Deux ans après le droit à la déconnexion, la charge de travail continue d’augmenter dans les entreprises belges

Deux ans après l’entrée en vigueur du droit à la déconnexion, les travailleurs belges évaluent leur équilibre vie privée-vie professionnelle à 7,3 sur 10 en moyenne. Un résultat plutôt positif. En apparence seulement. Dans les faits, la charge de travail reste en hausse. Près de 6 travailleurs sur 10 (59 %) déclarent une augmentation (significative) de leur charge de travail au cours de la dernière année, un constat partagé par 68 % des entreprises.
Le droit à la déconnexion ne semble pas avoir l’effet escompté sur la charge de travail des travailleurs belges qui reste importante. Employeurs et salariés pointent du doigt la même cause principale : la pénurie persistante de personnel. C’est ce que révèle une étude d’Acerta Consult, menée auprès de plus de 2 000 travailleurs et 500 employeurs en Belgique. Cette pression accrue affecte directement le bien-être mental. Un quart des travailleurs (24,1 %) se sentent actuellement au bord du burn-out.
Malgré une note globale positive sur l’équilibre vie pro-vie perso, près de la moitié (48,1 %) des salariés du privé jugent leur charge de travail actuelle trop élevée. Ce chiffre grimpe à 58,7 % quand on leur demande si cette charge a augmenté depuis l’an dernier. Côté employeurs, le constat est encore plus marqué. 57,6 % estiment que la charge de travail dans leur entreprise est excessive. 67,9 % notent une nette hausse sur un an.
Des divergences de perception entre employeurs et salariés
Anne-Sophie Bialas, experte en bien-être chez Acerta Consult, souligne que les employeurs sont parfois plus critiques que les travailleurs eux-mêmes. Ils identifient déjà la charge de travail comme la deuxième raison principale pour laquelle leurs collaborateurs quittent l’entreprise, alors que les travailleurs ne la classent qu’en sixième position. Ce regard plus tourné vers l’avenir s’explique notamment par la digitalisation, l’intelligence artificielle, et la pénurie de main-d’œuvre. Autre point d’attention : les jeunes actifs sont plus vulnérables. Un tiers des 20-30 ans attribue une note de 6/10 ou moins à leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
Le bien-être, un enjeu crucial
Dans un contexte de recrutement difficile, le bien-être des équipes en place devient un enjeu crucial. Pourtant, la perception des politiques de bien-être diverge : les travailleurs leur attribuent une note moyenne de 6,7/10, contre 7,1/10 du côté des employeurs.
Anne-Sophie Bialas conclut : « Employeurs, travailleurs et autorités publiques reconnaissent l’importance d’une politique de bien-être efficace. Le gouvernement insiste notamment sur la responsabilité partagée, la lutte contre l’absentéisme, la réforme des trajets de réintégration, et le maintien de la cotisation INAMI. Pour faire face aux défis de demain, il est essentiel d’agir ensemble, de manière proactive. »
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Acerta
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Secteur:
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