Le Soir avait révélé mi-septembre l'existence d'une offre liante, signée en mai, pour la vente de 50% plus une action du télé-distributeur Voo par Nethys au fonds d'investissement américain Providence. Un deal qui a suscité moult réactions et a été conclu sans que Nethys n'en ait informé les administrateurs de sa maison-mère, l'intercommunale Enodia (ex-Publifin).

Des candidats acquéreurs, comme les opérateurs Orange et Telenet, n'ont pas caché leur frustration alors que la direction de Nethys a notamment expliqué avoir gardé secrète la vente du télé-distributeur au fonds américain Providence afin d'éviter "qu'un concurrent surenchérisse sur Brutélé (le partenaire de Nethys au sein de Voo, NDLR) pour paralyser la situation". Le deal avec les Américains est en effet soumis à une condition suspensive: au cas où la cession de Brutélé n'aurait pas été acquise d'ici le 24 octobre, Providence aurait la possibilité de dénoncer le deal ou d'acheter uniquement la partie liégeoise de Voo, à un prix très raboté.

Telenet n'a pas abandonné l'idée de reprendre Voo et de s'étendre ainsi au sud du pays mais les choses se passent de manière très opaques, selon son CEO John Porter. "Nous avons constaté les derniers développements. Nous avons fait une offre il y a un an, que nous avons confirmée à nouveau. Mais nous sommes actuellement sur la touche."

Telenet reste également intéressé par Brutélé, comme il l'avait déjà fait savoir la semaine dernière. Telenet a indiqué avoir déposé, en avril dernier, "une offre très intéressante" sur l'intercommunale actionnaire minoritaire historique de Voo.

Le conseil d'administration d'Enodia a suspendu mercredi soir le processus de vente des filiales Voo, Elicio et Win, a-t-on appris jeudi.