Quand on parle d'entreprises qui ont conquis le monde au départ de la Belgique, on pense spontanément à AB Inbev, Solvay ou encore Bekaert. Mais les entrepreneurs belges ambitieux d'aujourd'hui n'ont pas franchement intérêt à suivre leur exemple. "Le monde a radicalement changé", explique Karin Winters, Managing Partner chez PwC Legal. "Tout va beaucoup plus vite. Les entreprises telles que le groupe chinois Alibaba se développent à un rythme effréné. Une tendance à laquelle nous n'échappons pas." À l'instar de la vitesse à laquelle évolue le monde des entreprises, le degré de transparence vis-à-vis du monde extérieur a, lui aussi, fort changé.

Karin Winters, Managing Partner chez PwC Legal, Jan Locus
Karin Winters, Managing Partner chez PwC Legal © Jan Locus

"La nécessité de partager des informations de manière proactive avec les pouvoirs publics quand on est une entreprise augmente fortement depuis quelques années", poursuit Pascal Janssens, Tax Partner chez PwC Belgium. "Une entreprise qui se développe à l'international doit avoir conscience de cette transparence accrue et, surtout, être prête à s'y conformer."

Quand une entreprise se tourne vers l'étranger, ce dernier élément devient bien souvent un point sensible. "Un entrepreneur se focalise avant tout sur son coeur de métier", explique Pascal Janssens. "Lorsqu'il étend ces activités à l'étranger, il se voit subitement confronté à d'autres juridictions, à une autre culture d'entreprise et à d'autres rythmes. Sans parler des réglementations et des pratiques différentes." Il doit donc relever un défi de taille: miser pleinement sur l'expansion de son entreprise, tout en mettant de l'ordre dans l'organisation interne et en le maintenant. "Se pose alors la question de la conformité dans chaque pays", souligne Karin Winters. "Connaissez-vous les règles? Les respectez-vous? Et pouvez-vous le démontrer?"

Pascal Janssens, Tax Partner chez PwC Belgium, Jan Locus
Pascal Janssens, Tax Partner chez PwC Belgium © Jan Locus

Le bon équilibre

La politique RH de l'entreprise se trouve elle aussi face à un défi. "Il faut chercher les bons profils à l'étranger", précise Matthias Reyntjens, Consulting Partner chez PwC Belgium. "Où trouver ces collaborateurs et comment les fidéliser? Il n'est pas toujours évident de maintenir un équilibre entre, d'une part, la stratégie et la culture de l'entreprise et, d'autre part, les valeurs et les habitudes locales." Il faut consentir de gros efforts en matière de soft HR: l'organisation doit trouver le bon dosage entre la gestion centrale et l'apport des collaborateurs locaux. Le tout alors que la législation et les habitudes diffèrent dans chaque pays. "Un chef d'entreprise ne peut pas tout suivre sur place", ajoute Karin Winters. "D'où l'importance de mettre en place des processus et une bonne gouvernance dans tous les domaines : questions juridiques, fiscalité, politique RH, etc."

Ce qui nous amène à la question cruciale que se pose tout entrepreneur: comment mettre au point une organisation qui évolue très rapidement et comment la garder "sous contrôle"? "Il s'agit en effet d'un exercice périlleux", estime Matthias Reyntjens. "L'entrepreneur veut avant tout se concentrer sur le développement de ses activités. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, mais il doit aussi veiller à ce que son organisation ne soit pas coupée de la réalité." Il faut changer d'état d'esprit pour travailler dans un contexte international en proie à une évolution rapide. "Il convient de développer plusieurs disciplines, par exemple au sein de centres d'excellence, et de gérer l'ensemble de manière globale afin de garder le contrôle à tout moment", suggère Matthias Reyntjens.

Entreprendre, c'est anticiper

Les différences entre les continents et les pays font irrémédiablement surface. Pascal Janssens: "Prenez la fiscalité. Chaque pays applique son propre système d'impôt direct, en prévoyant notamment des incitants destinés à attirer les investisseurs étrangers." Mais la législation change souvent très vite. Un entrepreneur doit pouvoir suivre le rythme. Et plus il multiplie les pays où il est actif, plus la difficulté augmente. "Pour bon nombre d'entreprises, les frontières nationales ne sont pas strictement définies", explique Matthias Reyntjens. "Du moins quand il est question de production ou de vente. Cela n'empêche pas l'entreprise de se heurter à ces différences en matière de fiscalité et de politique RH."

Matthias Reyntjens, Consulting Partner chez PwC Belgium, Jan Locus
Matthias Reyntjens, Consulting Partner chez PwC Belgium © Jan Locus

Entreprendre, c'est donc aussi souvent anticiper. "Un entrepreneur qui perçoit une opportunité a tendance à vouloir la saisir au plus vite", confirme Pascal Janssens. "Mais des obstacles se dressent rapidement sur sa route: frais imprévus en matière de conformité, droits de douane, problèmes de permis ou de propriété intellectuelle, utilisation d'une marque, etc." Le temps que l'entrepreneur a préalablement pris pour se renseigner est vite récupéré s'il lui permet d'éviter des problèmes par la suite. "Au final, il s'agit de présenter une stratégie solide et préalablement étudiée", conclut Karin Winters. "C'est elle qui permettra à l'entrepreneur de faire la différence dans le cadre de son expansion internationale."

Quand on parle d'entreprises qui ont conquis le monde au départ de la Belgique, on pense spontanément à AB Inbev, Solvay ou encore Bekaert. Mais les entrepreneurs belges ambitieux d'aujourd'hui n'ont pas franchement intérêt à suivre leur exemple. "Le monde a radicalement changé", explique Karin Winters, Managing Partner chez PwC Legal. "Tout va beaucoup plus vite. Les entreprises telles que le groupe chinois Alibaba se développent à un rythme effréné. Une tendance à laquelle nous n'échappons pas." À l'instar de la vitesse à laquelle évolue le monde des entreprises, le degré de transparence vis-à-vis du monde extérieur a, lui aussi, fort changé."La nécessité de partager des informations de manière proactive avec les pouvoirs publics quand on est une entreprise augmente fortement depuis quelques années", poursuit Pascal Janssens, Tax Partner chez PwC Belgium. "Une entreprise qui se développe à l'international doit avoir conscience de cette transparence accrue et, surtout, être prête à s'y conformer."Quand une entreprise se tourne vers l'étranger, ce dernier élément devient bien souvent un point sensible. "Un entrepreneur se focalise avant tout sur son coeur de métier", explique Pascal Janssens. "Lorsqu'il étend ces activités à l'étranger, il se voit subitement confronté à d'autres juridictions, à une autre culture d'entreprise et à d'autres rythmes. Sans parler des réglementations et des pratiques différentes." Il doit donc relever un défi de taille: miser pleinement sur l'expansion de son entreprise, tout en mettant de l'ordre dans l'organisation interne et en le maintenant. "Se pose alors la question de la conformité dans chaque pays", souligne Karin Winters. "Connaissez-vous les règles? Les respectez-vous? Et pouvez-vous le démontrer?"La politique RH de l'entreprise se trouve elle aussi face à un défi. "Il faut chercher les bons profils à l'étranger", précise Matthias Reyntjens, Consulting Partner chez PwC Belgium. "Où trouver ces collaborateurs et comment les fidéliser? Il n'est pas toujours évident de maintenir un équilibre entre, d'une part, la stratégie et la culture de l'entreprise et, d'autre part, les valeurs et les habitudes locales." Il faut consentir de gros efforts en matière de soft HR: l'organisation doit trouver le bon dosage entre la gestion centrale et l'apport des collaborateurs locaux. Le tout alors que la législation et les habitudes diffèrent dans chaque pays. "Un chef d'entreprise ne peut pas tout suivre sur place", ajoute Karin Winters. "D'où l'importance de mettre en place des processus et une bonne gouvernance dans tous les domaines : questions juridiques, fiscalité, politique RH, etc."Ce qui nous amène à la question cruciale que se pose tout entrepreneur: comment mettre au point une organisation qui évolue très rapidement et comment la garder "sous contrôle"? "Il s'agit en effet d'un exercice périlleux", estime Matthias Reyntjens. "L'entrepreneur veut avant tout se concentrer sur le développement de ses activités. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, mais il doit aussi veiller à ce que son organisation ne soit pas coupée de la réalité." Il faut changer d'état d'esprit pour travailler dans un contexte international en proie à une évolution rapide. "Il convient de développer plusieurs disciplines, par exemple au sein de centres d'excellence, et de gérer l'ensemble de manière globale afin de garder le contrôle à tout moment", suggère Matthias Reyntjens.Les différences entre les continents et les pays font irrémédiablement surface. Pascal Janssens: "Prenez la fiscalité. Chaque pays applique son propre système d'impôt direct, en prévoyant notamment des incitants destinés à attirer les investisseurs étrangers." Mais la législation change souvent très vite. Un entrepreneur doit pouvoir suivre le rythme. Et plus il multiplie les pays où il est actif, plus la difficulté augmente. "Pour bon nombre d'entreprises, les frontières nationales ne sont pas strictement définies", explique Matthias Reyntjens. "Du moins quand il est question de production ou de vente. Cela n'empêche pas l'entreprise de se heurter à ces différences en matière de fiscalité et de politique RH."Entreprendre, c'est donc aussi souvent anticiper. "Un entrepreneur qui perçoit une opportunité a tendance à vouloir la saisir au plus vite", confirme Pascal Janssens. "Mais des obstacles se dressent rapidement sur sa route: frais imprévus en matière de conformité, droits de douane, problèmes de permis ou de propriété intellectuelle, utilisation d'une marque, etc." Le temps que l'entrepreneur a préalablement pris pour se renseigner est vite récupéré s'il lui permet d'éviter des problèmes par la suite. "Au final, il s'agit de présenter une stratégie solide et préalablement étudiée", conclut Karin Winters. "C'est elle qui permettra à l'entrepreneur de faire la différence dans le cadre de son expansion internationale."