La hausse des prix concernera-t-elle aussi les tarifs bancaires? Ce début d'année est tout cas loin d'être encourageant pour le consommateur. Nourrie par une augmentation sans précédent des prix de l'énergie, l'inflation a bondi en janvier de 7,6% sur base annuelle, soit son niveau le plus élevé depuis 40 ans.
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La hausse des prix concernera-t-elle aussi les tarifs bancaires? Ce début d'année est tout cas loin d'être encourageant pour le consommateur. Nourrie par une augmentation sans précédent des prix de l'énergie, l'inflation a bondi en janvier de 7,6% sur base annuelle, soit son niveau le plus élevé depuis 40 ans. Surprise par cette hausse ininterrompue de l'inflation, la Banque centrale européenne (BCE) continue de temporiser. Nettement moins déterminée dans sa politique monétaire que la banque centrale américaine (la Fed), qui prévoit un premier relèvement de taux pour le mois de mars, l'institution de Francfort prépare les marchés à un changement de paradigme... mais pas pour tout de suite. Malgré l'envolée des prix de l'énergie à laquelle vient s'ajouter l'inflation de second tour, par les salaires, elle ne parle pas encore d'une hausse de taux. Au point de tout doucement irriter nos banquiers. "Alors que l'inquiétude augmente de voir persister une inflation élevée dans la zone euro, il est étrange que la BCE continue de temporiser quand d'autres banques centrales sont entrées en action pour juguler l'inflation élevée", jugent les experts de Belfius. La situation est en effet particulière pour les banques, comme le fait remarquer Eric Dor, professeur à l'IESEG (Lille): "La conjonction d'une inflation forte et de taux d'intérêt qui n'augmentent pas dans la même proportion est une donne un peu ennuyeuse pour le secteur bancaire. Au-delà des coûts énergétiques qui augmentent comme partout, c'est un secteur où le coût salarial reste important malgré les efforts de digitalisation. En contrepartie, les revenus nets d'intérêt n'augmentent que très peu puisque la BCE continue de comprimer les taux à court et à long terme." Est-il possible de compenser cela en augmentant d'autres sources de revenus, comme les frais de tenue de compte ou les commissions? "Un certain attentisme devrait s'observer à cause de la concurrence mais de nouvelles hausses tarifaires ne sont pas à exclure, estime Eric Dor. D'autant que la forte inflation pourrait aussi mettre à mal la capacité de remboursement des ménages qui ont emprunté, et augmenter le taux de défaut sur les prêts immobiliers ou à la consommation. Ce n'est pas très bon pour la rentabilité du secteur." Reste que les banques ne sont certainement pas à plaindre pour le moment. Sortant gagnant de la pandémie, le secteur se porte bien, comme en témoignent notamment les excellents résultats publiés ces jours-ci par BNP Paribas. La première banque européenne a engrangé l'an dernier un bénéfice en forte croissance de 9,5 milliards d'euros, celui (avant impôt) de sa grosse filiale belge BNP Paribas Fortis frôlant le milliard.