Dès le 1er mars, les clients Proximus pourront s'abonner à Be TV. C'est la fin d'un monopole entretenu par les câblo-opérateurs (Voo et Telenet) sur la diffusion de la chaîne payante. Be TV comme Voo appartiennent au groupe Publifin-Nethys. Jusqu'à présent, la chaîne à péage était utilisée par le groupe dirigé par Stéphane Moreau comme un produit d'appel. Le but de ces chaînes thématiques " haut de gamme " était de séduire les clients à une offre proposée par Voo incluant la TV - si possible une offre packagée triple play voir...

Dès le 1er mars, les clients Proximus pourront s'abonner à Be TV. C'est la fin d'un monopole entretenu par les câblo-opérateurs (Voo et Telenet) sur la diffusion de la chaîne payante. Be TV comme Voo appartiennent au groupe Publifin-Nethys. Jusqu'à présent, la chaîne à péage était utilisée par le groupe dirigé par Stéphane Moreau comme un produit d'appel. Le but de ces chaînes thématiques " haut de gamme " était de séduire les clients à une offre proposée par Voo incluant la TV - si possible une offre packagée triple play voire quadruple play (TV, Internet, téléphonie fixe et mobile). L'abandon de l'exclusivité sur Be TV est une remise en cause fondamentale de la stratégie adoptée ces dernières années par Nethys concernant les contenus. S'inspirant du modèle développé par l'homme d'affaires français Patrick Drahi, patron d'Altice (SFR - Numericable - BFM TV - Libération - L'Express, etc.), le groupe liégeois a entrepris de rapprocher le contenant (le réseau de câblo-distribution) des contenus (TV et presse). Cette stratégie est un échec patent. Les synergies dégagées entre le groupe L'Avenir et Voo sont quasi inexistantes - la seule maigre concrétisation est une application " L'Avenir " sur les téléviseurs connectés. Un consensus politique semble se dessiner pour la revente des titres de presse du sud de la France (La Provence et Nice-Matin). Et Be TV sera désormais distribué par la concurrence, ce qui annule de facto la principale synergie du groupe. En contrepartie, Be TV s'ouvre les portes d'un nouveau marché potentiel : celui des 1,54 million de clients Proximus TV. Cette décision s'inscrit dans un contexte difficile pour les chaînes payantes. En 2016 (derniers chiffres publiés à la Banque nationale), Be TV déclarait un chiffre d'affaires " abonnés " en baisse de 12,03 % sur un an. Cette tendance décroissante concerne la plupart des chaînes à péage. En France, Canal Plus, qui fournit des contenus à Be TV, a perdu un demi-million d'abonnés en un an ; le taux de désabonnement y atteint 16,7 % ! Ces mauvais résultats coïncident avec la montée en puissance d'acteurs internationaux du streaming comme Netflix ou Amazon Prime Video. Be TV propose des contenus premium dès leur sortie - notamment des séries HBO comme Game of Thrones - pour 25 euros par mois. De leur côté, les plateformes de streaming se démarquent par la convivialité de leur interface et leurs tarifs accessibles (une dizaine d'euros par mois). Leurs catalogues sont certes moins riches, mais ils conviennent à une cible de consommateurs " moyens " attirés par les séries - de plus en plus nombreuses - produites par les nouveaux géants du divertissement.