Investissements dans la défense : Jan Jambon à reculons sur les “bijoux de famille”

Vice-prime minister and Minister of Finance, Combating Tax Fraud, Pensions, National Lottery and Cultural Institutions Jan Jambon pictured during a session of the parliamentary commission for Finance and Budget, at the Federal Parliament in Brussels, Tuesday 18 March 2025. Today Ministers come to expose their politics in several commissions. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE
Sébastien Buron
Sébastien Buron Journaliste Trends-Tendances

Invité à prendre la parole hier soir lors de la réception annuelle de Febelfin, le ministre des Finances a évoqué le dossier du financement de la défense. Plutôt que de vendre certaines participations de l’Etat dans les entreprises publiques à la va-vite, Jan Jambon plaide pour un financement structurel, tout en excluant de nouveaux impôts.

On le sait, l’Arizona doit trouver 4 milliards de plus dans les prochains mois pour financer son effort de réarmement. Plusieurs options sont sur la table.  Parmi elles, la création d’un fonds défense, qui passerait par la vente de l’une ou l’autre participation de l’Etat dans les entreprises publiques : Belfius, BNP Paribas ou encore Proximus.

Uniquement les actifs non stratégiques

Mais dans un discours prononcé hier soir à l’occasion de la grand-messe annuelle de la fédération bancaire (Febelfin), Jan Jambon a répété qu’il n’était pas favorable à la vente de certains “bijoux de famille”, surtout si celle-ci intervient dans la précipitation et si elles sont stratégiques. 

“Vendre des actifs est la manière la plus facile de trouver des milliards rapidement. Mais il faut le faire de manière réfléchie et uniquement pour des actifs non stratégiques”, a-t-il plaidé sans préciser ce que cela sous-entendait alors qu’il est question de Belfius, de BNP Paribas, mais aussi d’Ethias, de Proximus ou de bpost.

Un “bon d’Etat défense” ? Bof…

Notre grand argentier ne s’est guère montré plus enthousiaste à l’idée d’emprunter sur les marchés. “Un jour, ces dettes devront être remboursées” et le pays est déjà “fort endetté”, a–t-il indiqué.  

De même, Jan Jambon n’est guère plus favorable à l’idée, avancée par Théo Francken, de faire appel à l’épargne des Belges via un bon d’Etat défense, rappelant qu’emprunter auprès des particuliers coûte “plus cher” à l’Etat. 

Pour le ministre, le seul avantage d’une telle option est de “montrer au marché que le pays est capable de se financer facilement” grâce à “l’abondante épargne des citoyens”.

S’appuyer sur des institutionnels 

Plutôt qu’un éventuel nouveau bon d’Etat spécial défense ou des ventes d’actifs, Jan Jambon a davantage appuyé le scénario d’un “financement structurel”, sans quoi il sera difficile de trouver chaque année plusieurs milliards pour augmenter les dépenses en matière de défense. Excluant une hausse d’impôts, il a de ce fait souligné l’importance de nouvelles économies et de nouvelles réformes. 

En réalité, sa préférence pour assurer le financement à long terme du fonds de défense fédérale va à la création d’un holding qui serait alimenté par les participations stratégiques de l’Etat et qui “collecterait ainsi les dividendes qu’elles génèrent”, a-t-il expliqué. 

Il imagine même que ce holding pourrait être financé par des investisseurs institutionnels publics (comme la SFPI) mais aussi par des acteurs privés tels que BNP Paribas ou KBC. Sans oublier les sociétés d’investissements régionales qui pourraient également jouer un rôle, selon lui.

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