Ne pas vendre la peau de l’ours…

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Danny Reweghs
Danny Reweghs Journaliste

Une réunion de la banque centrale américaine moins agressive et un rapport sur l’emploi nettement atténué pour le mois d’octobre ont aidé les marchés à se reprendre. Reste qu’une seule magnifique semaine ne permet pas de prédire un redressement de fin d’année.

L’attaque d’Israël par le Hamas, le 7 octobre, et les représailles d’Israël à Gaza ont aggravé une situation géopolitique déjà très sensible. L’inflation galopante, la robustesse des économies et l’étroitesse du marché du travail empêchaient par ailleurs à l’époque les banquiers centraux d’annoncer la fin du cycle des relèvements de taux. Aux Etats-Unis, le taux long culminait à 5%, ce qui offrait naturellement aux investisseurs en obligations une solution de rechange très rentable aux actions, volatiles et donc, plus risquées.

Lorsque les résultats trimestriels d’entreprises de premier plan américaines et européennes, comme Alphabet ou LVMH, ont été sanctionnés par des chutes de cours, le Standard & Poor’s 500 (S&P 500), le principal indicateur du marché boursier américain, a brièvement plongé sous la zone de soutien cruciale de 4.150-4.200 points. A l’instar de tous ses pairs ou presque, il est également passé sous sa moyenne à 200 jours, ce qui constitue un signal d’alarme d’autant plus inquiétant que l’indice (ou l’action) considéré prolonge son séjour sous cette moyenne. C’est pourquoi nous titrions, début novembre, que la situation était passée à l’“orange foncé”.

Pas encore de rallye de fin d’année

Orange foncé, donc, mais pas rouge. Car fort heureusement, les marchés se sont repris. Une réunion de la banque centrale américaine moins agressive et un rapport sur l’emploi nettement atténué pour le mois d’octobre les y ont aidés. Et ont fait tomber le taux américain à 10 ans de 5% à 4,5% en quelques jours, permettant à Wall Street de vivre, tout début novembre, sa meilleure semaine de l’année. Rappelons qu’une baisse des taux longs est une des conditions au redressement boursier.

D’aucuns affirment qu’un rallye de fin d’année a pris naissance au début du mois de novembre. Le schéma est en effet bien connu: après des mois d’août à octobre désolants, les marchés parviennent à se redresser, pour s’envoler en novembre et décembre. Prétendre qu’un tel scénario est impossible à envisager reviendrait donc à nier une évolution constatée à maintes reprises. Loin de nous, donc, cette idée. Nous estimons néanmoins qu’une seule magnifique semaine ne permet pas de prédire que l’histoire va se répéter: les marchés pourraient tout aussi bien repartir à la baisse.

Mais les espoirs sont permis

Concrètement, aussi longtemps que le S&P 500 ne repassera pas au-dessus des 4.500 points, nous nous montrerons extrêmement circonspects, d’autant que Wall Street a déjà atteint, en janvier 2022, un sommet historique. Si, en revanche, l’indice franchit sans plus trop tarder la barre des 4.500 points, un rallye de fin d’année peut parfaitement être envisagé et un nouveau sommet, autour des 4.800 points, pourrait être testé dans les tout derniers jours de 2023. Mais il faut pour cela que les taux d’intérêt continuent à désenfler et que l’économie ne se détériore pas, soudain, gravement.

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