L’Italie veut bloquer la norme Euro 7 pour les véhicules à carburant

Matteo Salvini
Robert Van Apeldoorn
Robert Van Apeldoorn Journaliste Trends-Tendances

Le ministre italien des Transports, Matteo Salvini, estime que l’Italie et ses alliés pourront bloquer la future norme Euro 7 qui devrait réduire les émissions des autos à carburants à partir de 2025.

Elu de la Ligue du Nord (Lega), Matteo Salvini, le ministre des Transports du gouvernement Meloni, a affirmé devant une assemblée de revendeurs de voitures à Vérone que l’Italie a la possibilité de bloquer le vote sur la nouvelle norme Euro 7 pour les autos à carburant. Il estime pouvoir constituer une coalition avec 8 autres pays, dont la Pologne, la Hongrie, le Portugal, la Slovaquie ou la France. « Nous avons maintenant une minorité de blocage, nous voulons devenir une majorité » a-t-il déclaré, selon Reuters.

Annulation ou report

La norme Euro7 porte sur de nouvelles limitations des émissions toxiques des autos (dioxyde d’azote notamment, micro-particules, y compris celles émises par les freins et les pneus) et ne concerne pas les émissions de CO2. La norme devrait succéder à l’Euro6 à partir de juillet 2025. Matteo Salvini espère qu’Euro 7 ne sera pas appliquée, ou au moins reportée.

De l’immigration à la défense de l’auto

Matteo Salvini était surtout connu pour ses initiatives contre l’immigration lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Comme ministre des Transports, il se positionne en défenseur de l’automobile menacée par les normes européennes. Il avait contesté l’obligation de passer aux autos zéro émission à partir de 2035, en vain.

Les constructeurs contestent l’Euro7

A présent, Matteo Salvini s’attaque à la norme Euro 7. Le sujet perturbe plusieurs constructeurs européens comme Renault et Stellantis. Le CEO de ce dernier groupe, Carlos Tavares, estime que le passage à l’Euro 7 va distraire des investissements au moment où l’industrie doit miser des milliards d’euros dans l’électrification. « Pourquoi utiliser des ressources pour une technologie que l’on veut bannir ? Cela n’a pas de sens », a-t-il dit à Automobilwoche.

L’association européenne des constructeurs, l’ACEA, estime que l’adaptation à la norme Euro 7 ajouterait, en moyenne, 2000 euros de coût par véhicule.

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