La crise de 2008 était au départ financière. Le système bancaire s'était mis à l'arrêt parce que plus personne ne savait si la banque voisine avec qui on avait fait affaire était contaminée par des prêts toxiques ou non. Les banques se sont donc arrêtées de se prêter l'une l'autre. Et l'arrêt des prêts interbancaires, aggravé par la faillite de Lehman Brothers, a paralysé le système, ce qui a son tour a eu des répercussions sur l'ensemble des autres activités. La crise financière était devenue une crise économique.

Ce n'est pas ce mécanisme qui est à l'oeuvre aujourd'hui. Cette fois, la crise sanitaire provoque un choc de l'offre (les usines tournent au ralenti) et de la demande (le nombre de chômeurs, même temporaires, explose, et de nombreux achats sont annulés, ou reportés). Cela est en outre aggravé par le fait que nos économies sont mondialisées, et que les problèmes d'approvisionnement se répercutent d'un pays à l'autre. La question est donc inverse de celle de 2008 : la crise économique sera-t-elle aussi une crise financière et bancaire ?

Une certitude, la fragilisation de nombreux acteurs économiques aura bien évidemment des conséquences sur leurs capacités à honorer leurs dettes. C'est pour cela que chez nous, rapidement, en plus de l'intervention des régions, le gouvernement fédéral a conclu un accord avec les banques, qui reporte la charge des prêts de quelques mois et qui garantit à hauteur de 50 milliards d'euros les nouveaux prêts octroyés par les institutions de crédit. Parallèlement, la Banque nationale, qui est le régulateur bancaire, a accepté d'appliquer avec moins de rigidité les règles comptables qui avaient été prises après la crise de 2008. Des règles qui obligent les banques à passer très tôt des provisions sur les prêts considérés comme à risque, même lorsque les emprunteurs continuent à rembourser.

Bien plus solide

Ces mesures, ainsi que le fait que, depuis 2008, les banques ont considérablement renforcé leurs fonds propres tout en limitant leurs activités de marché les plus risquées, fait que le système bancaire d'aujourd'hui est bien plus solide qu'il y a dix ans.

Hier jeudi, l'agence de notation Moody's a toutefois fait passer ses perspectives quant au secteur bancaire d'une dizaine de pays, dont le nôtre, à "négatives" (contre stables auparavant). Une décision qui ne signifie cependant pas que nos banques soient à risque.

Ce que Moody's souligne est que les conditions dans lesquelles les banques opèrent sont devenues évidemment plus difficiles. Mais l'agence de notation espère que les mesures prises par la BNB et le gouvernement fédéral "devraient endiguer une vague de faillites potentielles".

Certes, les banques "devront vraisemblablement augmenter leurs provisions pour prêts défaillants" note encore Moody's, qui ajoute toutefois que la qualité des crédits en Belgique s'est considérablement améliorée ces dernières années. Le hic, toutefois, est que, comme les banques avaient octroyé également beaucoup de crédits ces derniers temps, elles ont peut-être été un peu moins regardantes sur les standards de souscription, observe Moody's. C'est ce qui avait fait réagir la BNB avant la crise sanitaire, qui voulait un resserrement des conditions d'octroi des crédits immobiliers (resserrement qui avait commencé à avoir lieu, d'ailleurs). Il existe donc un risque d'augmentation des défaillances, à la fois dans le crédit à la consommation et dans ce marché immobilier qui s'était caractérisé par une certaine surchauffe.

Toutefois, si les défauts de paiement devraient augmenter, les banques belges sont largement capitalisées (avec un ratio de fonds propres tangibles représentant 15,9% de leurs actifs pondérés). Et elles sont donc à priori à même de supporter le choc... D'autant plus qu'elles peuvent se passer de payer cette année un dividende à leurs actionnaires, une possibilité que l'on évoque désormais.

La crise de 2008 était au départ financière. Le système bancaire s'était mis à l'arrêt parce que plus personne ne savait si la banque voisine avec qui on avait fait affaire était contaminée par des prêts toxiques ou non. Les banques se sont donc arrêtées de se prêter l'une l'autre. Et l'arrêt des prêts interbancaires, aggravé par la faillite de Lehman Brothers, a paralysé le système, ce qui a son tour a eu des répercussions sur l'ensemble des autres activités. La crise financière était devenue une crise économique.Ce n'est pas ce mécanisme qui est à l'oeuvre aujourd'hui. Cette fois, la crise sanitaire provoque un choc de l'offre (les usines tournent au ralenti) et de la demande (le nombre de chômeurs, même temporaires, explose, et de nombreux achats sont annulés, ou reportés). Cela est en outre aggravé par le fait que nos économies sont mondialisées, et que les problèmes d'approvisionnement se répercutent d'un pays à l'autre. La question est donc inverse de celle de 2008 : la crise économique sera-t-elle aussi une crise financière et bancaire ?Une certitude, la fragilisation de nombreux acteurs économiques aura bien évidemment des conséquences sur leurs capacités à honorer leurs dettes. C'est pour cela que chez nous, rapidement, en plus de l'intervention des régions, le gouvernement fédéral a conclu un accord avec les banques, qui reporte la charge des prêts de quelques mois et qui garantit à hauteur de 50 milliards d'euros les nouveaux prêts octroyés par les institutions de crédit. Parallèlement, la Banque nationale, qui est le régulateur bancaire, a accepté d'appliquer avec moins de rigidité les règles comptables qui avaient été prises après la crise de 2008. Des règles qui obligent les banques à passer très tôt des provisions sur les prêts considérés comme à risque, même lorsque les emprunteurs continuent à rembourser.Bien plus solideCes mesures, ainsi que le fait que, depuis 2008, les banques ont considérablement renforcé leurs fonds propres tout en limitant leurs activités de marché les plus risquées, fait que le système bancaire d'aujourd'hui est bien plus solide qu'il y a dix ans.Hier jeudi, l'agence de notation Moody's a toutefois fait passer ses perspectives quant au secteur bancaire d'une dizaine de pays, dont le nôtre, à "négatives" (contre stables auparavant). Une décision qui ne signifie cependant pas que nos banques soient à risque.Ce que Moody's souligne est que les conditions dans lesquelles les banques opèrent sont devenues évidemment plus difficiles. Mais l'agence de notation espère que les mesures prises par la BNB et le gouvernement fédéral "devraient endiguer une vague de faillites potentielles".Certes, les banques "devront vraisemblablement augmenter leurs provisions pour prêts défaillants" note encore Moody's, qui ajoute toutefois que la qualité des crédits en Belgique s'est considérablement améliorée ces dernières années. Le hic, toutefois, est que, comme les banques avaient octroyé également beaucoup de crédits ces derniers temps, elles ont peut-être été un peu moins regardantes sur les standards de souscription, observe Moody's. C'est ce qui avait fait réagir la BNB avant la crise sanitaire, qui voulait un resserrement des conditions d'octroi des crédits immobiliers (resserrement qui avait commencé à avoir lieu, d'ailleurs). Il existe donc un risque d'augmentation des défaillances, à la fois dans le crédit à la consommation et dans ce marché immobilier qui s'était caractérisé par une certaine surchauffe.Toutefois, si les défauts de paiement devraient augmenter, les banques belges sont largement capitalisées (avec un ratio de fonds propres tangibles représentant 15,9% de leurs actifs pondérés). Et elles sont donc à priori à même de supporter le choc... D'autant plus qu'elles peuvent se passer de payer cette année un dividende à leurs actionnaires, une possibilité que l'on évoque désormais.