Le dollar est en effet la devise internationale par excellence. C'est donc en dollars que beaucoup d'entreprises mondiales empruntent. Mais ces dernières années, profitant de l'abondance de liquidité et des taux bas, elles ont emprunté vraiment beaucoup.

Avant la propagation de l'épidémie, en décembre dernier, Robert Triffin International, l'organisation fondée en l'honneur du grand économiste belge, soutenue par l'UCLouvain et présidée par Bernard Snoy, s'inquiétait de ce que "la liquidité mondiale (au sens de crédit en devises étrangères aux non-banques) a maintenant atteint des niveaux bien supérieurs à ceux d'avant la grande crise financière de 2008". Et le montant de la dette en dollars émise par des sociétés non bancaires en dehors des Etats-Unis atteint 7.000 milliards de dollars, trois fois plus qu'avant la crise de 2008. Parallèlement, le montant de la dette détenue par des acteurs non bancaires en dehors des Etats-Unis est très important : on l'évalue à 12.000 milliards de dollars, (soit 14 % du PIB mondial) alors qu'il n'était "que" de 10.000 milliards en 2007.

Qui détient cette dette ? Essentiellement des fonds d'investissement. "La majeure partie de cette expansion est passée par les marchés obligataires, ajoute Robert Triffin International, car les banques, qui avaient trop imprudemment augmenté leur exposition aux devises étrangères avant la crise financière, ont fait un pas de côté". Ce sont donc généralement des fonds qui détiennent ces obligations. Or, ces fonds risquent d'avoir des problèmes : la crise du coronavirus pourrait se traduire par une difficulté de plus en plus grande des emprunteurs en dollars à assurer encore le service de cette dette...Leur capacité à l'honorer dépendra de la hauteur et la nature des plans de relance mis en place un peu partout dans le monde.

Un autre problème lié au dollar est celui de sa disponibilité : en temps de crise, tout le monde rapatrie ses dollars chez lui. Les sociétés américaines et internationales confrontées à l'arrêt de l'économie tirent sur leurs dépôts bancaires et leurs lignes de crédit en billet vert, asséchant donc le montant de dollars disponibles dans les banques du monde entier.

C'est pour cette raison que très rapidement, la banque centrale américaine, la Fed, a élargi voici une semaine ses accords de "swaps de devises" (en bon français : échange de devises) avec une dizaine de banques centrale étrangères, dont la BCE. La Fed va leur prêter des dollars, et va être créditée en échange d'un montant similaire en devises locales. Ces banques centrales locales vont prêter ces dollars aux banques commerciales qui vont donc pouvoir abreuver leurs clients. En temps normal, ces accords de swaps courent sur une semaine. Mais leur durée a été étendue à 84 jours. Signe, s'il en fallait, que la crise risque d'être longue.

Le dollar est en effet la devise internationale par excellence. C'est donc en dollars que beaucoup d'entreprises mondiales empruntent. Mais ces dernières années, profitant de l'abondance de liquidité et des taux bas, elles ont emprunté vraiment beaucoup.Avant la propagation de l'épidémie, en décembre dernier, Robert Triffin International, l'organisation fondée en l'honneur du grand économiste belge, soutenue par l'UCLouvain et présidée par Bernard Snoy, s'inquiétait de ce que "la liquidité mondiale (au sens de crédit en devises étrangères aux non-banques) a maintenant atteint des niveaux bien supérieurs à ceux d'avant la grande crise financière de 2008". Et le montant de la dette en dollars émise par des sociétés non bancaires en dehors des Etats-Unis atteint 7.000 milliards de dollars, trois fois plus qu'avant la crise de 2008. Parallèlement, le montant de la dette détenue par des acteurs non bancaires en dehors des Etats-Unis est très important : on l'évalue à 12.000 milliards de dollars, (soit 14 % du PIB mondial) alors qu'il n'était "que" de 10.000 milliards en 2007. Qui détient cette dette ? Essentiellement des fonds d'investissement. "La majeure partie de cette expansion est passée par les marchés obligataires, ajoute Robert Triffin International, car les banques, qui avaient trop imprudemment augmenté leur exposition aux devises étrangères avant la crise financière, ont fait un pas de côté". Ce sont donc généralement des fonds qui détiennent ces obligations. Or, ces fonds risquent d'avoir des problèmes : la crise du coronavirus pourrait se traduire par une difficulté de plus en plus grande des emprunteurs en dollars à assurer encore le service de cette dette...Leur capacité à l'honorer dépendra de la hauteur et la nature des plans de relance mis en place un peu partout dans le monde.Un autre problème lié au dollar est celui de sa disponibilité : en temps de crise, tout le monde rapatrie ses dollars chez lui. Les sociétés américaines et internationales confrontées à l'arrêt de l'économie tirent sur leurs dépôts bancaires et leurs lignes de crédit en billet vert, asséchant donc le montant de dollars disponibles dans les banques du monde entier.C'est pour cette raison que très rapidement, la banque centrale américaine, la Fed, a élargi voici une semaine ses accords de "swaps de devises" (en bon français : échange de devises) avec une dizaine de banques centrale étrangères, dont la BCE. La Fed va leur prêter des dollars, et va être créditée en échange d'un montant similaire en devises locales. Ces banques centrales locales vont prêter ces dollars aux banques commerciales qui vont donc pouvoir abreuver leurs clients. En temps normal, ces accords de swaps courent sur une semaine. Mais leur durée a été étendue à 84 jours. Signe, s'il en fallait, que la crise risque d'être longue.