La grève a été reconduite pour quelques heures voire quelques jours sur les cinq sites du groupe. Certains sites comptent ainsi poursuivre le mouvement jusqu'à faire la jonction avec la journée de "mobilisation et de grève" interprofessionnelle prévue mardi à laquelle ont appelé les syndicats CGT, FO, Solidaires et la FSU.

En revanche, la grève a été levée successivement jeudi et vendredi dans les deux seules raffineries du groupe Esso-ExxonMobil en France, à Fos-sur-Mer (Sud) puis à Gravenchon, en Normandie (Nord-Ouest) après la conclusion d'un accord salarial mardi.

Mais il faudra "deux à trois semaines" pour retrouver une "situation de marche normale", a prévenu le groupe.

Outre les automobilistes, et tout particulièrement les professionnels de santé, qui continuaient vendredi leur quête de carburant un peu partout en France, de nombreux agriculteurs redoutent désormais de ne pas être en mesure de réaliser leurs semis de céréales d'hiver à temps, faute de carburant, surtout dans le nord du pays.

Le président des artisans du bâtiment (CAPEB) Jean-Christophe Repon, a demandé quant à lui au gouvernement la possibilité de recourir à des "mesures d'activité partielle" dans les régions les plus touchées.

De son côté, le gouvernement est resté sur la ligne évoquée cette semaine par le président de la République Emmanuel Macron, avec un "retour à la normale pour les automobilistes attendu dans la semaine qui vient", selon les services de la Première ministre Elisabeth Borne vendredi soir.

A 13 heures vendredi, après les réquisitions de personnel opérées sur ordre du gouvernement, le nombre de stations-services rencontrant des difficultés d'approvisionnement avait légèrement régressé, à 28,5% contre 29,2% jeudi soir, selon le ministère de la Transition énergétique.

La situation s'est améliorée dans les Hauts-de-France (Nord), région qui fut la plus touchée par les pénuries de carburants, et en région parisienne, mais elle reste tendue, toujours selon le ministère, en particulier dans le Centre-Val-de-Loire avec 42,2% des stations-services en difficulté.

Plusieurs recours ont été déposés par la CGT contre les réquisitions de personnel devant les tribunaux administratifs.

Chez TotalEnergies, à l'issue de négociations nocturnes conviées pour la première fois depuis le début de la grève le 27 septembre sous la pression du gouvernement, le compromis salarial a été signé à la mi-journée par la CFDT et la CFE-CGC, majoritaires.

Généralisation

Les deux syndicats se sont déclarés favorables à la proposition de la direction d'une hausse de 7% de salaire sur 2023 rétroactive au 1er novembre 2022.

Mais cette offre comprend des "augmentations individuelles" et une "évolution de la prime d'ancienneté", ce qui ramène en fait à 5% "l'augmentation générale des salaires", assure Philippe Martinez, le numéro un de la CGT.

Le syndicat réclame pour sa part une hausse de 10%, correspondant à "l'inflation, plus le partage des richesses, puisque Total se porte bien et que les actionnaires ont été servis depuis longtemps", selon M. Martinez.

L'accord "ne changera rien à l'état d'esprit et à la détermination des grévistes", a cependant prévenu Alexis Antonioli, secrétaire général CGT de la plateforme TotalEnergies Normandie, espérant désormais "la généralisation du mouvement".

Au risque de susciter un mécontentement grandissant dans la population: seule une minorité de Français (37%) soutient le conflit social, selon un sondage de l'institut BVA publié vendredi.

Dans la perspective de la journée de grève interprofessionnelle prévue mardi, des appels à la "grève générale" ont été lancés, notamment dans les transports (SNCF, RATP, dockers) et dans la fonction publique.

Des partis de gauche, des ONG et syndicats vont aussi défiler dès dimanche à Paris, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la Nupes (coalition de partis de gauche), contre "la vie chère et l'inaction climatique", avec l'espoir d'ouvrir un nouveau front contre le gouvernement.

La France est "une véritable bouilloire" avec une "colère sociale profondément ancrée", a commenté auprès de l'AFP Guy Groux, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po.

La grève a été reconduite pour quelques heures voire quelques jours sur les cinq sites du groupe. Certains sites comptent ainsi poursuivre le mouvement jusqu'à faire la jonction avec la journée de "mobilisation et de grève" interprofessionnelle prévue mardi à laquelle ont appelé les syndicats CGT, FO, Solidaires et la FSU.En revanche, la grève a été levée successivement jeudi et vendredi dans les deux seules raffineries du groupe Esso-ExxonMobil en France, à Fos-sur-Mer (Sud) puis à Gravenchon, en Normandie (Nord-Ouest) après la conclusion d'un accord salarial mardi. Mais il faudra "deux à trois semaines" pour retrouver une "situation de marche normale", a prévenu le groupe.Outre les automobilistes, et tout particulièrement les professionnels de santé, qui continuaient vendredi leur quête de carburant un peu partout en France, de nombreux agriculteurs redoutent désormais de ne pas être en mesure de réaliser leurs semis de céréales d'hiver à temps, faute de carburant, surtout dans le nord du pays.Le président des artisans du bâtiment (CAPEB) Jean-Christophe Repon, a demandé quant à lui au gouvernement la possibilité de recourir à des "mesures d'activité partielle" dans les régions les plus touchées.De son côté, le gouvernement est resté sur la ligne évoquée cette semaine par le président de la République Emmanuel Macron, avec un "retour à la normale pour les automobilistes attendu dans la semaine qui vient", selon les services de la Première ministre Elisabeth Borne vendredi soir.A 13 heures vendredi, après les réquisitions de personnel opérées sur ordre du gouvernement, le nombre de stations-services rencontrant des difficultés d'approvisionnement avait légèrement régressé, à 28,5% contre 29,2% jeudi soir, selon le ministère de la Transition énergétique.La situation s'est améliorée dans les Hauts-de-France (Nord), région qui fut la plus touchée par les pénuries de carburants, et en région parisienne, mais elle reste tendue, toujours selon le ministère, en particulier dans le Centre-Val-de-Loire avec 42,2% des stations-services en difficulté. Plusieurs recours ont été déposés par la CGT contre les réquisitions de personnel devant les tribunaux administratifs. Chez TotalEnergies, à l'issue de négociations nocturnes conviées pour la première fois depuis le début de la grève le 27 septembre sous la pression du gouvernement, le compromis salarial a été signé à la mi-journée par la CFDT et la CFE-CGC, majoritaires.GénéralisationLes deux syndicats se sont déclarés favorables à la proposition de la direction d'une hausse de 7% de salaire sur 2023 rétroactive au 1er novembre 2022.Mais cette offre comprend des "augmentations individuelles" et une "évolution de la prime d'ancienneté", ce qui ramène en fait à 5% "l'augmentation générale des salaires", assure Philippe Martinez, le numéro un de la CGT.Le syndicat réclame pour sa part une hausse de 10%, correspondant à "l'inflation, plus le partage des richesses, puisque Total se porte bien et que les actionnaires ont été servis depuis longtemps", selon M. Martinez.L'accord "ne changera rien à l'état d'esprit et à la détermination des grévistes", a cependant prévenu Alexis Antonioli, secrétaire général CGT de la plateforme TotalEnergies Normandie, espérant désormais "la généralisation du mouvement".Au risque de susciter un mécontentement grandissant dans la population: seule une minorité de Français (37%) soutient le conflit social, selon un sondage de l'institut BVA publié vendredi.Dans la perspective de la journée de grève interprofessionnelle prévue mardi, des appels à la "grève générale" ont été lancés, notamment dans les transports (SNCF, RATP, dockers) et dans la fonction publique.Des partis de gauche, des ONG et syndicats vont aussi défiler dès dimanche à Paris, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la Nupes (coalition de partis de gauche), contre "la vie chère et l'inaction climatique", avec l'espoir d'ouvrir un nouveau front contre le gouvernement.La France est "une véritable bouilloire" avec une "colère sociale profondément ancrée", a commenté auprès de l'AFP Guy Groux, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po.