Amid Faljaoui

Tech tonique et gifle stratégique : Trump frappe… ses propres supporters

Hier, Wall Street a pris une claque. Une vraie. Pas une petite oscillation technique, non : un revers en pleine figure façon Trump.

Le S&P 500 dévisse de 4,84 %, le Nasdaq plonge de 6 %, et le Dow Jones s’écrase de 4 %. La pire séance depuis le Covid ? Presque. Le déclencheur ? Une bonne vieille guerre commerciale, façon 2018, version surboostée.

Donald Trump a décidé de taxer massivement tout ce qui vient d’Asie : Chine, Vietnam, Cambodge, Taïwan, Inde… Aucun passe-droit, aucune exception. Même pas pour ses “amis” de la Silicon Valley. Et c’est là que ça devient savoureux.

La gifle envers les barons de la Tech américaine

Parce que les premières victimes de ce grand retour du protectionnisme, ce sont… les barons de la Tech américaine. Ceux-là mêmes qui avaient soutenu Trump. Ceux qui avaient sorti leur carnet de chèques pour assister à son investiture. Ceux qui misaient sur une présidence “business friendly”. Résultat ? Apple : -8,2 %. Amazon : -7,2 %. Meta : -6 %. Nvidia : -6 %. Tesla : -5,5 %. Microsoft : -2 %. Et en cadeau bonus, Nike perd 10 %, soit 9 milliards envolés. Le tout en une journée.

La raison est simple : tous ces groupes dépendent massivement de l’Asie pour produire leurs iPhones, leurs puces, leurs baskets, leurs batteries. Et maintenant, chaque produit va se prendre un supplément de 20 à 50 % à la douane. À eux de choisir : réduire leurs marges ou augmenter les prix. Devinez qui va payer au final ? L’épargnant. Le consommateur. Vous, moi, tout le monde.

Et ce n’est pas fini. Car la chaîne d’approvisionnement mondiale vacille. Même Taïwan, pourtant un partenaire stratégique, voit ses exportations de composants visées. TSMC, le roi des puces pour l’IA, a été mentionné avant d’être (temporairement ?) épargné. Mais la menace est là.

Profiter à la Chine

Et le plus ironique dans tout ça ? C’est que ce grand coup de massue tarifaire pourrait… profiter à la Chine. Oui, la Chine. Car pendant que les Américains taxent leurs propres champions, les concurrents chinois se frottent les mains. Xiaomi, BYD, Alibaba, Temu, Lenovo… Tous sont prêts à occuper l’espace. En Europe, en Afrique, en Asie du Sud. Moins chers, moins bridés, plus rapides.

C’est donc une double gifle : pour les chefs d’entreprise de la Tech qui pensaient avoir Trump dans la poche, et pour l’idée même de suprématie américaine dans le numérique. Trump, en voulant “libérer” l’économie américaine, est peut-être en train de libérer les parts de marché de la Chine.

Bref, quand on joue avec le feu douanier, on finit souvent par se brûler… les marges. Et, parfois, la crédibilité

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