La moisson fut bonne en 2021 pour les principales banques du pays. Malgré la pandémie et des taux d'intérêt toujours au plancher, les résultats annuels que viennent de publier KBC, BNP Paribas Fortis, Belfius et ING Belgique atteignent en effet des sommets. Au terme de l'exercice 2021, les quatre ténors ont réalisé ensemble un bénéfice avant impôt de 9,4 milliards d'euros, contre 6,1 milliards un an auparavant, soit une spectaculaire progression de 53 % sur 12 mois.
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La moisson fut bonne en 2021 pour les principales banques du pays. Malgré la pandémie et des taux d'intérêt toujours au plancher, les résultats annuels que viennent de publier KBC, BNP Paribas Fortis, Belfius et ING Belgique atteignent en effet des sommets. Au terme de l'exercice 2021, les quatre ténors ont réalisé ensemble un bénéfice avant impôt de 9,4 milliards d'euros, contre 6,1 milliards un an auparavant, soit une spectaculaire progression de 53 % sur 12 mois.Chaque enseigne y est allée de son record. Avec 2,6 milliards, KBC a vu son résultat net bondir de 81 % et surpasser sa performance de 2019. Pour la première fois depuis trois ans, ING Belgique a vu ses revenus progresser pour franchir la barre des 3 milliards d'euros. Mieux encore, Belfius a enregistré le meilleur résultat final de son histoire pour frôler le milliard d'euros de bénéfice. Quant à l'ex-Fortis, la maison affiche des revenus nets qui dépassent les 2,5 milliards d'euros, un chiffre jamais atteint depuis sa reprise en 2009 par le groupe BNP Paribas.Mais comment nos banques ont-elles fait pour gagner autant d'argent alors qu'elles se plaignent depuis des années des taux bas ? En réalité, plusieurs éléments soutiennent ces résultats historiques, à commencer par le rebond de l'activité économique après les confinements successifs de 2020. Il y a eu moins d'accidents sur les prêts existants qu'escompté. L'argent mis de côté pour faire face aux faillites a quasiment été récupéré. Le "coût du risque", comme disent les banquiers, a diminué, grâce aussi "au développement d'une gestion plus anticipative de ces mauvais crédits via l'intelligence artificielle", note Anthony Wolf, associé chez Sia Partners. En outre, les clients des banques, les ménages et les entreprises, ont stimulé la demande de nouveaux crédits. Chez BNP Paribas Fortis, les prêts à l'économie belge ont progressé l'an dernier de 3,2 % pour franchir la barre symbolique des 130 milliards.Toujours au rayon revenus, "en plus de prêter massivement aux ménages et aux entreprises, histoire de faire du volume pour compenser la pression sur les marges, les activités liées aux produits d'investissement, synonymes de commissions, sont plus rémunératrices qu'avant, ajoute Anthony Wolf. Les banques sont plus actives sur ce segment grâce à l' "épargne covid" des ménages et à la technologie qui facilite l'accès du grand public à ce type de produit". Exemple chez Belfius, avec sa nouvelle appli de trading en Bourse Re=Bel lancée l'été dernier qui rassemble déjà 50.000 utilisateurs.Enfin, force est de constater qu'un des leviers actionnés pour compenser la faiblesse des taux consiste à facturer un maximum de frais aux clients via une segmentation plus pointue des offres, jusqu'à rendre payant ce qui était gratuit (le Lion Account d'ING). Même le conseil devient payant chez certains (nouveau pack Advice chez BNP Paribas Fortis). Et puis, "les banques dépensent aussi moins en faisant appel à l'automatisation et en fermant des agences", complète Anthony Wolf.