En 2022, le marché de l'aéronautique a retrouvé ses couleurs de 2019, celles d'avant la pandémie. Et pour Boeing, ce fut même le niveau que 2018, soit avant le crash de deux 737Max.
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En 2022, le marché de l'aéronautique a retrouvé ses couleurs de 2019, celles d'avant la pandémie. Et pour Boeing, ce fut même le niveau que 2018, soit avant le crash de deux 737Max. Airbus a conservé son leadership (le consortium européen a livré 661 avions civils, contre 480 pour Boeing) mais l'écart est moins évident au niveau des commandes. Ainsi, Airbus a réalisé une année magnifique avec 1.078 commandes, soit 307 de plus qu'en 2021 et 143 au-delà de Boeing (935). Mais si on déduit les annulations, l'écart est minime: 820 contre 808.Les deux constructeurs auraient même pu faire beaucoup mieux encore si leurs sous-traitants (parfois communs! ) étaient parvenus à suivre la cadence. Des difficultés d'approvisionnement qui vont certainement encore se poursuivre cette année. A la crise de la demande liée aux mesures prises pour lutter contre la pandémie a succédé une crise de l'offre. Chez Airbus par exemple, on n'a pas atteint ses objectifs de livraison en 2022, pourtant raisonnables (720). La production de l'A220 est restée stable (53 appareils contre 50 en 2021) et celle de la famille A320 a échoué à plus de 100 unités de l'objectif (516). Le groupe européen espère cependant grimper à 75 A320 par mois en 2025 dans ce créneau des monocouloirs moyens-courriers qui reste, et de loin, le plus courtisé. De son côté, miné par les problèmes des 787 et des 737Max, Boeing a bien tiré son épingle dans le jeu des avions-cargos (238 commandes pour 63 à Airbus) et reste solide sur le créneau des gros-porteurs longs-courriers.