La banque Triodos ramènera, le 7 décembre prochain, le taux d'intérêt sur ses comptes épargne existants à 0%, "afin de pouvoir poursuivre de manière équilibrée son rôle de banque la plus durable", a-t-elle annoncé en début de semaien. Pour ce faire, la banque passera de comptes épargne réglementés à des comptes d'épargne non-réglementés, pour lesquels le taux d'intérêt minimal de 0,11% ne s'applique pas. Au-delà de 500.000 euros d'épargne, Triodos appliquera même un taux d'intérêt négatif de -0,5%. Dans la foulée, la prime de fidélité va également disparaître.
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La banque Triodos ramènera, le 7 décembre prochain, le taux d'intérêt sur ses comptes épargne existants à 0%, "afin de pouvoir poursuivre de manière équilibrée son rôle de banque la plus durable", a-t-elle annoncé en début de semaien. Pour ce faire, la banque passera de comptes épargne réglementés à des comptes d'épargne non-réglementés, pour lesquels le taux d'intérêt minimal de 0,11% ne s'applique pas. Au-delà de 500.000 euros d'épargne, Triodos appliquera même un taux d'intérêt négatif de -0,5%. Dans la foulée, la prime de fidélité va également disparaître. Les quelque 72 000 épargnants de la banque auront le choix jusqu'au 1er décembre : soit ils transfèrent leur argent sur un nouveau compte d'épargne chez Triodos, soit ils changent de banque. Chez Triodos, on reste cependant convaincus que les choses n'iront pas aussi vite : "Les clients ne sont jamais venus nous voir parce que nous offrions les tarifs les plus élevés. Nous l'avons fait, cependant, pour le caractère social et durable de la banque".La banque brise un sacré tabou dans le secteur bancaire. Est-ce le début de la fin pour les comptes d'épargne traditionnels ? Les grandes banques suivront-elles, et dans combien de temps ? Le spécialiste bancaire Pascal Paepen donne plus d'explications dans Het Nieuwsblad. "Les banques disent depuis longtemps que même un taux d'intérêt de 0,11 % est insoutenable parce qu'il leur coûte de l'argent. Et je ne peux pas les blâmer : ce taux d'intérêt n'est pas conforme au marché", déclare Pascal Paepen, expert boursier et professeur des cours 'Banque et Bourse' et 'Entreprendre à l'international' à la Haute école Thomas More et à la KU Leuven.La décision de Triodos n'étonne pas l'expert bancaire outre mesure : "Ce qui se passe maintenant, on l'a vu venir de très loin. La KBC applique depuis plusieurs années un taux d'intérêt de pénalité pour les grandes entreprises, la banque privée Puilaetco le fait depuis l'année dernière pour les Belges fortunés qui ont beaucoup d'épargne, la banque en formation NewB a déjà déclaré qu'elle ne versera pas d'intérêts sur les livrets d'épargne et depuis ce mois-ci, les investisseurs qui ont trop d'argent sur leur compte doivent payer un droit de garde à la BinckBank Belgium. Il était donc écrit dans les étoiles que tôt ou tard, l'épargnant ordinaire serait lui aussi touché", explique-t-il dans le quotidien flamand. La question n'est donc pas tant de savoir si les banques vont suivre, mais bien à quelle échéance. Une enquête menée par le journal économique De Tijd auprès des grandes banques montre toutefois qu'elles n'ont pas de projets similaires. "Pour l'instant", nuance Pascal Paepen. "Non pas parce qu'elles ne le veulent pas, parce qu'elles poursuivent ce taux d'intérêt minimum depuis des années, mais parce qu'elles n'osent pas. La première grande banque à franchir le pas va en baver : elle sera traîné dans la boue sur les médias sociaux, même si je pense que cela ne durera que 2,3 jours. Le Belge se plaint et voit que l'épargne ne rapporte pas, mais entre-temps, les livrets d'épargne sont de plus en plus fournis et l'épargnant ne change pas de banque".Selon Pascal Paepen, il n'y a pas de révolte de l'épargnant. "Je ne crois vraiment pas que les épargnants descendront dans la rue parce que le taux de 0,11 % est réduit à 0 %. Cette différence est négligeable à la fin de l'année. Et le changement n'a guère de sens, car d'autres banques suivront bientôt dès qu'une grande banque franchira le pas. On a déjà vécu cette situation plusieurs fois dans le passé", continue-t-il dans Het Nieuwsblad.À moins, bien sûr, que le gouvernement n'abolisse l'obligation légale d'octroyer 0,11 % d'intérêts. "C'est la même réflexion ici", poursuit Pascal Paepen. "Quel homme politique va oser faire cela ? Ce serait une mesure impopulaire et les citoyens ont déjà peu confiance dans les politiciens. Il n'y a rien à ce sujet dans l'accord de coalition du nouveau gouvernement fédéral".