encore des réservationsLa bonne nouvelle est que les réservations "continuent malgré tout à rentrer". "Pour les mois de juin, juillet, jusqu'en décembre" indique le CEO. "Si l'on compare avec la même période que l'an dernier, il y a bien sûr une chute, de l'ordre de 60%." Il y a donc de l'argent qui rentre dans les caisses et des voyageurs prêts à repartir.