Une première commerciale à l'accent danois s'est installée au pays de Herve. Dans la commune liégeoise de Fléron se dresse désormais une enseigne Børneloppen, projet de Cassandre Jouret. Cette trentenaire dynamique a troqué sa casquette de consultante chez PwC pour celle de franchisée d'une chaîne de boutiques de seconde main thématiques passant à l'international. Børneloppen... Derrière ce jeu de mots scandinave autour du marché aux puces pour enfants, se cache une entreprise fondée notamment par deux mamans et Bo Zoffmann, le "Mr McDonald's du Danemark" qui a aidé la multinationale de la restauration rapide à s'installer dans la péninsule
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Une première commerciale à l'accent danois s'est installée au pays de Herve. Dans la commune liégeoise de Fléron se dresse désormais une enseigne Børneloppen, projet de Cassandre Jouret. Cette trentenaire dynamique a troqué sa casquette de consultante chez PwC pour celle de franchisée d'une chaîne de boutiques de seconde main thématiques passant à l'international. Børneloppen... Derrière ce jeu de mots scandinave autour du marché aux puces pour enfants, se cache une entreprise fondée notamment par deux mamans et Bo Zoffmann, le "Mr McDonald's du Danemark" qui a aidé la multinationale de la restauration rapide à s'installer dans la péninsule L'atout de la franchise? Les clients peuvent louer en ligne des étagères pour y écouler leurs propres articles (vêtements, accessoires, matériel de puériculture) et suivre en temps réel l'évolution des ventes via une plateforme digitale garantie user-friendly. C'est d'ailleurs ce dernier point qui a aidé Cassandre à se lancer dans l'aventure. "Les fondateurs de Børneloppen ont développé un logiciel informatique sur mesure, très intuitif et facile d'utilisation, explique-t-elle. Ils l'ont optimisé au fil des années, et continuent toujours de l'adapter aux nouveaux problèmes et besoins rencontrés. Je sais le temps et l'argent que ça peut coûter de développer quelque chose d'aussi performant et adéquat: une à deux années et quelques centaines de milliers d'euros. Cela n'aurait pas du tout été le même projet si j'avais dû le mener seule", estime la nouvelle gérante, forte de son expérience professionnelle dans la transformation digitale. La plateforme IT de Børneloppen reprend en effet toutes les interfaces nécessaires, du site web pour la réservation des stands à l'espace client pour gérer son portefeuille en ligne, en passant évidemment par le système de paiement. L'innovation de l'enseigne de Copenhague est d'avoir digitalisé avec pertinence et efficacité un marché de niche, celui de la petite enfance, en surmontant grâce au magasin physique les limites de l'e-commerce d'occasion (vérification de l'état, essayage ou encore échange). On peut également y ajouter une activité promotionnelle menée principalement via un marketing digital pour le moins intensif. La franchise bénéficie en effet d'une belle communauté sur les réseaux sociaux, rassemblant des dizaines de milliers d'abonnés sur Instagram ou Facebook. En tant que franchisée belge, Cassandre Jouret joue un rôle central et devient en quelque sorte l'égérie de la marque chez nous. Elle doit assurer une communication digitale en mode influenceuse, se mettant personnellement en scène pour engager et maintenir le dialogue avec les utilisateurs. A titre indicatif, la jeune page Børneloppen Liège compte déjà près de 3.500 abonnés sur Facebook. "Ils sont très forts en marketing, avec là aussi des années d'expérience dont je peux bénéficier sous forme de coaching personnel quasi quotidien, mais aussi en ayant accès à tout ce qu'ils ont déjà produit comme contenu, format", souligne la gérante.Optant pour un modèle de franchise assez classique en 2018, les Børneloppen ont rapidement essaimé au Danemark. L'entreprise lorgne désormais la Suède, en parallèle au marché belge, Il semble en tout cas y avoir un potentiel de croissance de la success story danoise en Wallonie. Et il ne serait pas impossible de voir l'enseigne se démultiplier à court terme. "Ça reste une petite famille où il y a encore beaucoup de place non seulement pour des initiatives mais aussi pour aider à développer la franchise elle-même, indique Cassandre Jouret. Je peux en effet m'appuyer dessus mais tout en ayant plus de liberté que dans une autre franchise beaucoup plus établie." En tout cas, le Børneloppen wallon ne craint ni la concurrence des apps, comme Vinted et Marketplace, avec lesquelles le concept compte cohabiter comme au Danemark, ni le risque de donner de bonnes idées à d'autres commerçants. "Il y a énormément de copycats sur le marché danois mais aussi dans d'autres pays où des personnes collectent les infos et reproduisent le modèle sans passer par Børneloppen, poursuit l'entrepreneuse. Mais en général, ces copies ne durent pas. Les fondateurs de la franchise s'attendent à ce que ce phénomène d'imitation se développe aussi en Belgique, mais ils comptent également sur le fait que mon magasin serve en quelque sorte de porte d'entrée." Ambassadrice de l'économie circulaire et du "recyclage à hauteur d'enfants", Børneloppen se revendique entreprise à impact, plaidant pour la transformation des habitudes de consommation dans l'une des industries les plus destructrices écologiquement parlant. Sur cet aspect-là également, Cassandre Jouret fait valoir un avantage concurrentiel. "Nous ne sommes pas une entreprise polluante qui se lance dans des actions sur le côté pour l'environnement, c'est une société dont la vocation est d'avoir un impact positif. Pour rendre cet aspect plus tangible, nous avons déjà sur le site un calculateur d'impact environnemental en temps réel. Basé sur une étude du panier moyen incluant le type de produits et les matériaux qui les composent, le système de comptage a été établi et validé par Deloitte pour un résultat au plus proche de la réalité. Et sur chaque ticket de caisse, le client verra l'impact en CO2 de ses achats", précise la franchisée, ajoutant que les équipes Børneloppen travaillent encore pour rendre tous ces chiffres moins abstraits. Se lancer à la tête d'un Børneloppen en Belgique n'est toutefois pas anodin. Il ne suffit pas de trouver une surface commerciale et quelques étagères Ikea puis d'installer le logiciel de vente. Le projet s'accompagne de vrais défis. "J'ai dû réfléchir à la manière avec laquelle j'allais financer ce projet novateur, ponctue la pionnière. Comme il n'était pas connu, il a fallu trouver le bon angle de présentation afin de bien faire comprendre son objectif. On a aussi travaillé avec les consultants d'Eklo à Liège sur les aspects 'création d'emploi' mais aussi environnementaux. Le fait d'être une starter, dans le secteur textile, n'était en tout cas pas très attrayant pour les banques: certaines refusaient mon projet sans même ouvrir le dossier."