Maximiser l'autoconsommation

La batterie a la taille d'un petit frigo. Grégory Meys, cofondateur de la start-up Destore qui la produit, propose de la placer dans le local à chaudière des habitations unifamiliales et des immeubles à appartements ou de bureaux. L'objectif est double: améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et faciliter l'autoconsommation de la production énergétique réalisée grâce à des pompes à chaleur ou des panneaux photovoltaïques. Plus généralement, les batteries thermiques servent à conserver de la chaleur ou du froid pour subvenir aux besoins ultérieurs de chauffage ou de climatisation. Elles permettent également de transfor...

La batterie a la taille d'un petit frigo. Grégory Meys, cofondateur de la start-up Destore qui la produit, propose de la placer dans le local à chaudière des habitations unifamiliales et des immeubles à appartements ou de bureaux. L'objectif est double: améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et faciliter l'autoconsommation de la production énergétique réalisée grâce à des pompes à chaleur ou des panneaux photovoltaïques. Plus généralement, les batteries thermiques servent à conserver de la chaleur ou du froid pour subvenir aux besoins ultérieurs de chauffage ou de climatisation. Elles permettent également de transformer le surplus d'électricité en chaleur. "Notre batterie est capable de stocker l'équivalent de 6 à 8 heures de consommation thermique. Cela sert à produire la chaleur quand l'énergie est disponible et moins chère", explique Grégory Meys. Sa solution de stockage devrait être prête en 2023. L'équipe de recherche du thermodynamicien de l'ULiège Vincent Lemort travaille sur une idée de ce type. Elle consiste à transformer l'électricité grâce à une pompe à chaleur réversible, puis à retransformer cette chaleur en électricité. "Cette méthode a l'avantage de coûter moins cher, d'avoir une meilleure durée de vie et de ne pas utiliser de matériaux rares ni néfastes pour l'environnement", explique le professeur. D'autres sont à un stade un peu plus avancé. On peut citer la batterie Flamco composée de sel inorganique ou la Inelio à base de capsules réactives remplies de gaz. Le boiler électrique lié à la chaudière est en fait déjà une forme de batterie thermique. "Le boiler permet de chauffer de l'eau entre 20 et 60 °C et de garder cette chaleur dans la durée sans consommer d'énergie", ajoute Vincent Lemort. Le stockage thermique peut aussi être intégré dans des processus industriels. Des batteries à base de sels fondus, de la roche ou de l'huile permettent notamment de conserver des températures de plusieurs centaines de degrés Celsius. Des applications mobiles sont également possibles. Vincent Lemort prend l'exemple des véhicules électriques. "Si une batterie électrique est trop froide, elle perd en capacité et en puissance. Si elle est trop chaude, elle risque de se dégrader. Il faut donc maintenir la batterie dans une plage de température entre 20 et 40 °C. Si on peut stocker de la chaleur ou du froid dans le véhicule pour chauffer ou refroidir l'habitacle ou la batterie, cela permet d'augmenter l'autonomie du véhicule." Le système énergétique se dirige vers un mix de plus en plus renouvelable. Dans ce cadre, le stockage devient un pilier de la sécurité d'approvisionnement. "D'autant plus que la législation devrait, ces prochaines années, inciter à l'autoconsommation. Ou tout le moins dissuader les producteurs d'énergie de renvoyer leur électricité dans le réseau via un système de taxation", conclut Grégory Meys.