Selon l'étude The Power of Dividends réalisée par le gestionnaire Hartford Funds, le dividende a représenté 40% du rendement total généré par le S&P 500, l'indice américain phare, depuis 1930 (voir ci-dessous). Une proportion qui évolue au fil des décennies en fonction surtout de la tendance des Bourses. Quand les cours peinent à décoller, ce dividende est encore davantage primordial, comme dans les années 1940, 1970 ou 2000 quand le rendement total était négatif. Des décennies marquées notamment par des crises géopolitiques ou des tensions inflationnistes comme celles auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui.
...

Selon l'étude The Power of Dividends réalisée par le gestionnaire Hartford Funds, le dividende a représenté 40% du rendement total généré par le S&P 500, l'indice américain phare, depuis 1930 (voir ci-dessous). Une proportion qui évolue au fil des décennies en fonction surtout de la tendance des Bourses. Quand les cours peinent à décoller, ce dividende est encore davantage primordial, comme dans les années 1940, 1970 ou 2000 quand le rendement total était négatif. Des décennies marquées notamment par des crises géopolitiques ou des tensions inflationnistes comme celles auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui. Cibler les dividendes peut donc s'avérer une stratégie tout indiquée, a fortiori si vous cherchez un revenu régulier pour votre portefeuille. Les pièges guettant les amateurs de dividende se révèlent toutefois nombreux, comme l'a encore rappelé la crise du coronavirus, quand l'ensemble des banques européennes ont dû faire l'impasse sur leurs coupons pendant plus d'un an. Plus largement, vous précipiter sur les actions offrant les rendements les plus élevés vous expose à de nombreuses déconvenues. D'une part, ce rendement peut être artificiellement dopé par un dividende exceptionnel à cause d'un événement spécifique, par exemple lorsqu'une société revend une activité. D'autre part, un rendement particulièrement élevé traduit souvent la crainte des marchés que le niveau du dividende ne soit pas pérenne. Mais une des raisons parmi les plus courantes, c'est quand les flux de trésorerie libres dégagés par l'activité ne suffisent plus à payer le dividende. En schématisant, l'entreprise doit alors s'endetter pour continuer à verser son coupon, ce qui n'est pas tenable sur la durée... De nombreuses sociétés sont déjà passées par là, notamment dans le secteur européen des télécoms. Ce dernier a longtemps séduit par ses rendements élevés, mais la plupart des opérateurs ont dû fortement réduire leur coupon, à commencer par Proximus qui avait été contraint de raboter son dividende de 2,18 euros à 1,50 euro en 2014 puis à 1,20 euro en 2020, alors qu'une nouvelle baisse n'est pas à exclure en 2023. Le géant Vodafone a aussi réduit son dividende de plus de 70% depuis 2015. Dans un autre secteur, le dividende d'AB InBev est passé de 3,60 euros en 2017 à 0,50 euro ces deux dernières années, conséquence notamment de la lourde dette héritée du rachat de SAB Miller. Et dans les matières premières, le géant minier Rio Tinto a aussi raboté son dividende semestriel de plus de moitié l'été dernier alors que le prix des métaux rechutait.On pourrait noircir des dizaines de pages avec les firmes qui, pour une raison ou une autre, ont dû fortement réduire leur dividende dans leur histoire récente. Reste que privilégier des entreprises de qualité offrant un dividende attractif et pérenne est plus facile à écrire qu'à faire. Concrètement, le principal indicateur à suivre est le flux de trésorerie libre. Tant qu'il progresse et demeure supérieur au montant dédié au dividende, il est fort probable que l'entreprise puisse maintenir, voire relever, ses coupons. A noter que vous pouvez retrouver ces informations dans le tableau des flux de trésorerie publié par les entreprises. Il faut aussi tenir compte de l'environnement sectoriel. Les opérateurs télécoms qui ont attendu avant d'investir dans leurs réseaux (4G puis 5G et fibre optique) ont pu donner l'impression de pouvoir maintenir leur dividende, mais ce n'était que temporaire. De même, la chute des cours des métaux, qui a poussé Rio Tinto à fortement réduire son dividende, affecte aussi les autres groupes miniers, même si cela ne transparaît pas encore dans les résultats. Enfin, surveillez aussi le contexte de l'entreprise. Par exemple, une société réalisant une importante acquisition à crédit devra consacrer une plus grande partie de ses flux de trésorerie à son désendettement. Ainsi quand AB InBev a racheté son principal concurrent SAB Miller, le premier brasseur mondial avait bon espoir d'améliorer ses cash-flows et de parvenir à maintenir un dividende élevé et rembourser ses dettes. Mais ses résultats n'ont pas évolué conformément aux attentes. A l'opposé, de nombreuses banques ayant suspendu leurs coupons en 2020-2021 ont pourtant continué à dégager suffisamment de profits pour maintenir leur dividende. Pour un particulier, identifier ces contextes et repérer les entreprises ad hoc peut rapidement devenir fastidieux, tout en restant parfois très aléatoire. Une parade existe toutefois, avec les aristocrates du dividende. Globalement, il s'agit d'entreprises qui, dans leur histoire, ont réussi à maintenir ou relever leur dividende pendant une longue période, démontrant de la sorte leur capacité à traverser des crises. Techniquement, la définition d'"aristocrate" varie quelque peu en fonction de la région et des analystes. Aux Etats-Unis, l'indice de référence S&P 1500 High Yield Dividend Aristocrats sélectionne par exemple les entreprises qui ont relevé leur dividende chaque année depuis au moins 20 ans. L'industrie est le secteur le mieux représenté (18%) devant notamment les produits de consommation de base, les sociétés financières et les services aux collectivités. Cette large diversification transparaît aussi dans les principales valeurs de l'indice: VF Corporation (marques de prêt-à-porter), Walgreens (pharmacies), National Retail Properties (immobilier), Franklin Resources (services financiers) et IBM (technologies). Le rendement de dividende brut de l'indice est de 3,1% brut. Le fonds indiciel SPDR S&P US Dividend Aristocrats UCITS (SPYD sur la Bourse de Francfort, IE00B6YX5D40, frais annuels de 0,35%) vous permet d'investir directement dans les 119 actions de ce S&P 1500. En Europe, la définition des aristocrates est généralement un peu plus souple, seules une trentaine d'actions atteignant le cap des 20 ans. Le S&P Euro High Yield Dividend Aristocrats sélectionne ainsi les grandes entreprises continentales dont le dividende a été maintenu ou relevé chaque année depuis au moins une décennie. L'indice est plus concentré qu'aux Etats-Unis, les matériaux de base et l'industrie y assurant un poids total de près de 50%. Les principales valeurs sont Bouygues, BASF, Solvay, Allianz et Munich Re. Le rendement de dividende moyen est de 4%. Vous pouvez investir dans cet indice via l'ETF SPDR S&P Euro Dividend Aristocrats (EUDV sur Euronext Paris, IE00B5M1WJ87, frais annuels de 0,30%). Le SPDR S&P UK Dividend Aristocrats (SPYG sur la Bourse de Francfort, IE00B6S2Z822, frais annuels de 0,30%) en constitue un bon complément, les aristocrates britanniques s'avérant plus liés aux services financiers (IG Group, Schroders, etc.), à l'immobilier et à la consommation de base (British American Tobacco, Unilever...). Le rendement de dividende moyen est de 4,1%.