L’Europe travaille moins

Une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) démontre que les Asiatiques travaillent trop et que le PIB par emploi ne monte plus en zone euro.
Alors que les effets de la pandémie avaient partiellement comblé les différences, la situation du travail dans le monde a retrouvé son état de la fin 2019. Soit des salariés qui travaillent trop ou pas assez, selon une étude publiée la semaine dernière par l’OIT.
49 heures en Asie du Sud
Globalement, un tiers des employés dans le monde travaillent au moins 48 heures par semaine et un cinquième travaille à temps partiel ou moins de 35 heures par semaine. Sans surprise, c’est évidemment en Asie qu’on travaille le plus: 49 heures en Asie du Sud et 48,8 en Asie de l’Est. Le reste de la planète est à peu de choses près en phase: 37,9 heures en Amérique du Nord, 37,2 en Europe et 38,8 en Afrique.
Selon l’OIT, les mesures prises lors de la crise du covid prouvent une nouvelle fois que le fait d’accorder davantage de flexibilité aux travailleurs à propos de la manière dont ils travaillent, de l’endroit et du moment où ils travaillent, peut s’avérer positif à la fois pour eux-mêmes et pour les entreprises, par exemple en améliorant la productivité. Inversement, le fait de restreindre la flexibilité entraîne des coûts importants, notamment un roulement accru du personnel.
Depuis la pandémie, le rapport indique que la baisse du temps de travail a repris de l’ampleur en Europe. Dans la zone euro, les heures travaillées au troisième trimestre de 2022 étaient supérieures de 0,2% par rapport à fin 2019 mais le nombre d’emplois était, lui, supérieur de 1,9%. En d’autres termes, plus d’Européens travaillent mais moins longtemps. Autre chiffre éclairant: depuis trois ans, le PIB par emploi n’augmente plus en zone euro ou à peine. Les gains de productivité y sont donc quasi nuls.
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