Pour peu qu'il soit cinéphile, l'abonné au service de vidéos à la demande par abonnement Netflix a déjà ressenti cette immense frustration devant sa tablette ou sa télévision. Mis à part les séries qui ont le pouvoir de le tenir fortement en haleine, force est de constater que l'offre de films disponibles, essentiellement américaine, rencontre rarement les désirs du spectateur européen. Très peu de longs-métrages français, quasi pas de productions belges... Même en Europe, le catalogue du leader mondial sur le marché des films en streaming est majoritairement dédié au cinéma made in Hollywood.
...

Pour peu qu'il soit cinéphile, l'abonné au service de vidéos à la demande par abonnement Netflix a déjà ressenti cette immense frustration devant sa tablette ou sa télévision. Mis à part les séries qui ont le pouvoir de le tenir fortement en haleine, force est de constater que l'offre de films disponibles, essentiellement américaine, rencontre rarement les désirs du spectateur européen. Très peu de longs-métrages français, quasi pas de productions belges... Même en Europe, le catalogue du leader mondial sur le marché des films en streaming est majoritairement dédié au cinéma made in Hollywood. Voilà pourquoi les Belges d'UniversCiné ont décidé de ruer dans les brancards et de partir à l'assaut d'un créneau inexploité. Inconnue du grand public, cette société est pourtant active sur le Web depuis 2009 déjà avec un catalogue de films principalement " centré sur les productions européennes et plutôt orienté cinéma d'auteur ". Concrètement, UniversCiné propose, sur son site internet, l'achat ou la location de films à l'unité que l'on peut regarder sur différents supports connectés (PC, ordinateur portable, tablette ou smartphone). Mais au début de l'année prochaine, ce défenseur d'un cinéma de qualité proposera, à l'instar de Netflix, un service de streaming payant avec, dans un premier temps, plus de 1.000 films puisés dans un catalogue qui en compte près de 5.000 au total. Baptisé Uncut, ce nouveau service de streaming sera accessible pour 7,99 euros par mois sur quatre supports simultanément, soit le prix du forfait de base chez Netflix pour un seul écran (le tarif passe à 13,99 euros par mois chez le géant américain pour quatre supports répertoriés). " Nous n'avons pas la prétention de concurrencer Netflix, tempère d'emblée Maxime Lacour, CEO d'UniversCiné. Nous nous inscrivons plutôt dans la complémentarité avec une véritable cinémathèque en ligne où l'offre se veut plus exigeante et plus européenne, sans pour autant exclure le cinéma indépendant d'autres continents et le côté grand public puisque, à côté de Fellini et de Kurosawa, le spectateur trouvera aussi, par exemple, des films connus de Martin Scorsese. " Si le challenge s'avère immense, Maxime Lacour se veut toutefois confiant, pointant trois arguments qui plaident en faveur d'une nouvelle offre de streaming dans le paysage médiatique belge. " D'abord, l'offre de Netflix en Belgique compte moins de 10 % de films européens, poursuit-il. Ensuite, on note qu'aux Etats-Unis, 47 % des clients ont souscrit un deuxième abonnement à un service de streaming concurrent. Enfin, là où Netflix cible surtout les 15-30 ans, nous partons davantage vers un public plus adulte avec un coeur de cible de 30 à 60 ans. " Chargé de contrôler ceux qu'on appelle les pure players sur le marché belge, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) voit plutôt d'un bon oeil l'arrivée de ce nouvel acteur dans le paysage du streaming en Belgique : " Pour le moment, les géants américains tiennent le marché, constate Noël Theben, responsable de l'unité Télévisions du CSA. Netflix prend beaucoup de place, mais pas toute la place. L'intelligence commerciale d'un acteur comme UniversCiné se trouve dans la finesse du positionnement. Ce n'est donc pas de l'optimisme béat de vouloir concurrencer ces géants." Optimistes mais prudents, les Belges d'UniversCiné visent 50.000 abonnés à l'horizon 2020.