Collision en mer du Nord: 5 questions pour comprendre cet étrange accident

le Stena Immaculate

Les accidents en mer sont relativement fréquents. Pourtant, l’accident d’hier entre le cargo Solong et le pétrolier Stena Immaculat est pour le moins inhabituel. Et ce pour plusieurs raisons.

Lundi matin, deux navires sont entrés en collision au large du East Yorkshire. Le Solong, un cargo de 140 mètres de long, a foncé sur le Stena Immaculate, un pétrolier de 183 mètres affrété par l’armée américaine pour transporter du carburant. L’impact a provoqué un incendie spectaculaire et plusieurs explosions. Malgré l’incendie, aucun décès n’a été signalé. Les Trente-deux membres d’équipage ont été évacués. Seul un membre d’équipage du Solong est porté disparu.

Pourquoi cet accident est-il considéré comme bizarre ?

Il est rare qu’un navire fonce ainsi directement sur un autre, surtout à angle droit et dans une zone de mouillage bien surveillée. Or le cargo Solong a percuté de plein fouet le pétrolier Stena Immaculate, qui était à l’ancre et donc immobile. Il n’a ni ralenti ni modifié sa trajectoire. Le fait que ce cargo a continué à avancer sans aucune réaction est donc pour le moins inhabituel. D’autant que l’incident s’est produit sur une route maritime très fréquentée, près du port britannique de Hull, où de nombreux navires attendent un poste d’amarrage.

Quelles peuvent être les causes possibles de cette collision ?

Il y a, à ce stade de l’enquête, deux hypothèses principales.

La première est une erreur humaine. Il est possible que l’équipage du Solong n’ait pas été attentif ou qu’il ait mal interprété les signaux de navigation. Selon certains experts, le pilote automatique du cargo pourrait avoir été activé, et personne n’aurait surveillé la trajectoire du navire.

Une autre piste est problème technique. Une défaillance des instruments de navigation ou du système de propulsion pourrait avoir empêché le cargo de ralentir ou de changer de cap à temps. Toutefois, aucun signe de panne majeure n’a été rapporté pour le moment.

Pourquoi les mesures de prévention des collisions n’ont-elles pas fonctionné ?

Normalement, plusieurs dispositifs permettent d’éviter ce type d’accident. Il y a des radars et des transpondeurs indiquent en temps réel la position des autres navires. Il existe aussi des alarmes qui, en théorie, préviennent l’équipage lorsqu’un bateau s’approche de trop près. Et, enfin, il y a la surveillance visuelle. Elle reste essentielle, notamment dans des zones de trafic dense. 

Or, dans la collision de lundi, aucun de ces systèmes n’a, semble-t-il, permis d’éviter l’accident. Soit ils ont été mal configurés, soit l’équipage ne les surveillait pas correctement. La surveillance visuelle aura aussi souffert d’un brouillard épais.

Le Stena lui ne pouvait rien faire puisqu’il était au mouillage. Or lorsqu’un navire est ainsi immobilisé, il faut environ 45 minutes pour se mettre en mouvement.

Quels sont les risques environnementaux liés à cette collision en mer du Nord ?

L’accident a provoqué une fuite de kérosène, une substance toxique pour l’environnement, bien que moins persistant que le fioul lourd. Cette pollution peut affecter la faune marine, en particulier les oiseaux.

Un autre risque majeur provient des 15 conteneurs de cyanure de sodium transportés par le Solong. Ce produit chimique est hautement toxique et peut entraîner une catastrophe environnementale s’il se répand dans l’eau ou s’il s’enflamme. À ce stade, il n’est pas confirmé que ces conteneurs aient été endommagés. Ils sont stockés au centre des porte-conteneurs, dans des zones plus sécurisées.

S’ils étaient touchés, ils représenteraient surtout une menace surtout pour les équipes d’intervention.

Quelles sont les prochaines étapes de l’enquête ?

Il n’y a pour l’instant aucune preuve de sabotage ou d’un acte intentionnel, mais une enquête approfondie est en cours. Pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé, les autorités vont analyser les données de la “boîte noire” du navire, appelée Voyage Data Recorder (VDR). L’enquête devra aussi examiner les conditions météorologiques exactes, la formation de l’équipage, et vérifier si des manquements aux protocoles de sécurité ont eu lieu.

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