Tout sur Panama Papers

Les représentants des partis de la majorité fédérale N-VA, CD&V, Open Vld et MR en commission d'enquête Panama Papers sont parvenus à un accord sur un rapport contenant des recommandations pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. "Fumée blanche", ont écrit Rob Van de Velde (N-VA) et Roel Deseyn (CD&V) sur Twitter.

Fini de cacher son argent sous d'autres cieux. D'ici deux ans, le fisc saura si vous avez des avoirs placés à l'étranger. Ces capitaux et ces revenus connus de l'administration belge devront être gérés en toute légalité. Peut-on malgré tout garder un certain anonymat ? Qu'est ce qui est encore permis ? Gros plan sur la gestion de patrimoine à l'heure de la transparence des comptes bancaires.

Les eurodéputés belges Hugues Bayet (PS/S&D), Louis Michel (MR/ADLE) et Tom Vandenkendelaere (CD&V/PPE) siègeront dans la commission d'enquête du Parlement européen chargée de se pencher sur le scandale des "Panama Papers". L'hémicycle européen, réuni en plénière à Bruxelles, a approuvé jeudi la composition de cette commission.

Au Parlement belge, la mode est à l'indignation fiscale. Ce n'est d'ailleurs pas une mode belge, mais européenne. On l'a encore vu dans la presse avec deux députés européens qui estiment que l'évasion fiscale, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Rien que cela. C'est joli comme expression, les médias adorent et cela ne mange pas de pain.

"Nous avons été confrontés, à partir du début de 2012, à une avalanche de critiques et à une véritable volée de bois vert de la part de Karel De Gucht. Au final, entre 2012 et aujourd'hui, nous avons perdu 4 ans", a affirmé mardi Karel Anthonissen, directeur régional de l'ISI.

"La surveillance des marchés financiers, à titre préventif, a bien fonctionné sur le territoire belge et a permis qu'il y ait peu ou pas de comportements irréguliers constatés", a assuré Jan Smets, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, lors de son audition, mardi après-midi, devant la commission spéciale de la Chambre consacrée aux "Panama Papers".

"Toutes les entités de Dexia - dont BIL (Banque internationale Luxembourg) et sa filiale Experta qui ont contribué à la création de quelque 1.600 entreprises off shore par l'intermédiaire du cabinet Mossack Fonseca, ndlr -, respectaient les règles en vigueur à l'époque", a affirmé Michèle Colin, responsable de la conformité chez Dexia, devant la commission spéciale de la Chambre consacrée aux Panama Papers.

Pour le grand public, le fisc semble souvent désarmé face à l'évasion ou à la fraude fiscale internationale. Frank Philipsen, le directeur de l'Inspection spéciale des impôts (ISI) l'a avoué à demi-mots lors de sa dernière audition au Parlement fédéral.

Les services de lutte contre la fraude fiscale de la police ont reçu dès 2011 des éléments faisant état des opérations effectuées par Dexia au Panama via sa filiale luxembourgeoise, ressort-il d'une enquête interne de l'Inspection spéciale des impôts (ISI) qui avait elle-même reçu une information à ce sujet en 2009, rapporte De Tijd mercredi, qui a mené le volet belge des "Panama Papers" avec Le Soir, MO* et Knack.