Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump a promis d'investir 1.000 milliards de dollars dans les infrastructures une fois élu. "Il va d'abord falloir attendre de voir si le projet passe au Congrès, déclare Philippe Gijsels, responsable stratégie chez BNP Paribas Fortis. Barack Obama s'était retrouvé pieds et poings liés par les représentants républicains qui surveillent scrupuleusement le plafond de la dette américaine." Philippe Gijsels s'interroge : "si c'est tellement évident", pourquoi les Etats-Unis n'ont-ils pas investi plus tôt dans les infrastructures ? Les travaux à réaliser sont connus depuis longtemps. Songez aux canalisations d'eau en bois à New York, qui fuitent de tous côtés.
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Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump a promis d'investir 1.000 milliards de dollars dans les infrastructures une fois élu. "Il va d'abord falloir attendre de voir si le projet passe au Congrès, déclare Philippe Gijsels, responsable stratégie chez BNP Paribas Fortis. Barack Obama s'était retrouvé pieds et poings liés par les représentants républicains qui surveillent scrupuleusement le plafond de la dette américaine." Philippe Gijsels s'interroge : "si c'est tellement évident", pourquoi les Etats-Unis n'ont-ils pas investi plus tôt dans les infrastructures ? Les travaux à réaliser sont connus depuis longtemps. Songez aux canalisations d'eau en bois à New York, qui fuitent de tous côtés. C'est la première fois depuis 1982 que les républicains ont la mainmise à la fois sur la Maison-Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat. Mais toute la question est de savoir dans quelle mesure Donald Trump pourra mettre à exécution ses plans d'investissement. Prochaine étape Pour Philippe Gijsels, ces dépenses publiques apparaissent comme "une suite logique". "Cela fait un petit temps que les banques centrales clament leur impuissance et demandent aux politiques de prendre leurs responsabilités", fait remarquer le stratégiste. La politique d'argent facile des banques centrales a en effet permis aux autorités de gagner du temps pour redresser leurs finances et mener les réformes économiques nécessaires, bien que les effets de ces dernières semblent encore parfois se faire attendre. Le plan Juncker destiné à stimuler les investissements en Europe est certes un peu plus modeste que le plan envisagé par Donald Trump, mais il n'est pas moins impressionnant pour autant. L'Union européenne compte en effet investir 500 milliards d'euros à l'horizon 2020. "Jean-Claude Juncker a été élu au poste de président de la Commission européenne il y a deux ans en raison de son plan d'investissement. On commence à en voir les fruits. La Commission a d'ailleurs expliqué dans une récente présentation où étaient partis, par pays, les 138 milliards d'euros qui ont déjà été investis", souligne Vincent Juvyns, stratège chez JP Morgan Asset Management. Cet argent a principalement été investi dans des infrastructures durables, innovantes. Il semblerait aussi que de plus en plus d'Etats membres mettront la main à la poche. La chancelière allemande Angela Merkel a ainsi récemment déclaré que l'Allemagne s'engageait à investir davantage dans les routes, le réseau ferroviaire, la large bande et l'enseignement en 2017, et ce sans contracter de nouvelles dettes. La revue The Economist et d'autres faiseurs d'opinion suppliaient Angela Merkel déjà il y a deux ans d'investir afin de sortir l'économie européenne de l'ornière. Esprits politiques "Investir dans les infrastructures, c'est investir dans la croissance potentielle à long terme, estime Luc Aben, économiste en chef chez Van Lanschot Bankiers. Ces investissements renforcent l'efficience et la productivité. Une politique budgétaire plus axée sur la croissance et moins sur les économies aurait pour effet de doper les investissements. Et les politiques européennes semblent progressivement emprunter cette direction. Il faut dire que le Brexit a servi de signal d'alarme, mettant en évidence la nécessité d'une riposte politique en Europe face aux courants populistes." Toujours selon Luc Aben, la croissance spectaculaire de la démographie mondiale et l'urbanisation exigent des investissements massifs dans les infrastructures un peu partout dans le monde. Patrick Moonen, de NN Investment Partners, voit quant à lui l'intérêt des investisseurs basculer des entreprises défensives offrant un dividende relativement prévisible vers des entreprises cycliques. Selon lui, cette tendance devrait se poursuivre sous l'impulsion de données macro-économiques plus positives, de l'augmentation des taux, de la hausse des prix des matières premières et du retour à un meilleur équilibre entre politiques monétaire et budgétaire, ce qui ne peut que créer un environnement propice à investir dans les infrastructures.