Le chocolatier liégeois Galler, basé à Vaux-sous-Chèvremont, peine toujours à sortir la tête hors de l’eau. L’entreprise vient d’obtenir un sursis de quatre mois dans le cadre d’une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) silencieuse.
L’année 2026 va-t-elle sonner la fin du chocolatier Galler ? Rien n’est encore acté, mais force est de constater que l’entreprise traverse de graves difficultés. La nomination, en novembre dernier, d’un nouveau capitaine en la personne de Sébastien Desclée, n’a pour l’instant rien changé, puisque l’entreprise se retrouve en procédure de réorganisation judiciaire, rapporte L-Post.
Cette procédure permet à une entreprise de préparer sa réorganisation sous la supervision d’un mandataire de justice sans en faire la communication publique. Souvent perçue comme la carte de la dernière chance, elle constitue une tentative décisive pour se redresser avant qu’une faillite ne devienne inévitable. Dans le cas présent, Galler a obtenu un sursis de quatre mois pour sortir la tête hors de l’eau.
Pâques comme salut
La procédure a été entamée en janvier dernier. Il ne lui reste donc plus que trois mois pour redresser la barre. La célèbre chocolaterie liégeoise mise beaucoup sur la période de Pâques pour renflouer sa trésorerie, tendue depuis des années. Durant le sursis accordé, l’entreprise suspend le paiement de huit créanciers.
De fait, Galler a enchaîné les difficultés depuis le début des années 2020, à commencer par la pandémie de coronavirus, suivie, dès l’été 2021, par les inondations catastrophiques à Liège qui ont dévasté son atelier de production à Vaux-sous-Chèvremont. L’année suivante n’a pas été de tout repos, avec la crise énergétique provoquée par l’invasion de l’Ukraine. En 2023 et 2024, c’est le cours de la fève de cacao qui s’est envolé, faisant pression sur les résultats financiers, avec des pertes à répétition.
En 2024, l’entreprise avait enregistré une perte nette de 1,7 million d’euros et une perte reportée de plus de 5 millions, rapporte L’Echo.
Le délai devrait permettre à l’entreprise de générer de la trésorerie, aidée par Pâques, mais devrait surtout permettre à Galler de trouver de nouveaux investisseurs. Le CEO a affirmé au quotidien économique « être en contact avec des investisseurs potentiels pour donner un futur à l’entreprise ». Mais la fuite de cette procédure, censée rester privée, pourrait toutefois compliquer certaines discussions.
Pour l’heure, l’actionnaire majoritaire du chocolatier est qatari et détient 50,4 % des parts de l’entreprise. Le reste est aux mains de plusieurs actionnaires belges, dont la Région wallonne et son bras armé financier, Wallonie Entreprendre, qui détiennent 19,5 % des parts, ou encore l’invest liégeois Noshaq, qui dispose de 10 % des parts.
Galler face à Chez Blanche
Bien qu’elle porte toujours son nom, le fondateur de l’entreprise, Jean Galler, a quitté le navire en 2018. Depuis, il a lancé une nouvelle marque de chocolats, « Chez Blanche », qui connaît un franc succès à travers plus de 200 points de distribution ainsi que dans ses propres boutiques, principalement en région liégeoise. Il est ainsi devenu un concurrent direct de sa précédente création.