"Il n'y a plus nulle part où se cacher", ce sont les propos alarmants de Nicolai Tangen, le directeur général de Norges Bank Investment Management, qui pilote le plus grand fonds de pension au monde. Le fonds souverain norvégien (ex-"Fonds pétrolier de Norvège") gère 1.200 milliards d'euros d'actifs.

Nicolai Tangen dit s'attendre à des conditions de marchés difficiles en raison de l'évolution de la situation géopolitique et de l'inflation. "La probabilité d'un scénario d'horreur où le fonds chute de 40 % a augmenté", a-t-il déclaré devant l'assemblée législative monocamérale de Norvège, à Oslo, rapporte La Tribune.

Le fonds norvégien, qui investit tous ses actifs en actions et obligations étrangères, ainsi que sur les marchés immobiliers et dans des projets d'énergies renouvelables, n'a "nulle part où se cacher" et doit gérer les risques liés à son exposition aux marchés mondiaux, a poursuivi Nicolai Tangen.

"Nulle part où se cacher"

Auditionné par la commission des finances du Storting (l'assemblée nationale) pour le rapport annuel du gouvernement sur la gestion du "fonds pétrolier", Nicolai Tangen a expliqué aux élus du "Storting" (ou "grande assemblée"), les raisons de son pessimisme, rapporte le quotidien économique norvégien Dagens Næringsliv ("Today's Business"). "À peine avions-nous commencé à mettre la pandémie de Covid derrière nous en imaginant que tout redeviendrait "normal", que ça s'est encore rétréci. Après le Covid qui a durement affecté notre fonds, l'invasion de l'Ukraine par la Russie fera de même."

"La probabilité d'un scénario d'horreur où le fonds chute de 40 % a augmenté"

Le directeur du fond va encore plus loin dans ses déclarations : "Les conséquences géopolitiques de la guerre sont difficiles à prédire mais nous allons sans doute au-devant des plus importants changements depuis trente ans."" Précisant : "Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés."

"La stagflation est le pire que l'on puisse imaginer"

Pour Nicolai Tangen, la hausse des prix, déjà bien enclenchée avant la guerre en Ukraine, a continué de s'accélérer alors que les taux d'intérêt sont très bas et que les cours des actions restent élevés. Mais, pour lui, il y a pire que l'inflation rapporte encore La Tribune. Avec une inflation élevée et une faible croissance économique, c'est le risque de "stagflation" qui menace. Ce risque a augmenté au cours des six derniers mois. "La stagflation est le pire que l'on puisse imaginer", selon lui. "Tout cela mis bout à bout signifie que nous allons au-devant d'une période agitée", a-t-il prédit.

Par ailleurs, le fonds souverain norvégien n'est actuellement pas en mesure de vendre son portefeuille d'actions russes car le marché de ces actifs ne fonctionne pas et de nombreuses entreprises figurent sur des listes de sanctions mondiales, a déclaré le PDG du fonds. Le fonds détenait des actions russes d'une valeur de quelque 27 milliards de couronnes norvégiennes (2,86 milliards de dollars) à la fin de 2021, soit 0,2 % de sa valeur totale, mais a depuis déclaré que la valeur de ces actifs avait chuté d'au moins 90%.

En tant que patron du fonds souverain norvégien, Tangen supervise environ 1.000 milliards de dollars d'actions, ce qui représente environ 72 % du portefeuille total. Le reste est dans les obligations, l'immobilier et les infrastructures d'énergie renouvelable. L'ancien patron de fonds spéculatifs de 55 ans s'occupe de l'épargne collective des Norvégiens depuis fin 2020, rappelle La Tribune. Il a promis au gouvernement norvégien de transformer le fonds, qui a été construit à partir des richesses en combustibles fossiles du pays, en un leader mondial dans l'investissement responsable (ESG).

Le rendement du fonds reste solide

Pour le moment, le rendement du fonds se montre solide du fait de la reprise des marchés boursiers en 2020 et 2021 l'amenant bien au-delà des 12.000 milliards de couronnes norvégiennes, analyse le journal français. La Banque centrale de Norvège avait toutefois indiqué le 24 avril dernier que le fond avait subi une perte de quelque 68 milliards d'euros au premier trimestre du fait des turbulences financières liées notamment à la guerre en Ukraine.

Alimenté par les revenus pétroliers de l'État norvégien, l'énorme bas de laine a chuté de presque 5% (-4,9%), voyant sa valeur tomber à 11.657 milliards de couronnes (1.216 milliards d'euros). "Le premier trimestre a été caractérisé par des troubles géopolitiques qui ont affecté les marchés", a expliqué le numéro deux du fonds, Trond Grande, cité dans un communiqué.

"Il n'y a plus nulle part où se cacher", ce sont les propos alarmants de Nicolai Tangen, le directeur général de Norges Bank Investment Management, qui pilote le plus grand fonds de pension au monde. Le fonds souverain norvégien (ex-"Fonds pétrolier de Norvège") gère 1.200 milliards d'euros d'actifs. Nicolai Tangen dit s'attendre à des conditions de marchés difficiles en raison de l'évolution de la situation géopolitique et de l'inflation. "La probabilité d'un scénario d'horreur où le fonds chute de 40 % a augmenté", a-t-il déclaré devant l'assemblée législative monocamérale de Norvège, à Oslo, rapporte La Tribune. Le fonds norvégien, qui investit tous ses actifs en actions et obligations étrangères, ainsi que sur les marchés immobiliers et dans des projets d'énergies renouvelables, n'a "nulle part où se cacher" et doit gérer les risques liés à son exposition aux marchés mondiaux, a poursuivi Nicolai Tangen."Nulle part où se cacher"Auditionné par la commission des finances du Storting (l'assemblée nationale) pour le rapport annuel du gouvernement sur la gestion du "fonds pétrolier", Nicolai Tangen a expliqué aux élus du "Storting" (ou "grande assemblée"), les raisons de son pessimisme, rapporte le quotidien économique norvégien Dagens Næringsliv ("Today's Business"). "À peine avions-nous commencé à mettre la pandémie de Covid derrière nous en imaginant que tout redeviendrait "normal", que ça s'est encore rétréci. Après le Covid qui a durement affecté notre fonds, l'invasion de l'Ukraine par la Russie fera de même."Le directeur du fond va encore plus loin dans ses déclarations : "Les conséquences géopolitiques de la guerre sont difficiles à prédire mais nous allons sans doute au-devant des plus importants changements depuis trente ans."" Précisant : "Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés."Pour Nicolai Tangen, la hausse des prix, déjà bien enclenchée avant la guerre en Ukraine, a continué de s'accélérer alors que les taux d'intérêt sont très bas et que les cours des actions restent élevés. Mais, pour lui, il y a pire que l'inflation rapporte encore La Tribune. Avec une inflation élevée et une faible croissance économique, c'est le risque de "stagflation" qui menace. Ce risque a augmenté au cours des six derniers mois. "La stagflation est le pire que l'on puisse imaginer", selon lui. "Tout cela mis bout à bout signifie que nous allons au-devant d'une période agitée", a-t-il prédit.Par ailleurs, le fonds souverain norvégien n'est actuellement pas en mesure de vendre son portefeuille d'actions russes car le marché de ces actifs ne fonctionne pas et de nombreuses entreprises figurent sur des listes de sanctions mondiales, a déclaré le PDG du fonds. Le fonds détenait des actions russes d'une valeur de quelque 27 milliards de couronnes norvégiennes (2,86 milliards de dollars) à la fin de 2021, soit 0,2 % de sa valeur totale, mais a depuis déclaré que la valeur de ces actifs avait chuté d'au moins 90%.En tant que patron du fonds souverain norvégien, Tangen supervise environ 1.000 milliards de dollars d'actions, ce qui représente environ 72 % du portefeuille total. Le reste est dans les obligations, l'immobilier et les infrastructures d'énergie renouvelable. L'ancien patron de fonds spéculatifs de 55 ans s'occupe de l'épargne collective des Norvégiens depuis fin 2020, rappelle La Tribune. Il a promis au gouvernement norvégien de transformer le fonds, qui a été construit à partir des richesses en combustibles fossiles du pays, en un leader mondial dans l'investissement responsable (ESG).Pour le moment, le rendement du fonds se montre solide du fait de la reprise des marchés boursiers en 2020 et 2021 l'amenant bien au-delà des 12.000 milliards de couronnes norvégiennes, analyse le journal français. La Banque centrale de Norvège avait toutefois indiqué le 24 avril dernier que le fond avait subi une perte de quelque 68 milliards d'euros au premier trimestre du fait des turbulences financières liées notamment à la guerre en Ukraine. Alimenté par les revenus pétroliers de l'État norvégien, l'énorme bas de laine a chuté de presque 5% (-4,9%), voyant sa valeur tomber à 11.657 milliards de couronnes (1.216 milliards d'euros). "Le premier trimestre a été caractérisé par des troubles géopolitiques qui ont affecté les marchés", a expliqué le numéro deux du fonds, Trond Grande, cité dans un communiqué.