La préoccupation numéro un des marchés, c'est la déflation. En deux mois, l'inflation annuelle a été divisée par trois dans la zone euro (de 1,2% à 0,4%) et par huit aux Etats-Unis (de 2,3% à 0,3%). Outre-Atlantique, il est même question de déflation depuis le début de cette année.
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La préoccupation numéro un des marchés, c'est la déflation. En deux mois, l'inflation annuelle a été divisée par trois dans la zone euro (de 1,2% à 0,4%) et par huit aux Etats-Unis (de 2,3% à 0,3%). Outre-Atlantique, il est même question de déflation depuis le début de cette année. Le principal risque est que cette récente baisse des prix, largement liée au plongeon du pétrole, dérive en spirale déflationniste. Que les ménages et entreprises n'utilisent pas leur gain de pouvoir d'achat pour dépenser plus, mais pour épargner. Notamment afin de reconstituer leurs réserves après une période de perte de revenus comme durant ce confinement. La baisse des dépenses finit alors par se répercuter sur l'activité économique, les salaires et donc à nouveau sur les prix. Une telle spirale déflationniste est particulièrement tenace, car elle s'accompagne d'une perte de confiance et renchérit le poids des dettes. La Longue Dépression (1873-1896) et la Grande Dépression (1929-1939) ont ainsi été accompagnées d'importants épisodes déflationnistes. " La déflation est un ogre qu'il faut combattre fermement ", avait ainsi déclaré Christine Lagarde quand elle dirigeait le Fonds monétaire international. L'exemple du Japon démontre toutefois qu'on ne vainc pas la déflation. On peut éviter de l'aggraver comme l'avait fait la Réserve fédérale américaine au début des années 1930. On peut tenter de la contrôler. Mais le résultat est une croissance modeste pendant de longues années, comme vient de l'évoquer Jerome Powell, président de la Fed . Pour l'investisseur, cela signifie des taux bas pendant encore très très très longtemps.