Parmi les mesures de soutien envisagées, il y a celle du moratoire sur les prêts hypothécaires.
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Aider les particuliers à passer le cap? Oui, mais, "il est encore trop tôt pour répondre en détail aux propositions du gouvernement", dit la fédération du secteur bancaire. "La manière et les instruments les mieux adaptés doivent encore être examinés en profondeur, dans la mesure où ils ne sont pas nécessairement les mêmes que lors de la crise du covid car la nature de cette crise est fondamentalement différente", ajoute prudemment Febelfin. Au moment d'écrire ces lignes, les discussions étaient en effet toujours en cours entre le gouvernement fédéral et le secteur afin de déterminer la manière de soutenir les ménages frappés par la hausse des prix du gaz et de l'électricité. L'idée qui circule est néanmoins de s'inspirer de la crise du covid. Pour rappel, les particuliers confrontés à des problèmes de paiement en raison de la pandémie et des confinements successifs avaient pu obtenir auprès de leur banque un report de paiement de leur emprunt hypothécaire en fonction de certains critères (perte de revenus, épargne disponible, etc.). Un pic avait été atteint en août 2020: 124.000 reports de paiement pour un montant total de 13,1 milliards d'euros avaient alors été octroyés.Parmi les mesures de soutien envisagées, il y a donc celle du moratoire sur les prêts hypothécaires, c'est-à-dire des délais accordés aux ménages qui ne parviennent plus à rembourser leur mensualité à cause de la flambée des factures énergétiques. Interrogé sur le sujet en marge de la présentation des résultats semestriels de BNP Paribas Fortis, son patron Max Jadot a assuré que sa banque et tout le secteur dans son ensemble joueraient leur rôle face à la crise actuelle. Mais le CEO a également précisé qu'il ne s'agissait pas de la même crise que celle du covid (économie à l'arrêt, temporaire vs long terme, etc.) et donc que les mesures ne seraient probablement pas identiques, mais davantage "ciblées" à destination des ménages les plus fragiles. Davantage ciblées parce qu'il ne faudrait pas non plus, comme le souligne l'économiste Etienne de Callataÿ, "encourager les particuliers gros consommateurs d'énergie et donc freiner les changements de comportement", alors que les banques insistent sur l'urgence de la transition auprès de leurs clients. Reste que Belfius n'a pas attendu pour avancer une première piste. La banque propose un système où une augmentation, par exemple, de 200 euros sur la facture d'énergie serait compensée par une diminution équivalente sur la mensualité à rembourser dans le cadre d'un crédit hypothécaire contracté auprès d'elle. Comme pour le covid, le mécanisme de soutien serait accordé à des ménages éligibles, en fonction de critères qui restent à définir. Selon Belfius, il pourrait être mis en place très rapidement, dès le mois d'octobre. Merci le digital et les données! On imagine en effet que dans le cas où le paiement se fait chez Belfius, le client devra juste autoriser la banque à consulter ses dépenses d'énergie. Précisons, bien sûr, qu'il ne s'agit pas d'un cadeau mais d'un simple étalement des échéances. Ce qui n'empêche toutefois pas le joli coup marketing du banquier jouant la carte de la solidarité avec ses clients secoués par la crise.