Même le gouvernement minoritaire voulu par le MR ne sera pas chose facile à Bruxelles

La piste d'un "gouvernement minoritaire" prônée désormais par Georges-Louis Bouchez (MR) a déjà du plomb dans l'aile. BELGA PHOTO DIRK WAEM
Olivier Mouton
Olivier Mouton Chef news

Pour sortir de l’impasse, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, veut avancer sans le PS. Et sans majorité francophone. La solution est fustigée par les socialistes, forcément, mais ne passe pas non plus la rampe chez DéFi, Ecolo et Groen. La capitale est décidément devenue un chaos sans nom.

Georges-Louis Bouchez, président du MR, a dû le préciser: “Ce n’est pas un poisson d’avril.” En ce premier avril, le libéral a en effet annoncer vouloir “travailler la piste d’un gouvernement minoritaire et la mettre en œuvre”. Une solution à laquelle il se refusait jusqu’ici. Et une formule, pour rendre à César ce qui appartient à César, qui avant déjà été avancée par la présidente de DéFi, Sophie Rohonyi.

“Cela fait 10 mois qu’on est dessus, il faut avancer!, s’est emporté Georges-Louis Bouchez. Je ne vois pas comment faire autrement. On travaille au groupe le plus large possible, vraisemblablement minoritaire du côté francophone. Ce sera soit ça, soit la tutelle.  Il faut arrêter, pour les francophones de ce pays, de considérer les néerlandophones comme quantité négligeable. Moi, comparé à d’autres, je respecte les institutions.”

Le libéral a également proposé de confier à la N-VA un poste de commissaire de gouvernement, pour l’intégrer au jeu bruxellois, sans pour autant lui donner un ministère. Voilà qui a suscité le rejet d’Ecolo et de DéFi.

“Et donc le wallon de l’étape, qui dénonce à longueur de journée une prétendue dictature des minorités, veut instaurer à Bruxelles un gouvernement minoritaire côté fr”, ironise Zakia Khattabi (Ecolo)

“La N-VA a atteint son objectif”

Du côté francophone, seuls les Engagés sont partants. “Nous acceptons toutes les solutions qui sont sur la table parce que les Bruxellois ont besoin d’un gouvernement, tout simplement, souligne Christophe De Beukelaer, leur chef de file, estimant la situation “indécente”. Ça fait neuf mois qu’on a tout essayé, et aujourd’hui on avance avec ceux qui veulent, et si on doit arriver à une solution minoritaire – ce n’est pas notre premier choix, on a tout essayé pour l’éviter –, ce sera ça ! Car nous ne laisserons pas tomber Bruxelles comme certains.”

Sans surprise, le PS dénonce. “Donc pour simplifier, ironise le député fédéral Ridounae Chahid. Le Président du MR nous dit qu’il a l’intention de former un gouvernement minoritaire (pour le groupe linguistique FR) pour gouverner une région majoritairement francophone. Et ce n’est pas un poisson d’avril. La NVA a donc bel et bien atteint son objectif.

Il existe encore une large majorité autour du MR, du PS, des Engagés, de Groen, de Vooruit et du CD&V prêts à travailler dans l’intérêt de Bruxelles, mais le MR a fait le choix partisan d’un gouvernement minoritaire francophone “pour maintenir à tout prix son alliance avec la NV-A pour mettre en place une politique d’austérité et de casse sociale”, a jugé mardi le bureau de la Fédération bruxelloise du PS.

Pour rappel, le dernier blocage majeur consistait en un refus du PS de négocier avec la N-VA, tandis que l’Open VLD souhaitait la présence de la N-VA au sein de la majorité afin de veiller à “l’orthodoxie budgétaire”.

“Pourquoi minoritaire?”

Si la réaction du PS ne suscite guère de surprise, celle de la cheffe de file écologiste flamande Elke Van den Brandt est davantage préoccupante pour la volonté du MR.

Pourquoi faire un gouvernement minoritaire?, a-t-elle demandé ce mardi matin sur LN24 On n’aurait a priori pas de majorité au parlement. Et pour voter des réformes, il faut avoir cette majorité. Un gouvernement minoritaire avec le MR ne donnerait pas cette stabilité”.

Et l’élue Groen de rappeler: “Les enjeux pour Bruxelles sont énormes, notamment pour le budget. Chez Groen, on est prêt à trouver des solutions. Mais sans majorité, ce sera un exercice très compliqué. Je suis curieux de voir les réponses du MR à toutes les questions que l’on se pose.”

Finira-t-on par sortir de cet interminable chaos? Comment est-il possible de laisser la capitale sombrer de la sorte?

Le député bruxellois N-VA Mathias VandenBorre a lui posté un tweet célébrant: “Nous avons un gouvernement bruxellois”. C’était, là, visiblement un poisson d’avril.

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