"Health, sustainablility and convenience". Ces trois mots constituent les piliers de la société Winning Foods de Frederik Van Dessel (31 ans), à l'appui de laquelle il entend contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Un sens de l'entreprise qu'il a depuis son plus jeune âge. En plus d'organiser le bal de l'école, il proposait ses services comme DJ de salon. Après ses études, il a créé une start-up ayant pour objectif de rendre les opérations de la Sabam plus transparentes. Par la suite, il est devenu diversement responsable de Deliveroo à Anvers, jusqu'à ce qu'il constate que l'entreprise s'intéressait peu à la sauvegarde de la planète. Et aujourd'hui? "Je mène diverses activités." "Enormément", confirme sa compagne, l'actrice et dramaturge Sofie Joan Wouters.
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"Health, sustainablility and convenience". Ces trois mots constituent les piliers de la société Winning Foods de Frederik Van Dessel (31 ans), à l'appui de laquelle il entend contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Un sens de l'entreprise qu'il a depuis son plus jeune âge. En plus d'organiser le bal de l'école, il proposait ses services comme DJ de salon. Après ses études, il a créé une start-up ayant pour objectif de rendre les opérations de la Sabam plus transparentes. Par la suite, il est devenu diversement responsable de Deliveroo à Anvers, jusqu'à ce qu'il constate que l'entreprise s'intéressait peu à la sauvegarde de la planète. Et aujourd'hui? "Je mène diverses activités." "Enormément", confirme sa compagne, l'actrice et dramaturge Sofie Joan Wouters. Travaillez-vous de chez vous? "La plupart du temps. Une fois par semaine, je me rends à La Haye, où se trouvent nos bureaux, car nous avons un associé haguenois, et le marché néerlandais est important. J'aime faire la navette - cela a un effet reposant. Auparavant, je travaillais à Bruxelles et à Gand et j'appréciais beaucoup ces allers-retours quotidiens en train. Cela crée une sorte de zone de transition qui permet de se connecter au travail. Ou de s'en déconnecter - j'observe que, lorsque je travaille chez moi, j'éprouve plus de difficultés à le faire." Comment trouvez-vous une certaine quiétude? "En premier lieu, en posant des limites. Il est important de savoir dire non à temps, face à des délais difficiles à tenir. Mais aussi dans sa vie privée. J'ai une personnalité extravertie et je puise mon énergie dans les interactions avec autrui. Mais il m'arrive de trop charger mon agenda. Je suis un maniaque de la planification - durant les vacances, il doit y avoir un planning quotidien. Et il y a donc des périodes où je ressens le besoin d'être seul, loin de mes amis et de ma compagne. Je remarque qu'il est temps de m'isoler lorsque je ressens de la tension, de l'irritabilité, de la susceptibilité. Ma compagne est le meilleur baromètre en la matière. Lorsque les discussions se font plus fréquentes, je sais que je suis trop à fleur de peau et que j'ai besoin de me mettre en mode pause. La première étape consiste à en faire part. Puis à annuler mes rendez-vous. Mon travail étant prioritaire, je réduis principalement ma vie sociale, restant le soir chez moi pour y apprécier un livre ou un film. Je rentre véritablement dans ma coquille." Moins de contacts sociaux, cela suppose-t-il aussi moins d'alcool? "J'ai arrêté d'en boire depuis six semaines. Sans alcool, on dort mieux et l'on fait des choix plus sains - le jogging du matin, par exemple. Certaines personnes ne sont pas au mieux de leur forme les lundis et mardis précisément en raison de l'alcool. Ne pas en boire permet d'avoir l'esprit plus clair. J'ai l'impression de tout mieux maîtriser. L'alcool désactive l'organe de contrôle du cerveau. Il est l'une des rares substances psychotropes à avoir des effets tant stimulants que déprimants. Il peut anesthésier comme il peut exciter. Par ailleurs, sous son influence, les émotions peuvent rapidement s'emballer. Souvent peu authentiques, elles correspondent plutôt à une amplification de petites frustrations. Dans quelle mesure est-on encore soi-même dans de tels états? Il s'agit d'une question presque philosophique. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, je me sens plus proche de moi-même." Avez-vous l'intention de ne plus jamais boire d'alcool? "Il s'agit aussi d'un produit intéressant. Pour beaucoup, il offre une détente après une longue journée de travail. Il met les gens en contact, peut déclencher certaines conversations. J'apprécie beaucoup un verre de vin pour accompagner un bon repas. Mais pour l'heure, compte tenu de ma charge de travail, je préfère ne pas boire. Je me sens plus créatif, plus vif et plus maître de moi." Quel a été l'élément déclencheur? "Ma première expérience d'une vie sans alcool, je la dois au cancer. J'ai eu un cancer des testicules, j'ai subi une opération suivie d'une chimiothérapie. Durant toute cette période, j'ai été très attentif à mon alimentation. J'ai lu des ouvrages ayant trait à la biologie participative - le bio-hacking - à l'appui de la nutrition, de Tim Ferris notamment. J'ai alors arrêté de consommer de l'alcool pour améliorer ma fertilité. Cela reste une raison importante aujourd'hui." A quel point le cancer a-t-il pesé sur votre vie? "En réalité, je ne me suis pas fait trop de soucis. Le médecin m'a même mis en garde, estimant que je prenais les choses trop à la légère. Je suis resté positif, me disant qu'il s'agissait juste de malchance, que je ne pouvais rien changer à la situation et que je n'y investirais donc pas d'énergie. Les gens parlent souvent du cancer en termes de lutte. Je pense que l'on doit précisément apprendre à accepter la maladie. A accueillir la situation. C'est la méditation qui m'a amené à cette vision. Beaucoup se tournent vers l'exercice physique, trop peu vers l'exercice mental. C'est pourtant crucial." Que vous a appris la méditation? "La conscience que les émotions sont éphémères. La méditation permet d'entraîner son esprit à observer ses pensées plutôt qu'à s'y laisser impliquer. Il est important de ne pas se laisser envahir par le stress lorsqu'on en éprouve. Grâce à la méditation, on apprend à garder ses distances par rapport à ces pensées et sensations. On adopte un rôle de spectateur. Je l'ai découverte il y a quelques années grâce à l'application Headspace. Suite à une rupture amoureuse, j'étais submergé par les émotions. Je me suis mis à boire beaucoup, ce qui n'a rien arrangé, et je ne savais plus que faire. La méditation m'a transformé. En la pratiquant quotidiennement, on apprend à gérer ses doutes et son stress. On peut y recourir dans de nombreux cas - dans le travail, dans sa vie personnelle. On devient immunisé contre l'opinion d'autrui. C'est important. Nous avons tellement tendance à agir en fonction de ce que les autres pourraient penser de nous. En se départant de cela, on apprend à mieux suivre son intuition. Une fois que l'on s'engage dans la méditation, un nouveau monde s'ouvre à soi." Comment procédez-vous précisément? "C'est très simple. Je cherche un endroit tranquille dans la maison, je m'assieds sur une chaise, je ferme les yeux et je compte ma respiration. Rien de plus. Si mes pensées se mettent à vagabonder, je me dis que ce n'est pas grave et qu'il me faut revenir à ce comptage. En suspension, comme une plume. En méditant, on prend conscience de la vitesse à laquelle les pensées peuvent se jouer vous." Vos week-ends s'inscrivent-ils sous le signe du repos? "J'essaie d'éviter de travailler le week-end. Dans mes emplois précédents, il est souvent arrivé que nous travaillions le week-end inutilement, juste pour respecter certains délais qui n'avaient en réalité aucun sens. Je n'ai rien contre le fait de travailler dur, y compris le week-end, mais seulement lorsque cela se justifie." "Ma compagne et moi aimons aller au spa. Et à la Côte. Depuis que je suis enfant, mes parents y possèdent une résidence d'été. Lorsque j'étais étudiant, cela ne me plaisait pas beaucoup mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je peux marcher des heures durant sur la plage, cela m'apaise énormément. Nous avons nos petits rituels à la Côte: le même boulanger, la sole meunière au restaurant - alors que, habituellement, nous mangeons végétarien. Un petit écart que nous nous accordons volontiers. Le monde n'est pas noir ou blanc. J'aime les nuances de gris." Vous êtes pourtant un activiste déclaré. "Je crois vraiment que notre planète court à sa perte. Si nous n'agissons pas, les conséquences seront désastreuses. Que l'on songe à la sécheresse dans le Sud, qui va générer un énorme flux de réfugiés. D'où mon désir d'apporter ma contribution. Les deux mesures les plus réalisables pour lutter contre le changement climatique sont la consommation d'aliments d'origine végétale et la réduction des déchets alimentaires. On gaspille 1,6 milliard de tonnes de nourriture par an - soit mille milliards d'euros et un dégagement de 8% de l'ensemble des gaz à effet de serre. Le gaspillage a lieu pour moitié au sein des foyers et dans les magasins, l'autre moitié s'opérant au niveau de l'industrie de production et de transformation. Si chacun adoptait un comportement socio-écologique, ne serait-ce qu'à une petite échelle, nous nous réveillerions dans un monde différent."