Pour la BCE, la crise est (presque) finie. La Banque centrale européenne a en effet décidé d'amorcer la réduction de son soutien à l'économie. Son programme d'achats d'urgence face à la pandémie (le PEPP, pour Pandemic Emergency Purchase Programme) sera progressivement réduit du fait d'une amélioration du climat économique.
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Pour la BCE, la crise est (presque) finie. La Banque centrale européenne a en effet décidé d'amorcer la réduction de son soutien à l'économie. Son programme d'achats d'urgence face à la pandémie (le PEPP, pour Pandemic Emergency Purchase Programme) sera progressivement réduit du fait d'une amélioration du climat économique. Signe de l'embellie actuelle, la gardienne de l'euro a revu à la hausse ses prévisions de croissance. Elle table désormais sur une accélération de l'économie de la zone euro de 5% pour cette année contre 4,6% en juin. Selon la présidente de la BCE Christine Lagarde, "le rebond de l'économie en zone euro est de plus en plus avancé" et "l'activité économique devrait être revenue à son niveau d'avant la pandémie avant la fin de l'année". Il n'y a d'ailleurs pas que pour la zone euro que la reprise s'accélère. C'est aussi le cas pour notre pays, au point que la Belgique pourrait recevoir 750 millions d'euros de moins du fonds de relance européen. La Banque nationale (BNB) prévoit en effet une croissance de 1,8% au troisième trimestre. Tous les clignotants sont au vert, note l'économiste en chef de BNP Paribas Fortis, Koen De Leus: "Les bénéfices des sociétés du Bel 20 sont en forte hausse, les résultats des banques sont très positifs, la vague de faillites ne s'est toujours pas concrétisée et les consommateurs ne se contentent plus de rattraper le temps perdu avec de grosses dépenses comme acheter un ordinateur ou faire des travaux de rénovation dans la maison. De plus en plus, ce sont maintenant les services, comme aller au restaurant ou en vacances, qui participent à la relance". Certes, la voie n'est pas encore ouverte pour un relèvement des taux d'intérêt car certains risques subsistent. Le variant Delta pourrait entraîner une recrudescence de la pandémie à l'automne. Et la persistance de perturbations dans les circuits d'approvisionnement (pénurie de puces, etc.) pourrait aussi freiner la reprise. Mais comme le pointe la BNB, il est significatif de voir que "les investissements des entreprises devraient présenter une nouvelle accélération au troisième trimestre". Ce qui pour Koen De Leus constitue un signal hors du commun. "La demande est tellement vigoureuse que les investissements des entreprises ont déjà retrouvé leur niveau d'avant-crise. C'est du jamais vu au cours des 20 dernières années. Lors de la crise financière de 2008, il a fallu attendre trois ou quatre ans pour que ce soit le cas, de sorte que la reprise actuelle est plus forte que prévu."Par ailleurs, souligne l'économiste de BNP Paribas Fortis, "ces investissements ne prennent pas la direction classique: nouvelles machines, nouveaux bâtiments. Ils vont surtout vers les nouvelles technologies, complète-t-il. Beaucoup de PME investissent dans la R&D, le soft-ware, l'industrie 4.0, les robots, etc. En quelques mois, elles ont fait un bond en avant dans leur modernisation de plusieurs années." Manière de dire que l'économie post-covid est déjà là. Sous nos yeux. Avec, par exemple, des innovations telles que la production d'hydrogène, une filière qui émerge et sur laquelle la Belgique est bien positionnée.