Ne pesant que 1.200 grammes, Magawa ne déclenche aucun mécanisme lors de son passage et son odorat fait le reste. Entraîné par un Limbourgeois, Christophe Cox, ce rat est capable de détecter l'odeur du TNT et, en cas de découverte, de gratter la terre pour signaler le danger. Pareille performance valait bien une médaille que vient de lui décerner PDSA, une...

Ne pesant que 1.200 grammes, Magawa ne déclenche aucun mécanisme lors de son passage et son odorat fait le reste. Entraîné par un Limbourgeois, Christophe Cox, ce rat est capable de détecter l'odeur du TNT et, en cas de découverte, de gratter la terre pour signaler le danger. Pareille performance valait bien une médaille que vient de lui décerner PDSA, une association britannique qui oeuvre depuis plus de 100 ans pour le bien-être animal. L'organisation non gouvernementale Apopo a été constituée fin des années 1990 par deux compagnons d'études, Bart Weetjens et Christophe Cox, au départ d'une idée folle : utiliser l'odorat des rats pour détecter les mines antipersonnel. Celui-ci est aussi développé que celui d'un chien mais les rongeurs étant moins lourds, ils courent moins de danger. Un rat peut ainsi passer au peigne fin l'équivalent d'un terrain de tennis en une demi-heure là où un humain caparaçonné et équipé d'un détecteur de métaux peut mettre jusqu'à quatre jours pour accomplir la même tâche. Depuis sa constitution, Apopo a permis de neutraliser près de 110.000 mines. C'est beaucoup, mais tout est relatif : rien qu'au Cambodge, entre 1975 et 1998, de quatre à six millions de mines antipersonnel ont par exemple été disséminées sur l'ensemble du territoire. Mais il n'y a pas que les mines. Fort de son succès, Apopo a également entraîné ses rats à dépister un autre tueur, tout aussi dangereux : la tuberculose. On peut certes la diagnostiquer mais un test cutané ne livrera son résultat que trois jours plus tard. Avec son nez, le rat apporte une réponse quasi instantanée. Même s'ils ne mangent pas beaucoup, entraîner des rats coûte cher. Apopo tourne avec un budget annuel de l'ordre de 4,5 millions d'euros, dont une partie apportée par le gouvernement flamand.