Pour la BNB, le déficit budgétaire de la Belgique n’est pas tenable

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Le déficit budgétaire de la Belgique, qui pourrait avoisiner les 5% cette année, selon les dernières prévisions de la Banque nationale (BNB), est préoccupant, selon les responsables de la banque centrale. A situation inchangée, la Belgique pourrait avoir le déficit le plus élevé de la zone euro en 2025.

Après avoir évité la récession grâce une légère croissance (0,5%) au premier trimestre, « tout indique que la croissance restera relativement stable au cours des prochains trimestres », selon la BNB qui table sur une progression de 1,4% du PIB pour l’ensemble de l’année en cours. Le rythme de croissance retomberait ensuite progressivement à 0,3% sur une base trimestrielle ou à 1,2% sur une base annuelle, d’ici 2025.

   Si la croissance économique semble résister, la BNB s’inquiète d’un déficit budgétaire qui continue à se creuser et devrait atteindre 4,7% du PIB cette année. Les dépenses publiques primaires restent élevées. « L’économie a bien presté, mais on reste avec un déficit trop élevé et des coûts salariaux trop élevés », pointe le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch. « A un moment donné, il faut une rupture fondamentale, radicale, avec la manière dont on fait de la politique budgétaire.« 

   Concernant l’inflation, elle a déjà « considérablement » diminué grâce à la forte baisse des prix internationaux du gaz. Mais la BNB constate que l’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des produits énergétiques et alimentaires et permet de mieux cerner l’évolution à long terme, reste stable, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Si l’inflation totale passera de 10,3% en 2022 à 1,9% cette année, la sous-jacente progressera de 4 à 6,2%. Dans l’ensemble, le pouvoir d’achat des ménages devrait se renforcer en 2023 par rapport à 2022.

Climat, coûts salariaux et emploi

   Autre source de préoccupation pour la banque centrale: le fossé entre les objectifs européens climatiques pour 2050 et la faiblesse des investissements des ménages dans les logements. « Il y a débat autour de la nécessité d’atteindre le label énergétique A pour l’ensemble du parc immobilier, mais sur la base de la législation européenne en vigueur, il faudrait des investissements beaucoup plus élevés », souligne Pierre Wunsch. La BNB estime que pour répondre à l’effort de rénovation exigé, il faudrait un niveau d’investissements 40% plus élevé qu’aujourd’hui.

   Les coûts salariaux devraient augmenter de 8% en 2023, principalement en raison de l’indexation. La Banque nationale table sur le fait que les entreprises ne répercuteront pas l’intégralité de la hausse de leurs coûts sur leurs prix, mais qu’elles en absorberont une partie grâce à leurs marges bénéficiaires.

   Le marché de l’emploi présente des signaux plus encourageants à court qu’à long terme. La création d’emplois rebondirait après un ralentissement au second semestre 2022. Une question démographique demeure cependant. A partir de la fin de cette décennie, la population en âge de travailler va commencer à reculer, tendant un peu plus le marché du travail. Pour des jeunes qui vont entrer sur le marché de l’emploi, c’est certes un contexte « historiquement favorable », mais la pénurie de main-d’œuvre globale pourrait ralentir la croissance économique.

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